Les fruits au sirop sont nés avec la stérilisation d'Appert, au début du XIXᵉ siècle, et ils ont été le dessert de tous les hivers français avant les fruits d'importation : la pêche au sirop d'un bocal de septembre, mangée en janvier avec un peu de son jus, était le goût de l'été gardé. La méthode à froid, fruits crus rangés dans le bocal et couverts de sirop bouillant, est la plus simple et celle qui garde le mieux la forme et la couleur ; elle vaut pour les pêches, les abricots, les poires, les prunes, les cerises, les figues, avec des temps qui varient à peine.
Les fruits : 3 kg de pêches jaunes ou blanches, d'abricots ou de poires williams, ou un mélange en bocaux séparés ; mûrs mais fermes, parfumés, sans taches. Les pêches : incisées d'une croix, ébouillantées 30 secondes, plongées dans l'eau froide, pelées, coupées en deux le long du sillon, dénoyautées ; citronnées aussitôt. Les abricots : lavés, coupés en deux, dénoyautés, non pelés ; une amande de noyau cassé glissée dans chaque bocal, pour le parfum d'amande amère. Les poires : pelées à l'économe, coupées en deux, le cœur retiré à la cuillère parisienne, citronnées. Le sirop : 2 litres d'eau, 600 g de sucre, 30 %, sirop léger, ou 800 g pour un sirop moyen si les fruits sont acides ; 1 gousse de vanille fendue, le jus d'1 citron ; porté à ébullition, le sucre dissous, 5 minutes de frémissement.
Les bocaux : 6 bocaux de 750 g à joint neuf, ou de 1 litre, lavés et ébouillantés, les joints ébouillantés ; les fruits rangés serrés, face coupée vers le bas pour les demi-fruits, en les emboîtant, sans les écraser, jusqu'à 2 cm du bord, un morceau de gousse de vanille par bocal ; le sirop bouillant versé à la louche jusqu'à couvrir les fruits, à 1,5 cm du bord ; le bocal tapé sur un torchon plié pour chasser les bulles, le sirop complété ; le bord essuyé, le joint posé, le bocal fermé. La stérilisation : les bocaux calés dans le stérilisateur, couverts d'eau chaude de 3 cm au-dessus des couvercles, portés à ébullition ; 25 minutes pour les pêches et les abricots, 30 pour les poires, comptées à l'ébullition ; le feu coupé, les bocaux refroidis dans l'eau, sortis le lendemain, la fermeture vérifiée. Les fruits remontent un peu dans le sirop les premiers jours, puis se stabilisent.
Le service : après trois semaines, le sirop a pris le fruit et le fruit le sirop ; frais, dans une coupe, deux demi-pêches et deux cuillères de sirop, nature ; ou sur une tarte, dans un clafoutis, avec une glace vanille, en pêche Melba, dans un crumble, poêlés au beurre pour accompagner un canard ou un boudin. Le sirop restant se boit allongé d'eau gazeuse, ou sert à pocher d'autres fruits. Les variantes : les pêches au sirop et au vin blanc, moitié eau, moitié vin blanc moelleux dans le sirop, la version du Sud-Ouest ; les poires au sirop épicé, cannelle, badiane, clou de girofle, pour l'hiver ; les prunes entières, piquées à la fourchette, mirabelles et reines-claudes, 20 minutes ; et les figues entières au sirop et au citron, 25 minutes, le dessert de Noël.
Les fruits : de saison, du marché ou du verger, mûrs mais qui tiennent encore sous le doigt ; des pêches jaunes de fin d'été, des abricots bergeron, des poires williams juste mûres. Le sucre : du sucre cristal blanc ; le sirop léger à 30 % est le standard, on monte à 40 % pour des fruits très acides, on ne descend pas sous 20 %, où les fruits se délavent.







