Glace au chocolat maison dans un moule en métal, masse brun très foncé et brillante couverte de copeaux, deux boules dans un bol, tablettes de chocolat et cacao en poudre

Dessert

Glace au chocolat : plus on met de chocolat, plus elle devient dure

Le beurre de cacao est solide à −18 °C, et il ne fond qu'à 34 °C. Une glace très chargée en chocolat devient donc raide et pâteuse, avec une sensation cireuse en bouche. La solution n'est pas moins de goût : c'est plus de cacao en poudre et moins de chocolat.

  • Préparation : 25 min
  • Cuisson : 15 min
  • Repos : Une nuit de maturation au froid avant turbinage
  • Modéré
  • 1 litre
  • Intermédiaire
  • Été
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Ingrédients

1 litre

Ustensiles

  • DU CACAO EN POUDRE NON SUCRÉ (L'INGRÉDIENT DU PLAT : il porte le goût sans porter le beurre de cacao)
  • un fouet (le cacao se délaye dans le lait FROID, sinon il fait des grumeaux indéfaisables)
  • une casserole à fond épais (le cacao attache très vite : feu moyen et fouet constant)
  • un thermomètre (82-84 °C comme toute crème anglaise)
  • une sorbetière (ou un bac métal fouetté toutes les 30 minutes pendant 3 heures)
  • un chinois (on passe la base avant maturation, le cacao laisse toujours quelques grumeaux)

L'astuce du chef

Le beurre de cacao est solide à −18 °C. Son point de fusion est à 34 °C : dans une glace, il est entièrement cristallisé.

Il ne participe donc pas à la souplesse. Contrairement à la matière grasse du lait, qui reste partiellement molle au froid.

Il agit comme une charge. Plus il y en a, plus la masse est rigide : c'est le contraire de ce qu'on attend d'un ingrédient gras.

Une tablette à 70 % en contient environ 40 %. C'est la source de tout le problème, et elle est proportionnelle à la dose de chocolat.

Il assourdit aussi les arômes. Solide, il enrobe les récepteurs et ralentit la libération du goût : la glace paraît noire et sourde.

Le cacao en poudre est la solution. Mêmes composés aromatiques, même amertume, mais 10 à 12 % de gras au lieu de 40 %.

La proportion qui marche est 90 g de chocolat pour 40 g de cacao. Par litre : plus de goût ET plus de souplesse à la fois.

On augmente aussi le sucre. Environ 20 g de plus par litre qu'une vanille, pour compenser la rigidité restante.

Le cacao se délaye dans le lait FROID. Jeté dans un liquide chaud, il forme des grumeaux que rien ne défait.

Il doit ensuite CUIRE. Son amidon a besoin de chaleur pour gonfler, et c'est lui qui donne l'onctuosité particulière du chocolat.

La couleur ne renseigne plus. Le cacao masque tout : la cuisson à la nappe se juge au thermomètre.

La maturation est encore plus importante ici. Le beurre de cacao cristallise lentement ; turbinée aussitôt, la base donne une glace sableuse.

Préparation pas à pas

  1. Délayer le cacao dans un peu de lait FROID 5 min

    Au fouet, jusqu'à une pâte lisse. Jeté dans le lait chaud, il fait des grumeaux définitifs.

  2. Porter le reste du lait à frémissement avec ce cacao 8 min

    En fouettant. L'amidon du cacao a besoin de chaleur pour gonfler : c'est l'onctuosité.

  3. Blanchir les jaunes avec le sucre et le miel 5 min

    170 g de sucre. Vingt de plus qu'une vanille, pour compenser la rigidité à venir.

  4. Verser le lait chocolaté sur les jaunes, puis cuire 10 min

    À la nappe, 82 à 84 °C. Le cacao masque la couleur : fiez-vous au thermomètre, pas à l'œil.

  5. Verser la crème sur le chocolat haché, mélanger 5 min

    Puis incorporer à la base chaude. Le chocolat fond dans la chaleur résiduelle.

  6. Passer au chinois et refroidir complètement 20 min

    Le cacao laisse toujours quelques grumeaux. Le chinois les retient.

  7. MATURER une nuit au réfrigérateur 720 min

    Le beurre de cacao cristallise lentement : turbinée tout de suite, la glace serait sableuse.

  8. Turbiner 30 à 40 minutes, puis 2 h au congélateur 40 min

    Elle sort très souple. Elle durcira davantage qu'une vanille, c'est le beurre de cacao.

Le conseil du caviste

Une glace au chocolat cumule les deux difficultés déjà vues séparément : le froid qui anesthésie, et le chocolat qui malmène les vins secs.

Le Château Moulin Caresse Magie d'Automne Moelleux à 10 °C : il a l'ampleur nécessaire pour se faire entendre malgré le froid.

Le Château de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux à 10 °C pour une glace moins amère, à 60 %.

Le Château Les Hauts de Caillevel Les Brumes à 10 °C pour une fin de repas plus ambitieuse.

Deux règles se cumulent ici : il faut au moins autant de sucre dans le verre que dans l'assiette, à cause du chocolat, ET un vin plus expressif servi un peu moins froid, à cause de la glace. C'est un des accords les plus exigeants du répertoire des desserts.

À éviter : un rouge, l'accord le plus souvent proposé et le moins juste. Tanin plus chocolat plus froid font une amertume sèche et métallique.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne MoelleuxChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Moelleux 9,90 €
Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €
Château Les Hauts de Caillevel Les BrumesChâteau Les Hauts de Caillevel Les Brumes 14,50 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Elle est très dure et pâteuse

Trop de chocolat. Son beurre de cacao est solide à −18 °C et rigidifie la masse : on remplace une partie par du cacao en poudre, qui n'a que 10 à 12 % de gras.

