Homard à l'armoricaine

Plat principal

Homard à l'armoricaine : la recette de chef étape par étape

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 25 min
  • Repos : 1 h au congélateur pour endormir les homards
  • Élevé
  • 4 personnes
  • Difficile
  • Toute l'année
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • UN GRAND COUTEAU LOURD (L'OUTIL DU PLAT : tuer net, tronçonner cru, fendre les pinces)
  • une grande sauteuse à bords hauts (saisir, flamber, mijoter)
  • une planche à rigole (récupérer le jus des homards)
  • un bol et une fourchette (le beurre de corail)
  • un fouet (lier hors du feu)
  • des pinces à homard et un plat chaud (pour la table)

L'astuce du chef

Américaine ou armoricaine, la querelle date de 1860. Un cuisinier de Sète revenu de Chicago, des Bretons qui ont rebaptisé.

La première grande sauce de crustacé. La bisque moderne et la sauce homardine en descendent.

Un homard vivant, tronçonné cru. Cuit avant, il ne donnerait rien à la sauce.

Endormi au congélateur, tué d'un coup de couteau dans la croix de la tête. Net.

Les pinces fendues. La sauce entre, la chair se retire à table.

Le corail et le crémeux réservés crus, en beurre. C'est la liaison, la couleur et la profondeur.

Saisi dans l'huile jusqu'au rouge vif. La carapace libère ses arômes dans le gras.

Flambé au cognac. L'alcool part, le parfum reste.

Les carapaces de tête mijotent dans la sauce. Elles donnent le goût de crustacé.

Cinq minutes couvert, huit en tout. Le homard trop cuit est caoutchouteux.

Le homard retiré, la sauce réduite seule. On réduit la sauce, pas la chair.

Le beurre de corail hors du feu. Elle ne bout plus : le corail coagulerait en grains.

Préparation pas à pas

  1. Homards endormis 1 h au congélateur, tués d'un coup de couteau 1 h

    Net et sans souffrance.

  2. Tronçonnés crus : pinces fendues, queue en tronçons, tête en deux, gravier ôté 10 min

    La sauce entrera partout.

  3. Corail et crémeux recueillis, mêlés au beurre, au frais 3 min

    La liaison de la sauce.

  4. Saisis 3 min dans l'huile très chaude jusqu'au rouge vif ; cognac flambé ; retirés 5 min

    La carapace donne son parfum.

  5. Échalotes, carotte, ail 3 min ; tomates, concentré, vin blanc, fumet, estragon, cayenne 5 min

    La sauce se construit.

  6. Carapaces et homard remis, couvert, 5 min à frémissement ; homard retiré au chaud 5 min

    Nacré, huit minutes en tout.

  7. Sauce réduite 5 min à napper ; hors du feu, beurre de corail fouetté ; estragon ciselé 6 min

    Orange corail, profonde, liée.

  8. Homard réchauffé 1 min dans la sauce ; plat chaud, riz, pinces à homard 2 min

    Les doigts, la cuillère, le pain.

Le conseil du caviste

Un crustacé charnu et sucré, une sauce tomatée au cognac et à l'estragon, liée au corail.

Le Château Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc à 11 °C, charnu, mûr.

Le Domaine de Mayat Chardonnay à 11 °C, rond.

Le Moulin Caresse La Frangine Rosé à 9 °C, sur la tomate et le cayenne.

Plus le crustacé est charnu, plus le blanc doit être charnu : le blanc maigre convient à la crevette, pas au homard. On sert souvent sur le homard le blanc le plus vif de la cave, par réflexe de fruit de mer, et c'est une erreur d'échelle : le homard est la viande de la mer, une chair dense, sucrée, presque grasse, et une sauce armoricaine y ajoute la tomate, le cognac et le beurre de corail. Un blanc mince et acide est écrasé, il ne reste de lui qu'une aigreur sur la tomate. Il faut un blanc qui ait de la chair, du volume, un fruit mûr, un blanc de Bergerac charnu ou un chardonnay rond, servi à 11 °C et non glacé, qui tienne tête à la sauce et enveloppe la chair du homard. La tomate et le cayenne, s'ils dominent, font même basculer vers un rosé charnu. L'échelle des crustacés : blanc vif sur la crevette et la langoustine, blanc charnu sur le homard, et sur l'armoricaine, le plus charnu de tous.

À éviter : un blanc mince et vif, aigre sur la tomate et écrasé par le homard, et un rouge, métallique sur le crustacé.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne BlancChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc 9,90 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Le homard est caoutchouteux

Trop cuit. Trois minutes de saisie, cinq de mijotage, retiré pendant la réduction, une minute pour réchauffer : huit minutes en tout.

La sauce a des grains gris

Corail bouilli. Le beurre de corail hors du feu, fouetté, et la sauce ne bout plus après.

La sauce est aigre

Tomates vertes, vin pas réduit. Des tomates mûres ou de bonnes tomates en boîte, une pincée de sucre, et la sauce réduite cinq minutes.

La sauce manque de goût de homard

Homard cuit avant, ou carapaces jetées. Tronçonné cru, saisi jusqu'au rouge, et les carapaces de tête mijotées dans la sauce.

La chair est sortie de la carapace

Saisie trop longue ou trop forte. Trois minutes, retournés, jusqu'au rouge, pas plus.

Le flambage n'a pas pris

Cognac froid, sauteuse pas assez chaude. Le cognac tiédi, versé dans la sauteuse très chaude, allumé aussitôt.

Conservation & préparation anticipée

Le homard à l'armoricaine se mange aussitôt : réchauffé, la chair durcit.

Un reste se garde 1 jour ; la chair décortiquée froide et la sauce réchauffée doucement sans bouillir, séparément, puis réunies : ou mieux, la chair en salade et la sauce sur des pâtes.

