Foie gras au torchon

Entrée

Foie gras au torchon : recette traditionnelle

  • Préparation : 45 min
  • Cuisson : 3 min
  • Repos : Une nuit de marinade, 1 h de refroidissement, 2 jours de repos
  • Élevé
  • 8 personnes
  • Moyen
  • Hiver
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Ingrédients

8 personnes

Ustensiles

  • UNE BALANCE DE PRÉCISION (L'OUTIL DU PLAT : 12 g de sel et 3 g de poivre par kilo, au gramme)
  • un couteau d'office (suivre et soulever les veines)
  • un torchon propre et de la ficelle (rouler serré, tordre, ficeler)
  • un thermomètre (80 °C pour le bouillon)
  • un faitout (deux litres de bouillon, le boudin immergé)
  • un couteau long (trempé dans l'eau chaude, essuyé entre chaque tranche)

L'astuce du chef

La méthode des fermes du Sud-Ouest avant les terrines. Un linge, un bouillon, du temps.

Le plus fin des foies gras. Cuisson douce et régulière de tous les côtés, aucune graisse ajoutée.

Le foie sorti une heure avant. Froid, il casse ; souple, il se plie et les veines viennent.

Les deux veines principales suivies comme des branches. Soulevées au couteau, tirées avec leurs ramifications.

Le foie a l'air détruit après le déveinage. Il se reforme au roulage : c'est normal.

12 g de sel, 3 g de poivre par kilo, pesés. À la cuillère, on sale trop ou pas assez, toujours.

Une nuit de marinade. Le sel pénètre, l'alcool parfume.

Roulé très serré, les bouts tordus comme un bonbon. La compression fait la densité.

80 °C, trois minutes, feu coupé. Le foie cuit en refroidissant dans le bouillon, sans dépasser 50 °C.

Le torchon reserré après le pochage. La graisse fondue a fait du jeu.

Deux jours de repos, trois au mieux. Le sel se répartit, la texture se resserre.

Tranché au couteau chaud, sorti quinze minutes avant. Ni glacé, ni mou.

Préparation pas à pas

  1. Foie sorti 1 h avant ; lobes séparés, déveinés à la pointe du couteau 20 min

    Les veines tirées, pas arrachées.

  2. Sel, poivre, sucre, épices pesés ; porto ; massé, reformé, filmé serré ; une nuit 12 h

    Le sel pénètre.

  3. Sorti 30 min avant ; boudin de 6 cm sur le torchon, roulé très serré, bouts tordus, ficelé 10 min

    Dense et régulier.

  4. Bouillon à 80 °C ; boudin poché 3 min, retourné 5 min

    Frémissement invisible.

  5. Feu coupé, refroidi 1 h dans le bouillon 1 h

    Il cuit là, doucement, à moins de 50 °C.

  6. Égoutté, torchon reserré, reficelé, roulé 5 min

    La forme reprise.

  7. 2 jours au réfrigérateur dans son torchon 48 h

    Le goût s'arrondit.

  8. Torchon retiré, tranché au couteau chaud ; 15 min à l'air ; fleur de sel, pain grillé 20 min

    En tranches épaisses, à la fourchette.

Le conseil du caviste

Le foie gras le plus gras et le plus pur, poché, rosé, à la fleur de sel.

Le Château Les Hauts de Caillevel Les Brumes, Monbazillac, à 8 °C, le liquoreux du foie gras.

Le Château Moulin Caresse Magie d'Automne Moelleux à 8 °C, plus léger.

Le Château de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux à 8 °C, tendre.

Sur le foie gras, ce n'est pas le sucre du liquoreux qui fait l'accord, c'est son acidité : on choisit le liquoreux le plus jeune et le plus vif, jamais le plus vieux ni le plus lourd. Foie gras et liquoreux, c'est l'accord le plus célèbre du Sud-Ouest, et le plus mal compris : on croit que le sucre du vin répond au gras du foie, et l'on sort un vieux Sauternes ambré, épais, qui s'écrase sur le foie et le double en lourdeur. Ce qui coupe le gras, c'est l'acidité ; ce qui l'enrobe, c'est le sucre ; et un liquoreux jeune a les deux, une acidité vive sous le miel, qui rafraîchit la bouche entre deux tranches pendant que le sucre caresse. Un Monbazillac de trois ou quatre ans, doré et non ambré, vif, est le vin du foie gras au torchon, le plus pur des foies gras, celui qui n'a ni graisse de cuisson ni terrine pour l'alourdir. Le vieux liquoreux se garde pour un roquefort. La règle des accords sucrés-gras : la jeunesse et l'acidité avant l'âge et l'épaisseur.

