Le bo bun se rate rarement sur le goût. Il se rate sur le moment.
Tout son intérêt tient à un choc : on prend dans la même bouchée du bœuf sortant de la poêle, des vermicelles à température ambiante, des herbes crues et fraîches, et un nem chaud et craquant. Monté dix minutes trop tôt, tout s'équilibre à la même température tiède, les herbes fanent sous la viande, et il ne reste qu'un bol de nouilles corrects.
La conséquence pratique est nette : tout se prépare à l'avance, rien ne se monte à l'avance. Les bols s'assemblent pendant que le bœuf est encore dans la poêle.
Deuxième point, souvent mal compris : les vermicelles ne sortent pas du réfrigérateur. Froids, leur amidon durcit et ils deviennent cassants et collants à la fois.







