Grand bocal à joint de cerises à l'eau-de-vie avec leurs queues, plongées dans une eau-de-vie claire à peine rosée, bâton de cannelle, petit bocal entamé et coupe de cerises à la cuillère, cerises fraîches, plan de travail en chêne

Dessert

Cerises à l'eau-de-vie : la recette maison en bocal

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 0 min
  • Repos : 6 mois
  • Moyen
  • 1 bocal de 1,5 l
  • Facile
  • Été
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Ingrédients

1 bocal de 1,5 l

Ustensiles

  • UN BOCAL DE 1,5 LITRE À JOINT NEUF (L'OUTIL DU PLAT : ébouillanté et parfaitement sec, l'eau est l'ennemie de l'alcool ; ou deux bocaux de 75 cl)
  • des ciseaux (les queues coupées à moitié, 1 cm gardé)
  • une aiguille ou un cure-dent (chaque cerise piquée deux fois jusqu'au noyau)
  • un torchon propre (les cerises séchées complètement)
  • un entonnoir (l'eau-de-vie versée sans éclabousser le bord)
  • un placard sombre et frais (six mois d'oubli)

L'astuce du chef

Fermes et intactes. La cerise à l'eau-de-vie doit claquer sous la dent six mois plus tard ; une cerise molle devient une peau flasque autour de son noyau, une cerise fendue se vide dans l'alcool et le trouble. On trie sans pitié, et on mange les autres.

Griottes ou bigarreaux fermes. La griotte, acide, est la cerise historique de l'eau-de-vie, celle du kirsch d'Alsace et de Fougerolles : son acidité tient tête à l'alcool et au sucre. Le bigarreau ferme, burlat, napoléon, plus doux et plus charnu, fait des cerises plus rondes et plus pleines. Les deux sont bons ; la griotte est plus fine, le bigarreau plus facile à trouver.

La queue à moitié. Coupée aux ciseaux à un centimètre : le bout de queue bouche le fruit, l'empêche de se vider et de laisser passer trop d'alcool d'un coup, et il sert à prendre la cerise dans le verre. Arrachée, la cerise s'ouvre au point d'attache ; entière, elle prend trop de place et donne un goût vert.

Séchées complètement. L'eau est l'ennemie : elle dilue l'alcool, et un alcool dilué sous 35 degrés laisse fermenter et moisir. Les cerises lavées vite, roulées dans un torchon, séchées une à une si besoin ; le bocal ébouillanté est séché au four ou à l'air, jamais essuyé humide.

Piquées. Deux coups d'aiguille jusqu'au noyau : l'alcool et le sucre entrent dans le fruit par ces deux portes au lieu de le faire éclater par pression, et la cerise reste ronde et pleine. Non piquée, elle se ride ; fendue au couteau, elle se vide.

Sans tasser. Les cerises posées par couches, jamais pressées : écrasées, elles éclatent et l'alcool se trouble. Le bocal doit rester à trois centimètres du bord, pour que l'eau-de-vie couvre largement.

Le sucre en couches, pas en sirop. Deux cent cinquante grammes de sucre cristal répartis entre les couches de fruits, qui fond lentement dans l'alcool pendant la première semaine, en retournant le bocal chaque jour : c'est ce sucre qui tire le jus des cerises par osmose et fait la liqueur rosée. Un sirop préparé à l'eau diluerait l'alcool.

Quarante degrés, pas moins. Les cerises rendent environ un cinquième de leur poids en eau et en jus ; une eau-de-vie à 40 degrés descend ainsi vers 32, ce qui reste conservateur. Une eau-de-vie à 35 descendrait sous 30 et le bocal fermenterait. Le kirsch à 45 est le plus sûr et le plus parfumé ; l'eau-de-vie pour fruits à 40, neutre, laisse la cerise parler.

Une eau-de-vie blanche, jamais un alcool brun. Le kirsch, la mirabelle, la poire, la prune, blancs et fruités, portent la cerise ; le rhum ambré, le whisky, le cognac la couvrent de bois et de caramel et font un autre dessert. L'armagnac est la seule exception admise, dans le Sud-Ouest, et c'est un choix.

Retourné, puis oublié. Une fois par jour la première semaine, le bocal retourné doucement pour dissoudre le sucre ; puis dans un placard sombre et frais, 15 à 18 degrés, sans y toucher. La lumière décolore les cerises, la chaleur les ramollit.

Six mois. À trois mois, la cerise est alcoolisée mais encore crue, et la liqueur est mince ; à six, l'échange est fait, la cerise a le goût de l'alcool et l'alcool le goût de la cerise, la liqueur est rosée et ronde. Le bocal de juin s'ouvre à Noël, et il est meilleur au Noël suivant.

