Bisque de homard

Soupe

Bisque de homard : la recette maison facile et onctueuse

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 1 h 10
  • Repos : Aucun
  • Moyen
  • 6 personnes
  • Moyen
  • Hiver
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Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • UN MOULIN À LÉGUMES ET UN CHINOIS (L'OUTIL DU PLAT : broyer, puis presser au pilon jusqu'à la dernière goutte)
  • un rouleau à pâtisserie (concasser les carapaces)
  • une grande cocotte (saisir, flamber, mijoter)
  • une écumoire (écumer au frémissement)
  • un pilon ou une louche (presser le chinois)
  • des assiettes creuses chaudes (la bisque brûlante)

L'astuce du chef

Née au XVIIe siècle, liée au riz depuis le XVIIIe. Des écrevisses d'abord, du homard ensuite.

Le goût de crustacé est dans la coque, pas dans la chair. Une bisque se fait avec ce que l'on jette.

Les carapaces concassées. Plus la surface est grande, plus elles donnent.

Saisies jusqu'au rouge sombre, presque grillées. Bouillies pâles, elles font une soupe fade.

Flambées au cognac. L'alcool part, le parfum reste.

Le concentré cuit une minute. Il perd son acidité et fonce.

Quarante minutes à frémissement, à découvert. Le liquide se colore en brique et prend le goût.

Le riz comme liaison. Sans farine, sans goût : le velouté du XVIIIe siècle.

Le moulin à légumes avec les carapaces. Elles se broient en partie et rendent leurs sucs.

Le chinois pressé au pilon, longuement. Jusqu'à la pâte sèche : c'est là qu'est le goût.

Réduite au nappé avant la crème. La crème allonge, elle ne lie pas.

Le beurre froid hors du feu. Il lie et lustre ; la chair de homard ne fait que garnir.

Préparation pas à pas

  1. Carapaces concassées en morceaux de 3 cm 10 min

    Une grande surface d'échange.

  2. Saisies 8 min dans l'huile très chaude jusqu'au rouge sombre ; cognac flambé 10 min

    Le grillé fait le goût.

  3. Beurre, oignon, carotte, céleri, échalotes, ail 5 min ; concentré 1 min ; tomates 7 min

    La base.

  4. Vin blanc réduit de moitié ; fumet, bouquet garni, estragon, cayenne, sel 5 min

    Écumé.

  5. 40 min à frémissement à découvert ; riz à 20 min de la fin 40 min

    Orange brique ; le riz se défait et lie.

  6. Passée au moulin à légumes avec les carapaces, puis pressée au chinois au pilon 15 min

    Jusqu'à la pâte sèche.

  7. Remise à frémissement, réduite au nappé ; crème 2 min ; sel, cayenne, cognac 8 min

    Elle nappe la cuillère.

  8. Hors du feu, beurre fouetté ; chair de homard 1 min ; assiettes chaudes, crème, cerfeuil, croûtons 3 min

    Orange corail, veloutée.

Le conseil du caviste

Une soupe orange corail, grillée, crémée, profonde de homard.

Le Moulin Caresse Le Sémillon à 10 °C, doré, rond.

Le Domaine de Mayat Chardonnay à 11 °C, de chair.

Le Tour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux à 8 °C, pour l'entrée d'un réveillon.

On accorde une soupe à sa couleur : une bisque orange corail appelle un blanc doré et mûr, jamais un blanc pâle et vert. La couleur d'un plat dit sa cuisson et son goût, et la bisque en est l'exemple parfait : son orange vient des carapaces grillées, de la tomate cuite, du cognac, de la crème, autant de notes rôties, douces, rondes, sans rien de vert ni de vif. Un blanc pâle, un sauvignon jeune couleur d'eau, aux arômes d'herbe et de citron, y fait une dissonance : il est vert sur un plat orange, il tranche là où il faudrait envelopper. Un blanc doré, un sémillon mûr, un chardonnay de chair, aux notes de fruit jaune, de beurre, de miel léger, a la couleur de la bisque et son registre : il la prolonge. La règle est simple et rarement fausse : on regarde l'assiette, et l'on cherche dans le verre la même teinte, pâle sur pâle, doré sur orange, sombre sur brun.