À éviter : un vieux liquoreux ambré, lourd sur le gras, et un rouge tannique, métallique sur le foie.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Les Hauts de Caillevel Les BrumesChâteau Les Hauts de Caillevel Les Brumes 14,50 €
Château Moulin Caresse Magie d'Automne MoelleuxChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Moelleux 9,90 €
Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Le foie a fondu, il reste petit et gras

Bouillon trop chaud ou poché trop longtemps. 80 °C au thermomètre, trois minutes, et le feu coupé : il cuit en refroidissant.

Il est cru et gris au centre

Refroidi hors du bouillon, ou boudin trop gros. Une heure dans le bouillon, et un boudin de 6 cm, pas plus.

Il est trop salé ou fade

Sel à la cuillère. 12 g par kilo, à la balance, et une nuit pour qu'il se répartisse.

Il s'effrite à la coupe

Roulé sans serrer, ou tranché trop tôt. Les bouts tordus fort, reserrés après pochage, et deux jours de repos ; le couteau chaud.

Des veines rouges dans les tranches

Déveinage incomplet. Le foie à température ambiante, les deux veines suivies jusqu'aux ramifications.

Le torchon sent la lessive

Torchon parfumé. Un torchon lavé sans adoucissant ni parfum, ou une gaze neuve.

Conservation & préparation anticipée

Le foie gras au torchon se garde 8 jours au réfrigérateur dans son torchon, dans une boîte fermée ; il est au mieux entre le 3e et le 6e jour.

Entamé, la tranche de coupe filmée au contact, 4 jours.

Il se congèle 2 mois entier dans son torchon, décongelé 24 h au réfrigérateur ; la texture y perd un peu.

Le foie cru déveiné et assaisonné se garde 2 jours au réfrigérateur avant le pochage.

Le bouillon de pochage, parfumé au foie, fait une base de sauce ou une soupe le lendemain.

Variantes

La terrine

Notre foie gras mi-cuit en terrine, cuit au bain-marie dans sa graisse, plus riche, la version des bocaux.

Poêlé

Notre foie gras poêlé, la tranche saisie une minute par face, chaude, avec des fruits.

Au sel

Le même foie déveiné et assaisonné, roulé en torchon et enfoui 24 h dans du gros sel au réfrigérateur, sans cuisson : le foie gras au sel, plus cru, plus dense.

En verrine

Notre verrine de foie gras au chutney de figues, des dés de ce torchon sur un chutney, pour l'apéritif.

Questions fréquentes

Quel foie gras acheter ?

Un foie gras de canard cru, extra ou premier choix, de 500 à 600 g, souple, beige rosé, sans taches ni hématomes, chez un producteur ou un volailler, en novembre et décembre. Un foie trop gros rend plus de graisse.

Faut-il vraiment peser le sel ?

Oui : 12 g de sel et 3 g de poivre par kilo, c'est la seule façon d'être juste. Une cuillère à café de sel pèse entre 4 et 7 g selon le sel, et l'écart se sent.

Pourquoi le refroidir dans le bouillon ?

Les trois minutes à 80 °C ne cuisent que la surface ; c'est pendant l'heure de refroidissement dans le liquide que la chaleur gagne le cœur, lentement, sans dépasser 50 °C. Sorti aussitôt, il serait cru au centre.

Torchon ou film ?

Le torchon laisse respirer et absorbe la graisse fondue ; c'est lui qui donne la texture dense et la fine peau jaune. Le film étirable donne un foie plus gras et plus lisse, la version dite au torchon des cuisines modernes.

Combien de temps à l'avance ?

Quatre jours : une nuit de marinade, le pochage, deux jours de repos au moins. Il se garde huit jours et il est meilleur entre le troisième et le sixième : c'est le foie gras qu'on fait le lundi pour le samedi.

