Pot de confiture de cerises, tartine de pain de campagne, tasse de thé noir

Confiture

Confiture de cerises : la recette maison inratable

  • Préparation : 1 h
  • Cuisson : 20 min
  • Repos : 1 nuit de macération
  • Économique
  • 6 pots de 350 g
  • Facile
  • Été
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Ingrédients

6 pots de 350 g

Ustensiles

  • UNE BASSINE À CONFITURE OU UNE CASSEROLE LARGE (L'OUTIL DU PLAT : l'évaporation se fait par la surface)
  • un dénoyauteur (l'heure de patience)
  • un carré de gaze et une ficelle (le nouet de noyaux)
  • une petite assiette au congélateur (le test de la goutte, qui ne ment jamais)
  • un thermomètre à sucre (105 °C ; facultatif avec l'assiette)
  • un entonnoir à confiture et une louche (des pots propres, sans coulure)

L'astuce du chef

Le fruit qui ne prend pas. La cerise est pauvre en pectine et riche en eau.

Les noyaux en nouet. Leur pectine fait la prise, leur amande parfume.

Le citron. L'acidité fait travailler la pectine ; sans lui, rien ne gélifie.

Bigarreaux ou griottes. La douceur ou l'acidité ; les deux ensemble, l'équilibre.

Dénoyautées au-dessus d'un saladier. Le jus perdu est de la confiture perdue.

Une nuit dans le sucre. Le jus sort, les fruits se confisent et tiendront à la cuisson.

Une bassine large. L'eau s'évapore par la surface ; une casserole étroite cuit une heure.

À gros bouillons, quinze minutes. Courte et violente, la confiture reste rubis ; lente, elle brunit.

Écumée une fois. La mousse emporte les impuretés et trouble les pots.

La goutte sur l'assiette froide. Elle fige et se ride : c'est pris. Le thermomètre dit 105 °C.

Le nouet pressé. Sa pectine est dans le jus qu'il retient.

Liquide chaude, prise froide. On ne juge pas une confiture dans la bassine.

Préparation pas à pas

  1. Cerises équeutées, lavées, séchées, dénoyautées au-dessus d'un saladier 1 h

    Les mains rouges, le jus gardé.

  2. 20 noyaux rincés dans une gaze nouée 3 min

    La pectine et l'amande.

  3. Cerises, sucre, jus de citron, nouet ; une nuit sous un linge 1 nuit

    Le jus sort, les fruits se confisent.

  4. En bassine, à ébullition vive, écumée 5 min

    Une mousse rose.

  5. À gros bouillons 15 à 20 min, remuée 20 min

    Courte et violente : rubis.

  6. Goutte sur l'assiette froide : elle fige et se ride ; sinon 3 min de plus 2 min

    La cerise prend tard et d'un coup.

  7. Nouet retiré et pressé 1 min

    Sa pectine dans la bassine.

  8. En pots stérilisés chauds, bouillante, vissés, retournés 5 min 10 min

    Elle finit de prendre en refroidissant.

Le conseil du caviste

Une confiture de petit déjeuner, du sucre concentré et un fruit rouge sur une tartine beurrée.

Le Meung, thé noir forestier laotien Grands Jardins à 90 °C, tannique, boisé, le thé de la confiture.

Le Satemwa, thé noir fumé malawite Grands Jardins à 90 °C, pour ceux qui aiment la fumée sur la cerise.

Le Kagoshima, thé vert kuki hojicha Grands Jardins à 80 °C, grillé et doux, le thé du soir.

