Grand plat de pot-au-feu de canard, cuisses et morceaux de canard pochés, poireaux liés, carottes, navets, chou et pommes de terre, soupière de bouillon doré, gros sel et cornichons, verre de vin rouge

Plat principal

Pot-au-feu de canard : la recette du Sud-Ouest

  • Préparation : 40 min
  • Cuisson : 2 h 15
  • Repos : 1 h de salage
  • Moyen
  • 6 personnes
  • Facile
  • Automne, hiver
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Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • UNE GRANDE MARMITE DE 8 LITRES (L'OUTIL DU PLAT : le canard, trois litres d'eau, les légumes entiers, et de la place pour écumer)
  • une écumoire et une louche (l'écume des premières minutes, le gras ensuite)
  • de la ficelle (les poireaux en botte, sortis d'un geste)
  • une poêle sèche (l'oignon brûlé pour la couleur du bouillon)
  • une casserole (le chou blanchi, les pommes de terre à part)
  • une soupière et un grand plat creux (le bouillon d'abord, la viande et les légumes ensuite)

L'astuce du chef

Le pot-au-feu des fermes à canards. Les cuisses et la carcasse qu'on ne confit pas, dans la marmite avec les légumes du jardin.

Dégraissé avant. Le gras en excès ôté, la peau piquée : le bouillon sera doré, pas gras.

Salé une heure. Le sel entre dans les cuisses ; le bouillon, lui, se sale peu au départ.

L'eau froide. La carcasse y donne tout son goût en chauffant lentement ; jetée dans l'eau bouillante, elle se ferme.

Écumé dix minutes. L'écume grise ôtée jusqu'à la dernière : un bouillon clair est un bouillon écumé.

L'oignon brûlé. Sa face coupée noircie à sec : la couleur dorée du bouillon, sans caramel.

La carcasse d'abord, les cuisses après. Quarante-cinq minutes de fond avant que la viande n'entre : les cuisses cuisent dans un bouillon déjà fait.

Le gras écumé à la louche. Toutes les vingt minutes : le canard en rend beaucoup, et il n'a rien à faire dans le bol.

Les poireaux en botte. Liés, ils cuisent entiers et se sortent d'un geste sans se défaire.

Le chou blanchi. Cinq minutes à part : son âcreté part dans l'eau, pas dans le bouillon.

Les pommes de terre à part. Leur amidon troublerait le bouillon : une louche de bouillon dans leur casserole suffit.

En deux temps. Le bouillon dans le bol, puis la viande et les légumes dans le plat : c'est le rite, et c'est meilleur.

Préparation pas à pas

  1. Canard dégraissé, peau piquée, salé 1 h 1 h

    Le gras fondu à part.

  2. Carcasse, cou, manchons dans l'eau froide ; ébullition lente, écumé 10 min 25 min

    Jusqu'à ce que plus rien ne monte.

  3. Oignon brûlé, ail, bouquet, céleri, poivre, gros sel ; 45 min 45 min

    Découvert, à frémissement.

  4. Cuisses ajoutées, 1 h 15, gras écumé toutes les 20 min 1 h 15

    La chair se détache de l'os.

  5. Carottes, navets, poireaux liés, céleri à 1 h ; 30 min 30 min

    Les racines d'abord.

  6. Chou blanchi 5 min à part, ajouté à 20 min ; pommes de terre à part 20 min 20 min

    Chacun son temps.

  7. Bouillon dégraissé, passé, goûté ; vermicelles ou pain à l'ail 5 min

    Servi brûlant, d'abord.

  8. Viande et légumes en plat ; gros sel, cornichons, moutarde, sauce aux câpres 5 min

    Le dimanche du Sud-Ouest.

Le conseil du caviste

Du canard poché, tendre et dégraissé, dans un bouillon doré, avec les légumes du pot-au-feu et une sauce aux câpres.

Château Beynat Léonard à 15 °C, le rouge léger servi frais, sur la chair pochée et le bouillon.

Domaine de Mayat Chardonnay à 11 °C, le blanc rond sans bois, pour ceux qui boivent le bouillon en blanc.

Bergerac Domaine de Mayat à 16 °C, le rouge souple, pour la version aux magrets pochés.

Le canard poché n'est plus un canard gras : deux heures dans l'eau lui ont ôté son gras et son goût de confit, et la chair qui reste, tendre et douce, se boit comme une volaille pochée, poule au pot ou poularde, avec un rouge léger et frais ou un blanc rond, jamais avec le rouge structuré qu'on servirait sur un magret ou un confit du même animal. C'est la cuisson qui a changé la bête : le canard rôti, saignant, gras, appelle un pécharmant ; le même canard poché, écumé, dégraissé, servi dans son bouillon avec des poireaux et des navets, appelle la fraîcheur, la légèreté, le fruit, ce qu'un Léonard servi à 15 °C apporte sans écraser le bouillon ni la chair douce. Le chardonnay de Mayat, rond et sans bois, est le choix de ceux qui commencent par le bol de bouillon et veulent rester en blanc ; le bergerac souple, sur la version aux magrets pochés rosés, un peu plus charnue. La règle des viandes pochées, pot-au-feu, poule au pot, blanquette : le pochage efface la force, et le vin s'allège avec elle.