Le dessert alcoolisé se boit en tasse. Trois cerises à l'eau-de-vie et leur cuillère de liqueur, c'est un digestif autant qu'un dessert : l'alcool est déjà dans l'assiette, à 30 degrés, et un vin par-dessus, même doux, est de trop, il paraît maigre et acide après le kirsch et alourdit la fin du repas. Le verre est dans le bocal ; ce qui accompagne les cerises, c'est le café, ou un thé, torréfié, fumé ou vert, qui rince la bouche entre deux cerises et laisse à l'alcool le dernier mot. On ne boit pas de vin sur un fruit à l'eau-de-vie.

Préparation pas à pas

  1. Cerises triées, fermes et intactes ; queues coupées aux ciseaux à moitié 10 min

    1 cm de queue gardé.

  2. Lavées rapidement, séchées complètement dans un torchon 5 min

    Pas une goutte d'eau.

  3. Chaque cerise piquée deux fois jusqu'au noyau à l'aiguille 10 min

    L'alcool entre, le fruit n'éclate pas.

  4. Bocal ébouillanté et séché ; cerises par couches sans tasser, sucre, vanille, cannelle, girofle, noyaux cassés entre les couches 5 min

    Jusqu'à 3 cm du bord.

  5. Eau-de-vie à 40 ou 45 degrés versée à 2 cm au-dessus des cerises 2 min

    Jamais moins de 40 degrés.

  6. Bocal fermé ; retourné doucement une fois par jour la première semaine 7 jours

    Le sucre se dissout.

  7. Placard sombre et frais, 3 mois au minimum, 6 mois pour Noël 6 mois

    Le fruit et l'alcool s'échangent.

  8. Trois cerises et une cuillère de liqueur dans une tasse, avec le café ; ou sur une glace

    Se bonifie deux ans.

Le conseil du caviste

Des cerises à l'eau-de-vie maison, griottes ou bigarreaux piqués, sucre, vanille et cannelle, couverts de kirsch et oubliés six mois, servies avec le café ou sur une glace.

Kagoshima, thé vert kuki hojicha japonais infusé à 85 °C, le thé vert torréfié au goût de caramel, à la place du café, avec trois cerises et leur liqueur.

Sakhejung, thé vert népalais infusé à 80 °C, le thé vert frais de montagne, sur les cerises servies sur un fromage blanc ou une glace vanille.

Satemwa, thé noir fumé malawite infusé à 90 °C, le thé noir fumé, sur la forêt-noire aux cerises à l'eau-de-vie et sur les cerises à l'armagnac.

Le dessert alcoolisé se boit en tasse : trois cerises à l'eau-de-vie et leur cuillère de liqueur rosée sont un dessert et un digestif à la fois, l'alcool est déjà dans la coupe, à trente degrés, parfumé de fruit, et il occupe toute la place ; un vin servi par-dessus, même un moelleux, même un crémant, paraît aussitôt maigre, aigre et froid après le kirsch, et il alourdit une fin de repas que les cerises devaient conclure, alors que ce qui accompagne réellement une cerise à l'eau-de-vie, depuis toujours, c'est le café, ou un thé, chaud, sans sucre, qui rince la bouche entre deux fruits et laisse à l'alcool le dernier mot. C'est la règle de tous les fruits à l'alcool, les pruneaux à l'armagnac, les mirabelles à l'eau-de-vie, le rhum arrangé : le verre est dans le bocal, on n'en ouvre pas un second. Le Kagoshima, un hojicha japonais torréfié, aux notes de caramel et de noisette, sans amertume, infusé à 85 °C, est la tasse de ces cerises servies après le dîner, à la place du café ou avec lui, sa torréfaction répond à la vanille et à la cannelle du bocal ; le Sakhejung, un thé vert népalais frais et léger, sur les cerises posées sur un fromage blanc ou une glace vanille, où il faut de la fraîcheur ; et le Satemwa, un thé noir fumé, sur la forêt-noire montée avec les cerises du bocal et sur les cerises à l'armagnac, plus rondes, où la fumée tient le chocolat et l'alcool brun. La règle des cerises à l'eau-de-vie : elles sont le digestif, on ne boit rien dessus, on boit chaud à côté.

À éviter : tout vin, doux ou sec, que le kirsch rend maigre et acide, et un second alcool, qui n'a plus de sens.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

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Dépannage

Les cerises sont ridées et molles

Pas piquées, ou cerises trop mûres. Deux coups d'aiguille jusqu'au noyau, et des cerises fermes ; une cerise ridée reste bonne, elle est moins belle.