Le sucre concentré d'une confiture appelle le tanin du thé noir : le tanin coupe le sucre comme il coupe le gras, et un thé sans tanin laisse la bouche sirupeuse. Une confiture est du sucre à 60 %, et sur la tartine du matin, avec le beurre, c'est la bouchée la plus douce de la journée. Un thé vert léger, un thé blanc, une infusion, glissent sur ce sucre sans rien lui opposer, et l'on reste avec la bouche collante. Un thé noir, lui, a du tanin, cette astringence qui resserre la langue, et le tanin fait au sucre ce qu'il fait au gras d'une viande : il le tranche, il le nettoie, il redonne de la place à la cerise. Un thé noir boisé et tannique, infusé quatre minutes, sans lait ni sucre, sur une tartine de confiture de cerises, c'est le petit déjeuner le plus juste qui soit. La règle des confitures et de tous les sucrés du matin : plus c'est sucré, plus le thé doit être tannique.

À éviter : un thé vert délicat, effacé par le sucre, et un thé sucré ou au lait, sucre sur sucre.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

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Dépannage

La confiture n'a pas pris

Pas de noyaux, pas de citron, cuisson trop courte. Recuite cinq minutes à gros bouillons avec un jus de citron, et le test de l'assiette froide.

Elle est brune, confite

Cuite trop longtemps à feu doux. À gros bouillons, quinze à vingt minutes, dans une bassine large.

Les cerises sont remontées en haut du pot

Mises en pots trop tôt. Cinq minutes de repos hors du feu, remuée, avant de remplir ; ou les pots retournés cinq minutes.

Elle est trop sucrée

Bigarreaux et 1 kg de sucre. 800 g avec des griottes, ou un mélange, et le jus de deux citrons.

Elle a un goût d'amande amère marqué

Trop de noyaux. Vingt, pas plus, et le nouet retiré dès la prise.

Elle est trouble

Pas écumée, ou remuée trop fort. Écumée quand la mousse monte, et remuée doucement à la spatule.

Conservation & préparation anticipée

Les pots fermés se gardent 1 an dans un placard sombre et frais.

Un pot ouvert se garde 3 semaines au réfrigérateur, avec une cuillère propre.

Une confiture qui n'a pas pris se recuit : reversée dans la bassine avec le jus d'un citron, cinq minutes à gros bouillons, et le test de l'assiette.

Les cerises se congèlent dénoyautées : la confiture se fait en janvier, avec les noyaux congelés à part.

Un pot qui a moisi en surface se jette entier.

Variantes

La cerise flambée

Notre cerises jubilé, les cerises au kirsch flambées sur une glace vanille : cette confiture, détendue au kirsch, en est le raccourci.

Le clafoutis

Notre clafoutis aux cerises, avec les noyaux : l'autre usage des cerises de juin.

La confiture de fraises

Notre confiture de fraises, la même méthode, le fruit qui prend plus facilement.

Au kirsch, d'Alsace

Un verre de kirsch versé hors du feu à la fin, avant la mise en pots : la confiture des tartes et des pains d'épices.

Questions fréquentes

Quelles cerises ?

Des bigarreaux burlat en juin pour une confiture douce, des griottes ou des Montmorency en juillet pour une confiture acidulée, la plus fine ; le mélange des deux est l'idéal. Mûres mais fermes : les cerises trop mûres s'écrasent.

Pourquoi les noyaux ?

La cerise manque de pectine, la fibre qui gélifie ; ses noyaux en contiennent, et une amande qui parfume. Vingt noyaux dans une gaze nouée, cuits avec les fruits et pressés à la fin, donnent la prise et le goût.

Faut-il un sucre spécial ?

Non : du sucre cristal ordinaire, les noyaux et le citron suffisent. Le sucre gélifiant est un raccourci qui donne une confiture plus ferme et moins fruitée.

Pourquoi macérer une nuit ?

Le sucre tire le jus des cerises et se dissout ; la cuisson est plus courte, la couleur reste rubis, et les fruits, confits en surface, restent entiers au lieu de s'écraser.

Comment savoir qu'elle est prise ?

Une goutte sur une assiette sortie du congélateur, une minute, l'assiette inclinée : la goutte fige et se ride sous le doigt. Elle coule, trois minutes de plus. Le thermomètre dit 105 °C.

Quel vin servir avec ?