Elle a un goût sourd malgré la couleur

Même cause. Le beurre de cacao solide enrobe les récepteurs et ralentit la libération des arômes.

Il y a des grumeaux de cacao

Il a été jeté dans un liquide chaud. On le délaye toujours dans un peu de lait froid, au fouet, avant de chauffer.

Elle est sableuse

La base n'a pas maturé. Le beurre de cacao cristallise lentement : une nuit au réfrigérateur avant de turbiner.

Elle laisse un film cireux en bouche

Trop de beurre de cacao pour la température de service. On la sort 15 minutes avant, et on rééquilibre chocolat et cacao à la prochaine.

La crème anglaise a grainé sans que je le voie

Le cacao masque la couleur : ici on ne juge qu'au thermomètre, 82 à 84 °C.

Conservation & préparation anticipée

La glace au chocolat se garde 2 semaines au congélateur, mais elle durcit davantage qu'une vanille : c'est le beurre de cacao.

Elle se sort 15 minutes avant de servir, et non 10 : elle a besoin de plus de temps pour redevenir malléable.

Elle ne se recongèle pas après fonte : les cristaux qui se reforment sont grossiers.

La base non turbinée se garde 3 jours au réfrigérateur, et gagne à maturer.

Un reste trop dur fait un excellent milk-shake, mixé avec un peu de lait froid.

Variantes

Glace au chocolat sans œufs

Lait, cacao, sucre et un peu de fécule. Plus légère, plus franche en cacao, et la mécanique du beurre de cacao ne change pas.

Chocolat et fleur de sel

Une pincée de fleur de sel au service. Le sel creuse l'amertume et fait ressortir le cacao, que le froid tend à effacer.

L'autre dessert au chocolat noir

Notre mousse au chocolat, où le beurre de cacao joue au contraire en faveur de la tenue.

Sa jumelle

Notre glace à la vanille, où le sucre est l'antigel.

Questions fréquentes

Pourquoi ma glace au chocolat est-elle si dure ?

Parce qu'elle contient trop de chocolat. Le beurre de cacao fond à 34 °C : à −18 °C il est entièrement solide et rigidifie la masse au lieu de l'assouplir.

Comment obtenir plus de goût sans plus de dureté ?

En remplaçant une partie du chocolat par du cacao en poudre non sucré, qui apporte les mêmes arômes avec 10 à 12 % de gras au lieu de 40 %.

Quelle proportion chocolat et cacao ?

Environ 90 g de chocolat noir et 40 g de cacao en poudre par litre de base. Et 20 g de sucre de plus que pour une vanille.

Pourquoi mon cacao fait-il des grumeaux ?

Il a été versé dans un liquide chaud. Il se délaye toujours au fouet dans un peu de lait froid, puis on chauffe : son amidon a ensuite besoin de cuire pour gonfler.

Peut-on utiliser du chocolat au lait ?

Ce n'est pas conseillé : trop de sucre et trop de matière grasse lactée, la glace devient grasse sans gagner en profondeur.

Quel vin servir avec une glace au chocolat ?

Un moelleux ample à 10 °C. Deux contraintes se cumulent : le chocolat exige du sucre résiduel, et le froid exige un vin expressif servi un peu moins froid que d'ordinaire.

On croit qu'une glace au chocolat se fait en ajoutant du chocolat à une base de glace à la vanille. C'est vrai sur le papier, et faux dans le congélateur : plus on augmente la dose, plus le résultat devient dur, pâteux et curieusement peu parfumé, avec un film cireux qui reste sur le palais.

La cause est le beurre de cacao. Une tablette de chocolat noir à 70 % en contient environ 40 %, et c'est une matière grasse dont le point de fusion est très net, autour de 34 °C. À la température de dégustation d'une glace, entre −12 et −15 °C, il est complètement solide et cristallisé. Il ne participe donc pas du tout à la souplesse, contrairement à la matière grasse du lait, qui reste partiellement molle. Il se comporte comme une charge minérale : il rigidifie la masse.

Pire, cette graisse solide enrobe les récepteurs du goût et ralentit la libération des arômes, ce qui explique la sensation de glace à la fois très noire à l'œil et sourde en bouche.

La réponse des glaciers est élégante : on remplace une partie du chocolat par du cacao en poudre non sucré. Le cacao apporte les mêmes composés aromatiques et la même amertume, mais il ne contient que 10 à 12 % de matière grasse au lieu de 40 %. On obtient une glace plus noire de goût et plus souple de texture à la fois. La proportion qui fonctionne bien à la maison est d'environ 90 g de chocolat et 40 g de cacao par litre.

Deuxième correctif, qui découle de la recette précédente : on augmente le sucre d'environ 20 g par litre par rapport à une vanille, pour compenser la rigidité apportée par le beurre de cacao. Le glucose ou le miel y aident encore davantage.

Enfin, le cacao en poudre doit être cuit dans le lait et non simplement dispersé : son amidon a besoin de chaleur pour gonfler, et c'est lui qui donne à la glace au chocolat son onctuosité particulière.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne MoelleuxChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Moelleux 9,90 €
Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €
Château Les Hauts de Caillevel Les BrumesChâteau Les Hauts de Caillevel Les Brumes 14,50 €

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