Quel vin servir avec ?

Un Monbazillac jeune et vif, doré et non ambré, à 8 °C : sur le foie gras, c'est l'acidité du liquoreux qui coupe le gras, pas son sucre. Jamais un vieux liquoreux lourd, ni un rouge.

Le foie gras au torchon est la méthode des grandes maisons et des fermes du Sud-Ouest avant les terrines et les bocaux : un foie roulé dans un linge, poché dans une graisse ou un bouillon, gardé au frais dans son torchon. Elle donne le foie gras le plus fin, parce que la cuisson est douce, courte et régulière, et le plus pur, parce qu'aucune graisse ne s'ajoute et que le foie ne baigne pas dans la sienne. Elle demande deux jours d'avance, une balance précise et un thermomètre, rien de plus.

Le foie : un lobe de foie gras de canard cru de 500 à 600 g, extra ou premier choix, souple, de couleur beige rosé uniforme, sans taches. Sorti du réfrigérateur une heure avant : froid, il casse au lieu de se plier, et les veines se déchirent au lieu de venir. Le déveinage, sur une planche, à la main et à la pointe d'un couteau d'office : les deux lobes séparés, le grand et le petit, chacun ouvert dans l'épaisseur en suivant la veine principale, qui court au centre comme une branche, et en la soulevant délicatement avec le couteau pour la tirer avec ses ramifications ; le petit lobe a la sienne aussi. Les taches vertes de fiel retirées. Le foie a l'air abîmé, ouvert en plusieurs morceaux : c'est normal, il se reforme au roulage. L'assaisonnement, pesé : pour 550 g de foie, 7 g de sel fin, soit 12 g par kilo, 1,5 g de poivre blanc moulu, soit 3 g par kilo, une pincée de sucre, une pointe de quatre-épices ou de muscade, 2 cl de porto blanc ou de cognac. Répartis sur toutes les faces des morceaux, massés doucement, le foie reconstitué en un bloc, filmé serré, une nuit au réfrigérateur : le sel pénètre et l'alcool parfume.

Le roulage : un torchon de lin ou de coton propre, non parfumé, ou une double épaisseur de gaze, étalé ; le foie sorti trente minutes avant, posé au bord en un boudin de 6 cm de diamètre, les morceaux serrés les uns contre les autres ; le torchon roulé très serré autour, en chassant l'air, les deux bouts tordus comme un bonbon pour comprimer le foie et le rendre dense, puis ficelés à chaque extrémité, une ficelle au milieu. Le boudin doit être ferme et régulier. Le bouillon : 2 litres de bouillon de volaille léger, ou de l'eau salée avec une carotte, un oignon, du thym, porté à 80 °C, pas plus, frémissement invisible. Le boudin plongé dedans, trois minutes pour 550 g, retourné une fois, puis le feu coupé, et le foie laissé refroidir dans le bouillon, une heure, jusqu'à ce que le liquide soit tiède : c'est là qu'il cuit, lentement, sans jamais dépasser 50 °C à cœur, la température qui garde le foie rosé et fondant et lui fait perdre le moins de graisse. Sorti, égoutté, le torchon reserré si la graisse fondue a fait du jeu, les bouts retordus et reficelés, le boudin roulé sur le plan de travail pour lui rendre sa forme.

Le repos : le boudin dans son torchon, dans une boîte, au réfrigérateur, deux jours au moins, trois au mieux : le sel se répartit, la texture se resserre, le goût s'arrondit. Le torchon retiré au moment, il vient avec sa fine couche de graisse jaune. Le foie tranché à 1,5 cm au couteau long trempé dans l'eau chaude et essuyé entre chaque tranche, des rondelles parfaites, rosées, lisses. Servies sorties quinze minutes avant, avec de la fleur de sel, du poivre concassé, du pain de campagne grillé ou du pain d'épices, un chutney de figues ou une confiture d'oignons pour qui veut, et rien d'autre. Un foie gras au torchon se mange en tranches épaisses, à la fourchette, sans le tartiner : c'est ce qui le distingue.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Les Hauts de Caillevel Les BrumesChâteau Les Hauts de Caillevel Les Brumes 14,50 €
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Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €

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