Une confiture est un petit déjeuner, et son accord est un thé : un thé noir tannique, boisé, à 90 °C, sans lait ni sucre. Le tanin du thé coupe le sucre de la confiture comme il couperait le gras d'une viande. Jamais un thé vert délicat.

La confiture de cerises est celle des mois de juin et de juillet, quand les burlat, les bigarreaux et les griottes arrivent ensemble, et elle a mauvaise réputation chez les confituriers débutants parce qu'elle ne prend pas : la cerise est un fruit pauvre en pectine, la fibre qui fait gélifier une confiture, et riche en eau. Les grands-mères connaissaient le remède, les noyaux et le citron, et elles connaissaient le geste, une cuisson courte et violente, qui garde au fruit sa couleur et son goût. C'est cette confiture-là, celle où les cerises sont entières dans un sirop rubis qui tient sur la tartine.

Les cerises : 1,5 kg de cerises mûres et fermes, des bigarreaux rouges ou noirs pour une confiture douce, des griottes ou des Montmorency pour une confiture acidulée, la plus fine, ou un mélange des deux ; équeutées, lavées, séchées, et dénoyautées au dénoyauteur, au-dessus d'un saladier pour garder le jus, ce qui donne 1,2 kg de fruits ; une heure de travail patient, les mains rouges, le seul vrai effort de la recette. Les noyaux gardés : une vingtaine, rincés, enfermés dans un carré de gaze ou de mousseline noué, le nouet, ils contiennent de la pectine et une amande amère qui parfume discrètement. La macération : les cerises dénoyautées dans une grande bassine ou un saladier, avec 1 kg de sucre cristal, 800 g pour la version moins sucrée avec des griottes, le jus d'un gros citron, 5 cl, et le nouet, mêlés, couverts d'un linge, une nuit à température ambiante, ou quatre heures au moins : le sucre tire le jus des cerises, se dissout, et les fruits, confits en surface, résisteront à la cuisson au lieu de s'écraser.

La cuisson : le contenu du saladier versé dans une bassine à confiture en cuivre ou une grande casserole large à fond épais, la largeur compte, l'évaporation se fait par la surface ; porté à ébullition à feu vif, écumé une fois quand la mousse rose monte, et cuit à gros bouillons, feu vif, quinze à vingt minutes, remué de temps en temps à la spatule pour que le fond n'attache pas, les cerises qui remontent poussées dans le sirop. C'est une cuisson courte et violente : une confiture cuite doucement une heure est brune et confite, celle-ci est rubis et fruitée. Le thermomètre, s'il y en a un, dit 105 °C. Le test de l'assiette, plus sûr : une petite assiette au congélateur depuis le début, une goutte de sirop versée dessus, une minute, et l'assiette inclinée ; si la goutte fige et se ride sous le doigt, la confiture est prise ; si elle coule, trois minutes de plus et un nouveau test. La cerise prend tard et d'un coup : on ne s'éloigne pas. Le nouet retiré et pressé au-dessus de la bassine, pour rendre sa pectine.

La mise en pots : 6 pots de 350 g, stérilisés dix minutes à l'eau bouillante ou au four à 100 °C, chauds ; la confiture versée bouillante à la louche, par l'entonnoir, jusqu'à un centimètre du bord, les cerises réparties ; les couvercles vissés aussitôt, et les pots retournés cinq minutes, ce qui stérilise le couvercle et fait le vide ; puis remis à l'endroit et laissés refroidir sans y toucher, la confiture finit de prendre en refroidissant, et elle peut sembler liquide chaude et parfaite le lendemain. Pour les gourmands, une gousse de vanille fendue dans la macération, ou un verre de kirsch versé hors du feu à la fin, la confiture d'Alsace, ou quelques amandes effilées jetées deux minutes avant la fin. Elle se mange sur une tartine de pain de campagne beurrée, dans un yaourt, sur une crêpe, dans une tarte Linzer, ou à la cuillère, debout, devant le placard : c'est la confiture que l'on finit la première.

Avant de partir

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