Le jambon à l'os est le plat de fête le plus facile qui existe, et le plus souvent gâché. Il arrive de chez le charcutier déjà cuit, saumuré, parfois fumé, prêt à être mangé froid tel quel. On ne le cuit pas : on le réchauffe.
La différence n'est pas un détail de vocabulaire. Un jambon poussé jusqu'à 75 ou 80 °C à cœur, comme on le ferait d'un rôti cru, voit ses fibres musculaires se contracter et expulser leur eau. Cette eau est perdue, et elle emportait le sel, la saveur et tout le moelleux. Le jambon devient alors fibreux et salé, et rien ne le rattrape.
La bonne cible est 60 °C au cœur, mesurée à la sonde, à l'écart de l'os. À cette température le jambon est chaud à cœur, il se tranche net, il reste rosé et souple. Pour l'atteindre sans dessécher la surface, on chauffe doucement, à 140 °C, et l'on compte environ 15 minutes par kilo.
Le glaçage arrive tout à la fin, quand le cœur est à température : huit minutes à 220 °C, le temps que le sucre caramélise et forme cette laque brillante. Mis dès le départ, il aurait noirci bien avant.







