Plat

Khinkali, les raviolis géorgiens : on incorpore un tiers d'eau glacée dans la farce, et c'est elle qui devient le bouillon de la bouchée

Les khinkali sont les gros raviolis plissés de Géorgie, qu'on tient par leur nœud et qu'on mord par le côté pour aspirer le bouillon avant de manger la farce. Ce bouillon ne vient d'aucune gelée : c'est de l'eau glacée, un tiers du poids de la viande, pétrie dans la farce crue, que la cuisson libère à l'intérieur de la pâte. Une pâte sans œuf, épaisse, vingt plis, et l'on ne mange jamais le nœud.

  • Préparation : 1 h
  • Cuisson : 10 min
  • Repos : 30 min pour la pâte
  • Économique
  • 4 personnes, 20 khinkali
  • Difficile
  • Hiver
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Ingrédients

4 personnes, 20 khinkali

Ustensiles

  • UN EMPORTE-PIÈCE OU UN BOL DE 12 CM (L'OUTIL DU PLAT : des disques larges pour vingt plis)
  • un rouleau (pâte à 3 mm, plus épaisse qu'une pâte italienne)
  • un grand bol froid (on pétrit la farce avec l'eau glacée dedans)
  • une grande marmite d'eau bouillante (large : les khinkali ne se touchent pas)
  • une écumoire (on les sort un par un)
  • un moulin à poivre (à table, généreusement)

L'astuce du chef

Il y a une manière de manger les khinkali, et une seule. Par le nœud, à la main.

On mord un trou sur le côté, on aspire le bouillon brûlant. On mange le reste, sauf le nœud.

À la fin, les nœuds se comptent dans l'assiette. Aucune fourchette : elle perce le bouillon.

D'où vient ce bouillon ? Pas d'une gelée. D'eau.

La farce est pétrie avec de l'eau glacée, un tiers du poids de la viande. Par petites quantités.

Les protéines hachées et salées retiennent l'eau comme une éponge. La farce devient lâche, presque coulante.

À la cuisson, la viande se contracte et rend cette eau. Enrichie de son jus et de ses épices.

Sans l'eau, une boulette dans une pâte. Avec, une soupe dans un sac.

La pâte est faite pour tenir ce liquide brûlant. Farine, eau, sel, sans œuf, 3 mm.

Disques de 12 cm, une grosse cuillère de farce, vingt plis en tournant. Le sommet tordu.

Les plis ne sont pas décoratifs. Ils épaississent le haut pour qu'on le tienne sans percer.

Huit minutes à l'eau bouillante après la remontée. Poivre généreux, à la main.

Préparation pas à pas

  1. Pâte : farine, sel, eau ; pétrir 10 min, ferme et lisse ; 30 min de repos sous un linge 40 min

    Sans œuf.

  2. Farce : viandes, oignon, coriandre, épices, sel, poivre 5 min

    Mélanger.

  3. Ajouter l'EAU GLACÉE par petites quantités, en pétrissant, jusqu'à absorption complète 5 min

    La farce devient lâche, presque coulante : c'est le bouillon futur.

  4. Abaisser la pâte à 3 mm, découper 20 disques de 12 cm 10 min

    Fariner légèrement.

  5. Une grosse cuillère de farce au centre de chaque disque 5 min

    Sans déborder.

  6. Plisser le bord tout autour, VINGT PLIS, en tournant ; tordre et pincer le sommet 20 min

    Le nœud : c'est par lui qu'on le tient.

  7. Cuire dans une grande eau bouillante salée, 8 min après la remontée 10 min

    Sans les entasser, en remuant doucement au début.

  8. Sortir à l'écumoire, poivrer, manger brûlant À LA MAIN 1 min

    Par le nœud ; on mord le côté, on aspire, on mange, on laisse le nœud.

Le conseil du caviste

Des raviolis de viande, en bouillon, très poivrés, mangés brûlants, à la main.

Le Château Moulin Caresse Les Frangins Flingueurs à 14 °C, souple et fruité.

Le Bergerac Domaine de Mayat à 14 °C.

Le Bordeaux Château Tour de Biot Rouge à 15 °C.

Le poivre noir réveille le tanin : sur un plat très poivré, on baisse la structure du rouge d'un cran. La pipérine du poivre irrite légèrement les muqueuses de la bouche et les rend plus sensibles à l'astringence ; un rouge qui paraît soyeux sur une viande nature devient rêche sur la même viande couverte de poivre. Sur les khinkali, le steak au poivre, la bavette poivrée, on choisit donc un rouge plus souple qu'on ne l'aurait fait, au tanin fondu et au fruit franc, et on le sert un peu frais.

À éviter : un rouge tannique et jeune, que le poivre rend âpre, et un blanc perdu sous la viande.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Moulin Caresse Les Frangins FlingueursChâteau Moulin Caresse Les Frangins Flingueurs 10,40 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Bordeaux Château Tour de Biot RougeBordeaux Château Tour de Biot Rouge 5,00 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Il n'y a pas de bouillon dedans

Pas assez d'eau dans la farce, ou farce pas assez pétrie. Un tiers du poids de la viande en eau glacée, par petites quantités, jusqu'à absorption complète.