Le bocal a fermenté, ça pétille, ça sent le vinaigre

Alcool trop faible ou cerises mouillées. Une eau-de-vie à 40 degrés au moins, des cerises et un bocal parfaitement secs ; un bocal qui a fermenté se jette.

L'alcool est trouble

Cerises fendues ou tassées. Triées intactes, posées sans tasser ; un léger trouble se dépose en quelques semaines, on ne remue pas.

Les cerises ont perdu leur couleur

Bocal exposé à la lumière. Un placard sombre ; la couleur passe dans la liqueur, qui rosit, c'est le principe, mais le soleil décolore tout.

Le sucre reste au fond

Bocal pas retourné. Retourné doucement une fois par jour la première semaine, sans secouer ; le sucre finit toujours par fondre.

Elles sont trop fortes en alcool

Ouvertes trop tôt, ou pas de sucre. Six mois au minimum, le sucre et le jus adoucissent ; et servies avec un café ou un thé, pas avec un verre.

Conservation & préparation anticipée

Les cerises à l'eau-de-vie se gardent 2 ans dans leur bocal fermé, dans un placard frais et sombre ; elles sont prêtes à 3 mois, bonnes à 6, meilleures à 12, et tiennent encore à 24, un peu plus molles.

Un bocal ouvert se garde des mois au réfrigérateur ou dans un placard frais, les cerises toujours couvertes d'alcool ; une cuillère propre, jamais les doigts.

La liqueur seule, filtrée quand les cerises sont finies, se garde indéfiniment en bouteille bouchée ; c'est un guignolet maison.

Le bocal perpétuel : sur le fond de cerises et de liqueur de l'an passé, on ajoute chaque juin des cerises fraîches piquées, du sucre et de l'eau-de-vie à hauteur, et le bocal se garde d'année en année.

Les cerises fraîches ne se gardent pas : du marché au bocal dans la journée.

Variantes

La forêt-noire

Notre forêt-noire, le gâteau qui se fait avec ces cerises et leur kirsch.

Les cerises Jubilé

Nos cerises Jubilé, les cerises flambées d'Escoffier, l'autre dessert de cerises à l'alcool.

La confiture de cerises

Notre confiture de cerises, l'autre façon de garder les cerises de juin.

Les mirabelles à l'eau-de-vie

1 kg de mirabelles de Lorraine mûres et fermes, non dénoyautées, lavées et séchées, piquées deux fois, avec 300 g de sucre, une gousse de vanille et 1 litre d'eau-de-vie de mirabelle à 45 degrés, montées de la même façon, retournées une semaine, oubliées six mois : le bocal lorrain d'août, plus doux et plus parfumé que les cerises, dont la liqueur dorée est un digestif à elle seule, et qui se sert de même, trois fruits et une cuillère de liqueur dans une tasse, avec un thé torréfié et jamais un vin.

Questions fréquentes

Quelle eau-de-vie pour les cerises ?

Une eau-de-vie de fruit blanche à 40 ou 45 degrés : le kirsch, eau-de-vie de cerise, est le classique et le plus sûr ; l'eau-de-vie de mirabelle, de poire ou de prune font aussi bien ; l'eau-de-vie pour fruits, neutre, à 40 degrés, vendue pour cet usage, laisse la cerise parler. Jamais moins de 40 degrés, parce que les cerises diluent l'alcool ; et pas de rhum ambré ni de whisky, qui couvrent le fruit.

Faut-il dénoyauter les cerises ?

Non, surtout pas : le noyau donne au fruit sa tenue et à la liqueur son parfum d'amande, et une cerise dénoyautée se vide dans l'alcool en quelques semaines. On garde le noyau, on garde un centimètre de queue, et on pique le fruit deux fois à l'aiguille pour que l'alcool entre. Les noyaux cassés ajoutés au bocal renforcent le goût d'amande.

Combien de temps attendre ?

Trois mois au minimum, six mois pour que l'échange soit complet : la cerise a pris l'alcool et le sucre, l'alcool a pris le jus et la couleur, la liqueur est rosée et ronde. Le bocal de juin s'ouvre à Noël ; il est meilleur au Noël suivant, et tient deux ans. Ouvert trop tôt, le fruit est cru et l'alcool brûle.

Pourquoi le bocal fermente-t-il parfois ?

Parce que l'alcool est descendu sous 30 degrés : une eau-de-vie trop faible, des cerises mal séchées, un bocal humide, ou trop de fruits pour trop peu d'alcool. Les cerises rendent un cinquième de leur poids en jus ; avec une eau-de-vie à 40 degrés, des fruits secs et l'alcool à 2 cm au-dessus, le bocal reste à plus de 30 degrés et ne fermente jamais. Un bocal qui pétille ou sent le vinaigre se jette.