À éviter : un blanc pâle et vif, vert sur l'orange, et un rouge, quel qu'il soit, sur le crustacé.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Tour du Roy Brut Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux 9,50 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

La bisque est fade

Carapaces pas grillées, ou pas pressées. Rouge sombre à la saisie, quarante minutes de mijotage, et le chinois pressé jusqu'à la pâte sèche.

Elle est pâle et rose

Concentré pas cuit, carapaces bouillies. Le concentré une minute dans le gras, les carapaces saisies fort, les tomates concassées.

Elle est trop liquide

Pas assez réduite, pas de riz. Le riz vingt minutes, et réduite au nappé avant la crème.

Elle est granuleuse

Chinois pas assez fin, ou éclats de carapace. Passée au chinois fin, deux fois si besoin.

Elle est amère

Carapaces brûlées, ou poche à gravier oubliée. Rouge sombre, pas noir ; la poche retirée de la tête.

La chair de homard est dure

Cuite dans la soupe. Une minute pour réchauffer, au moment de servir.

Conservation & préparation anticipée

La bisque se garde 3 jours au réfrigérateur et est meilleure le lendemain ; réchauffée doucement sans bouillir, le beurre et la chair ajoutés au moment.

Elle se congèle 3 mois, avant la crème et le beurre, en portions ; décongelée, réchauffée, crémée et beurrée.

Les carapaces crues ou cuites se congèlent 3 mois en sac : on les accumule pour une bisque.

La chair de homard se garde 1 jour ; elle se met au moment.

Les croûtons se font au moment, ou se gardent 1 jour en boîte.

Variantes

D'écrevisses

Notre bisque d'écrevisses, l'original du XVIIIe siècle, avec les écrevisses entières pilées.

Le homard en plat

Notre homard à l'armoricaine, dont les carapaces de la veille font cette bisque.

De langoustines ou de crevettes

Les têtes et carapaces de 1 kg de langoustines ou de crevettes, la même méthode : la bisque des jours ordinaires, à peine moins profonde.

La soupe de poisson

Notre soupe de poisson à la rouille, la cousine du Sud, avec des poissons de roche à la place des carapaces.

Questions fréquentes

Faut-il un homard entier ?

Non : les carapaces suffisent, celles d'un homard mangé la veille ou achetées chez le poissonnier pour presque rien. La chair ne sert qu'à garnir. Pour une bisque de fête, un homard vivant poché donne les deux.

Pourquoi griller les carapaces ?

Le goût de crustacé est dans la coque, et il se libère par la chaleur vive : les carapaces saisies jusqu'au rouge sombre donnent une bisque profonde et rôtie, les carapaces bouillies une soupe pâle et fade. C'est l'étape qui fait la différence.

Pourquoi du riz ?

C'est la liaison historique de la bisque : le riz cuit et défait dans la soupe épaissit sans farine, sans goût, sans alourdir. Une cuillère de fécule en dépannage, mais le riz est meilleur.

Moulin à légumes ou mixeur ?

Le moulin broie les carapaces et en tire les sucs sans les réduire en poudre ; le mixeur fait une pâte qui passe mal. Moulin puis chinois pressé, c'est la méthode ; mixeur par à-coups puis chinois, le dépannage.

Peut-on la préparer à l'avance ?

Oui, elle est meilleure le lendemain : faite jusqu'au passage au chinois, gardée au réfrigérateur, réchauffée, crémée et beurrée au moment. Elle se congèle aussi, sans la crème.

Quel vin servir avec ?