Ils se sont ouverts à la cuisson

Nœud mal pincé, ou pâte trop fine. Pâte à 3 mm, sommet tordu et pincé fort, et une eau à frémissement ferme, pas à gros bouillons.

La pâte est dure

Pas assez de repos, ou pas assez cuite. Trente minutes sous un linge, et huit minutes pleines après la remontée.

Les plis n'ont pas tenu

Bord fariné. On plisse un bord nu, légèrement humide, et on presse chaque pli contre le précédent.

La farce est sèche

Viande trop maigre, ou pas d'eau. Du porc pour le gras, et l'eau glacée.

Vingt plis, je n'y arrive pas

Douze suffisent pour commencer : ce qui compte, c'est que le sommet soit épais et bien fermé.

Conservation & préparation anticipée

Les khinkali se mangent à la sortie de l'eau : le bouillon ne les attend pas.

Crus, ils se congèlent 2 mois, à plat sur une plaque puis en sac ; on les cuit sans décongeler, 12 min.

Cuits, un reste se poêle le lendemain au beurre : c'est ainsi qu'on les mange le matin en Géorgie.

La farce se garde 24 h au frais, mais on n'y ajoute l'eau qu'au moment de plier.

La pâte se garde 24 h filmée au réfrigérateur.

Variantes

Khinkali au fromage

Farcis de sulguni, ou de mozzarella et feta : la version végétarienne des montagnes.

Khinkali aux champignons

Champignons hachés sautés, oignon et coriandre : pas de bouillon, mais tout le geste.

Les raviolis polonais

Nos pierogi.

Les raviolis japonais

Nos gyoza.

Questions fréquentes

D'où vient le bouillon ?

De l'eau glacée pétrie dans la farce, un tiers du poids de la viande : la viande l'absorbe crue et la rend à la cuisson, enrichie de son jus.

Pourquoi une pâte sans œuf ?

Pour qu'elle soit ferme et épaisse, capable de tenir un bouillon brûlant. L'œuf la rendrait plus fragile.

Comment les mange-t-on ?

À la main, par le nœud : on mord le côté, on aspire le bouillon, on mange le reste. Le nœud, trop épais, reste dans l'assiette.

Pourquoi vingt plis ?

Les plis épaississent le sommet pour qu'on puisse le tenir sans le percer. Douze suffisent pour commencer.

Peut-on les congeler ?

Oui, crus, à plat : deux mois. On les cuit sans décongeler, douze minutes.

Quel vin servir avec ?

Un rouge souple et fruité, servi frais : le poivre noir réveille le tanin, on baisse la structure d'un cran.

Il y a une manière de manger les khinkali, et une seule : on saisit le ravioli par son nœud, la torsade de pâte du sommet, on le retourne, on mord un petit trou sur le côté, on aspire le bouillon brûlant, et l'on mange le reste, sauf le nœud, trop épais, qu'on laisse dans l'assiette : à la fin du repas, les nœuds se comptent, et l'on sait qui a le plus mangé. Aucune fourchette : un khinkali percé à la fourchette perd son bouillon, et c'est le bouillon qui est le plat.

D'où vient ce bouillon ? Pas d'une gelée fondue, comme dans les xiaolongbao chinois : d'eau. La farce, du bœuf et du porc hachés avec de l'oignon, de la coriandre, du carvi et beaucoup de poivre, est pétrie avec de l'eau glacée, à raison d'un tiers du poids de la viande, ajoutée par petites quantités jusqu'à ce que la viande l'ait entièrement absorbée : les protéines hachées, salées, retiennent l'eau comme une éponge, et la farce devient une pâte lâche, presque coulante. À la cuisson, la viande se contracte, rend cette eau, enrichie de son jus et de ses épices, et le ravioli se remplit de bouillon. Sans l'eau, on a une boulette dans une pâte ; avec, on a une soupe dans un sac.

La pâte est faite pour tenir ce liquide brûlant : farine, eau, sel, sans œuf, pétrie ferme et abaissée à trois millimètres, plus épaisse qu'une pâte à ravioli italienne. On découpe des disques de douze centimètres, on pose une grosse cuillère de farce, et l'on plisse le bord tout autour, vingt plis ou davantage, en tournant, avant de tordre le sommet pour fermer. Les plis ne sont pas décoratifs : ils épaississent le haut du ravioli pour qu'on puisse le tenir sans le percer.

Cuisson à l'eau bouillante salée, huit minutes à partir de la remontée à la surface ; on les sort à l'écumoire, on poivre généreusement, et on les mange brûlants, à la main.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Moulin Caresse Les Frangins FlingueursChâteau Moulin Caresse Les Frangins Flingueurs 10,40 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Bordeaux Château Tour de Biot RougeBordeaux Château Tour de Biot Rouge 5,00 €

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