Comment servir les cerises à l'eau-de-vie ?

Trois ou quatre cerises et une cuillère de leur liqueur dans une tasse à café ou un petit verre, prises par la queue, avec le café, en digestif ; sur une boule de glace vanille ; dans une forêt-noire ; sur un fromage blanc ; six cerises et une cuillère de liqueur dans le jus d'un canard ou d'un gibier. La liqueur seule, filtrée, se sert en petit verre.

Quel vin servir avec ?

Aucun : les cerises à l'eau-de-vie sont le digestif, l'alcool est déjà dans la coupe, et un vin par-dessus, même doux, paraît maigre et acide après le kirsch. On boit chaud à côté, un café ou un thé torréfié à 85 °C, qui rince la bouche entre deux cerises ; un thé fumé sur la forêt-noire. Le verre est dans le bocal.

Les fruits à l'eau-de-vie sont la conserve des pays de vergers et de bouilleurs de cru, l'Alsace, la Lorraine, le Val de Loire, la Bourgogne, où l'on avait à la fois les fruits et l'alcool blanc pour les garder ; les cerises à l'eau-de-vie, les griottes au kirsch d'Alsace, les guignes de Montmorency, les cerises de Fougerolles, sont les plus anciennes et les plus simples, et le bocal se transmet de juin à Noël, puis d'année en année, parce qu'on rajoute des cerises et de l'alcool dans le bocal de l'an dernier. On les mange à la petite cuillère avec le café, sur une glace, dans une forêt-noire, ou on en sert la liqueur.

Les cerises : 1 kg de cerises bien fermes, mûres mais pas molles, sans taches ni fentes, cueillies ou achetées du jour ; des griottes, acides, la version la plus fine, ou des bigarreaux fermes, burlat ou napoléon, plus doux et plus charnus ; les queues coupées aux ciseaux à moitié, 1 cm gardé ; lavées rapidement, séchées dans un torchon, complètement ; chaque cerise piquée d'un coup d'aiguille ou de cure-dent jusqu'au noyau, deux fois, pour que l'alcool entre sans que le fruit éclate. Le bocal : un bocal de 1,5 litre à joint neuf, ou deux de 75 cl, ébouillantés et parfaitement secs, l'eau étant l'ennemie de l'alcool.

Le montage : les cerises dans le bocal, par couches, sans tasser, avec entre les couches 250 g de sucre cristal, 1 gousse de vanille fendue, 1 bâton de cannelle, 3 clous de girofle si on aime, et, pour les griottes, une dizaine de noyaux cassés ou de feuilles de cerisier, qui donnent le goût d'amande ; jusqu'à 3 cm du bord. L'eau-de-vie : 75 cl à 1 litre d'eau-de-vie de fruit blanche à 40 ou 45 degrés, kirsch, eau-de-vie de mirabelle, de poire ou de prune, ou une eau-de-vie neutre pour fruits à 40 degrés, versée jusqu'à couvrir les cerises de 2 cm ; le bocal fermé, retourné doucement une fois par jour la première semaine pour dissoudre le sucre, puis rangé dans un placard sombre, à température de cave ou de pièce fraîche.

L'attente : trois mois au minimum, six pour que l'alcool et le fruit se soient échangés, et le bocal de juin s'ouvre à Noël ; il se bonifie deux ans. Le service : trois ou quatre cerises et une cuillère de leur liqueur dans un petit verre ou une tasse à café, avec le café, en digestif ; sur une glace vanille ; dans une forêt-noire ; sur un fromage blanc ; dans une sauce pour le canard ou le gibier, une cuillère de liqueur et six cerises dans le jus ; la liqueur seule, filtrée, rosée, en petit verre. Les variantes : les griottes au kirsch pures, sans épice, la version alsacienne ; les cerises à l'armagnac, plus rondes, la version du Sud-Ouest ; les prunes et les mirabelles à l'eau-de-vie, même méthode, 300 g de sucre ; et le bocal perpétuel, où l'on rajoute chaque juin des cerises fraîches, du sucre et de l'alcool sur le fond de l'an passé.

Les cerises : de juin, fermes, du marché ou de l'arbre, griottes si on en trouve, bigarreaux fermes sinon ; jamais de cerises molles, tachées ou fendues. L'eau-de-vie : une eau-de-vie de fruit blanche à 40 ou 45 degrés, kirsch, mirabelle, poire, prune, chez un bouilleur ou un caviste ; ou une eau-de-vie pour fruits à 40 degrés, neutre ; jamais moins de 40 degrés, et pas de rhum ambré ni de whisky, qui couvrent le fruit.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

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