La sauce seule se garde 2 jours et se congèle 1 mois ; elle fait une sauce de pâtes ou une base de bisque.

Il ne se congèle pas monté.

Les carapaces font un fumet de homard, pilées et mijotées trente minutes.

Variantes

La bisque

Notre bisque de homard, la même sauce poussée en velouté, avec les carapaces pilées.

Le homard froid

Notre homard à la parisienne, poché et servi froid en macédoine, la version d'été.

Gratiné

Notre homard cardinal, la chair dans une sauce à la truffe, gratinée dans la carapace.

Aux langoustines

La même sauce sur 1 kg de langoustines crues tronçonnées, deux minutes de saisie, trois de mijotage : les langoustines à l'armoricaine, moins chères, aussi bonnes.

Questions fréquentes

Faut-il vraiment un homard vivant ?

Oui : c'est le homard cru, saisi et mijoté dans sa carapace, qui donne à la sauce son goût. Un homard déjà cuit ne donne rien et devient caoutchouteux. Endormi une heure au congélateur, il se tue net d'un coup de couteau.

Américaine ou armoricaine ?

La même recette, deux noms : créée à Paris vers 1860 et baptisée à l'américaine par son auteur, rebaptisée à l'armoricaine par les Bretons qui fournissaient le homard. Les deux orthographes sont admises ; le goût ne change pas.

Qu'est-ce que le corail ?

Les parties crémeuses vert-gris de la tête, foie et œufs du homard, qui deviennent orange corail à la cuisson. Mêlées à du beurre et fouettées hors du feu, elles lient la sauce, la colorent et lui donnent sa profondeur. On ne les jette jamais.

Quel homard ?

Un homard breton bleu, de 600 à 700 g par deux personnes, vif, lourd en main. Le homard canadien, moins cher, convient aussi ; sa chair est un peu moins fine.

Peut-on le préparer à l'avance ?

La sauce, jusqu'à la réduction, la veille. Le homard se saisit et se mijote au moment, huit minutes, et le beurre de corail se fouette à la fin. Le plat se fait en vingt minutes le jour même.

Quel vin servir avec ?

Un blanc charnu et mûr à 11 °C, un Bergerac de chair ou un chardonnay rond : le homard est la viande de la mer, et sa sauce tomatée écrase les blancs vifs. Un rosé charnu si la tomate domine ; jamais de rouge.

Le homard à l'américaine a été créé à Paris vers 1860 par Pierre Fraisse, un cuisinier de Sète revenu de Chicago, qui lui a donné le nom de ses anciens clients ; les Bretons, dont vient le homard, ont rebaptisé le plat à l'armoricaine, du nom latin de leur péninsule, et la querelle n'a jamais été tranchée. La recette est la même : un homard sauté et mijoté dans une sauce tomatée au cognac, au vin blanc et à l'estragon, la première grande sauce de crustacé de la cuisine française, celle dont descendent la bisque moderne et la sauce homardine.

Le homard : 2 homards vivants de 600 à 700 g, bretons de préférence, bleus et vifs. Une heure au congélateur les endort ; puis, sur une planche, la pointe d'un grand couteau plantée d'un coup dans la croix de la tête, ce qui les tue net. Tronçonnés crus : les pinces détachées et fendues d'un coup sur le dos pour que la sauce y entre ; la queue séparée de la tête et coupée en tronçons en suivant les anneaux, trois ou quatre ; la tête fendue en deux dans la longueur, la poche à gravier retirée, et le corail vert-gris et les parties crémeuses recueillis à la cuillère dans un bol, avec 40 g de beurre mou, mêlés en pâte et réservés au frais : c'est la liaison de la sauce. Les morceaux salés et poivrés.

La saisie : une grande sauteuse, 4 cuillères d'huile d'olive très chaude, les morceaux de homard saisis à feu vif trois minutes, retournés, jusqu'à ce que la carapace soit rouge vif partout et que la chair commence à se raidir. 6 cl de cognac versés, flambés, la flamme éteinte d'elle-même. Les morceaux retirés sur un plat. Dans la même sauteuse, 30 g de beurre, 3 échalotes et 1 carotte ciselées fin, 2 gousses d'ail, trois minutes ; 3 tomates pelées, épépinées et concassées, ou 300 g de tomates concassées, 1 cuillère de concentré, 20 cl de vin blanc sec, 15 cl de fumet de poisson ou d'eau, 2 branches d'estragon, une pointe de piment de Cayenne, sel. À ébullition, puis les carapaces de tête vidées et les morceaux de homard remis dans la sauce, couvert, à frémissement, cinq minutes : la chair cuit, opaque et nacrée, et les carapaces donnent leur goût. Pas plus : le homard trop cuit est caoutchouteux, et huit minutes en tout, saisie comprise, suffisent à un homard de 650 g.

La finition : les morceaux de homard retirés au chaud, les carapaces de tête aussi, et la sauce réduite à feu vif cinq minutes, jusqu'à napper, goûtée, l'estragon retiré. Hors du feu, le beurre de corail ajouté par petits morceaux en fouettant : la sauce se lie, prend une couleur orange corail et une profondeur de crustacé qu'aucun autre ingrédient ne donne ; elle ne doit plus bouillir, le corail coagulerait en grains. Une cuillère d'estragon frais ciselé, un trait de cognac pour qui aime. Le homard remis une minute dans la sauce pour le réchauffer, feu doux, et dressé : les tronçons de queue et les pinces sur un plat chaud, ou dans leurs demi-carapaces de tête pour la présentation, la sauce versée dessus, du riz blanc ou pilaf à côté, qui boit la sauce, et des pinces à homard sur la table. On mange avec les doigts et la cuillère, et le pain finit la sauce.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne BlancChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc 9,90 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €

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