Un blanc doré et mûr à 10 °C, un sémillon ou un chardonnay de chair : on accorde la bisque à sa couleur orange, jamais à un blanc pâle et vert. Un crémant brut pour ouvrir un réveillon.

La bisque est née au XVIIe siècle comme un potage de pigeons et d'écrevisses, puis est devenue au XVIIIe la soupe de crustacés liée au riz que l'on connaît, celle des écrevisses d'abord, du homard ensuite. Son principe est celui de toute la cuisine des carapaces : le goût de crustacé est dans la coque, pas dans la chair, et il s'en extrait par le feu vif, l'alcool et le mijotage long. Une bisque se fait donc avec des carapaces, et la chair, précieuse, ne sert qu'à garnir.

Les carapaces : celles de 2 homards de 600 g, têtes, pinces vidées, queues, gardées d'un homard poché ou d'un homard à l'armoricaine de la veille, ou 1 kg de têtes et carapaces achetées chez le poissonnier, qui les vend pour rien ; ou, pour une bisque de fête, 1 homard vivant de 600 g dont la chair sera la garniture. Les carapaces concassées grossièrement au rouleau ou au fond d'une casserole, en morceaux de 3 cm, poche à gravier retirée, pour que la surface d'échange soit grande. Dans une grande cocotte, 4 cuillères d'huile très chaude, les carapaces saisies à feu vif huit minutes, remuées, jusqu'à ce qu'elles soient rouge sombre, presque grillées par endroits, et que la cuisine sente le crustacé rôti ; ou, plus simple et plus régulier, quinze minutes au four à 220 °C sur une plaque. C'est ce grillé qui fait la bisque : des carapaces bouillies pâles donnent une soupe fade. 6 cl de cognac versés, flambés.

La base : 40 g de beurre, 1 oignon, 1 carotte, 1 branche de céleri et 2 échalotes en petits dés, 2 gousses d'ail, cinq minutes avec les carapaces ; 2 cuillères de concentré de tomate, une minute en remuant pour qu'il cuise et perde son acidité ; 3 tomates concassées ; 25 cl de vin blanc sec, réduit de moitié ; 1,2 litre de fumet de poisson ou d'eau, un bouquet garni avec une branche d'estragon, une pointe de cayenne, du sel. À frémissement, écumé, quarante minutes à découvert, la cocotte remuée deux fois : le liquide se colore en orange brique et prend le goût. À vingt minutes de la fin, 50 g de riz rond versés dedans, qui cuisent et se défont : c'est la liaison classique, sans farine, qui donne le velouté sans alourdir ni goûter la farine.

L'extraction, l'étape que la plupart des recettes bâclent : la soupe et ses carapaces passées au moulin à légumes, grille moyenne, par petites quantités, en tournant fort : les carapaces se broient en partie et donnent leur chair résiduelle et leurs sucs ; puis ce qui est passé, versé dans un chinois fin au-dessus d'une casserole et pressé au pilon ou au dos d'une louche, longuement, jusqu'à ce qu'il ne reste dans le chinois qu'une pâte sèche de carapace. Chaque goutte compte : c'est là qu'est le goût. À défaut de moulin, un mixeur plongeant par à-coups sur les carapaces les plus tendres, puis le chinois pressé. La finition : la bisque passée remise à frémissement, réduite si elle est trop fluide, elle doit napper la cuillère ; 15 cl de crème fleurette, deux minutes ; goûtée, le sel, la cayenne, un trait de cognac ; hors du feu, 30 g de beurre froid fouetté, qui lie et lustre. Servie brûlante dans des assiettes creuses chaudes, avec la chair de homard en dés réchauffée une minute dans la soupe, une cuillère de crème fouettée ou un filet de crème, du cerfeuil ou de l'estragon ciselé, et des croûtons frits au beurre. Orange corail, veloutée, avec ce goût de homard grillé qui remplit la bouche : la bisque du réveillon, faite de ce que l'on jette.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Tour du Roy Brut Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux 9,50 €

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