Personne n'écrit de recette de carottes râpées, et c'est pour ça qu'on en mange tant de mauvaises : molles, pâles, nageant dans un fond de vinaigrette.
Tout se joue sur la taille de la râpure. Une carotte est à 88 % d'eau, retenue dans ses cellules. Plus on la râpe fin, plus on déchire de cellules par gramme, et plus elle rend d'eau : une râpure fine s'affaisse en dix minutes. Sur les gros trous, les filaments restent épais et intacts, ils gardent leur eau et leur croquant, et la vinaigrette les enrobe au lieu d'être diluée.
Reste le timing. Assaisonnées trente minutes avant, les carottes s'imprègnent et s'attendrissent juste ce qu'il faut. Au-delà de deux heures, le sel a tiré trop d'eau et il y a une flaque au fond du saladier.