À éviter : un rouge structuré et tannique, choisi pour « le canard », dur sur la chair pochée et le bouillon, et un blanc boisé.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Beynat LéonardChâteau Beynat Léonard 14,50 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Le bouillon est trouble

Pas écumé, ou bouilli à gros bouillons, ou pommes de terre dedans. Écumé 10 minutes au départ, frémissement doux, les pommes de terre à part.

Le bouillon est gras

Canard pas dégraissé, gras pas écumé. Le gras en excès ôté avant, la peau piquée, écumé à la louche toutes les 20 minutes, et le gras figé ôté le lendemain.

La chair est sèche et filandreuse

Bouilli fort, ou trop cuit. Frémissement à peine visible, 1 h 15 pour les cuisses ; sortie dès que la chair se détache.

Le bouillon est fade

Trop d'eau, pas de carcasse, sous-salé. Trois litres pour une carcasse et 4 cuisses, l'oignon brûlé, le gros sel goûté à la fin ; réduit 15 minutes découvert s'il faut.

Les légumes sont en bouillie

Mis au début. Les racines à 1 heure de cuisson des cuisses, 30 minutes ; le chou à 20 ; vérifiés à la pointe du couteau.

Le chou a envahi le goût

Pas blanchi. Cinq minutes à l'eau bouillante à part, égoutté, puis 20 minutes dans le bouillon.

Conservation & préparation anticipée

Le pot-au-feu de canard se garde 3 jours au réfrigérateur, viande et légumes dans le bouillon, et il est meilleur le lendemain, le gras figé ôté au matin ; réchauffé à frémissement 15 minutes.

Le bouillon seul se garde 4 jours et se congèle 3 mois : la meilleure base de soupe et de risotto de l'année.

Il se congèle 3 mois, viande et bouillon ensemble, sans les pommes de terre.

Les restes font un parmentier de canard, une salade tiède aux lentilles, ou des raviolis au bouillon.

Le gras ôté au départ, fondu, se garde 3 mois au réfrigérateur en bocal pour les pommes sarladaises.

Variantes

Le pot-au-feu

Notre pot-au-feu de bœuf, l'original, en quatre heures.

La poule au pot

Notre poule au pot, la cousine béarnaise, avec sa farce.

La garbure gasconne

Notre garbure gasconne, la soupe du Sud-Ouest où le canard confit rencontre le chou et les haricots.

Le confit de canard

Notre confit de canard aux pommes sarladaises, pour ce qu'on fait des cuisses qu'on ne poche pas.

Questions fréquentes

Quel canard ?

Des cuisses et des manchons de canard gras du Sud-Ouest, chez le volailler ou au marché, avec une carcasse et un cou pour le bouillon ; ou un canard de Barbarie entier de 2,5 kg découpé, plus maigre, les magrets réservés ou pochés 15 minutes à la fin. Le canard gras donne le bouillon le plus doré.

N'est-ce pas gras ?

Non, si l'on dégraisse : le gras en excès ôté au couteau, la peau des cuisses piquée, et le gras écumé à la louche pendant la cuisson. Le bouillon est doré et net, la chair tendre et maigre, plus légère qu'un pot-au-feu de bœuf. Le gras ôté sert aux pommes sarladaises.

Pourquoi l'eau froide et l'écumage ?

La carcasse mise dans l'eau froide donne son goût en chauffant lentement, et les protéines qui montent en écume grise sont ôtées avant qu'elles ne troublent le bouillon. Dix minutes d'écumage au départ, puis le gras à la louche : c'est ce qui fait un bouillon clair et doré.

Comment le servir ?

En deux temps, comme tout pot-au-feu : le bouillon d'abord, brûlant, avec des vermicelles ou sur du pain grillé à l'ail ; puis la viande et les légumes dans un grand plat, avec du gros sel, des cornichons, de la moutarde et une sauce aux câpres ou une sauce verte.

Peut-on le préparer à l'avance ?

Il le faut : cuit la veille, le gras figé ôté au matin, réchauffé à frémissement ; les pommes de terre cuites le jour. Le bouillon se congèle 3 mois et sert de base à toutes les soupes de l'hiver.

Quel vin servir avec ?

Un rouge léger servi frais à 15 °C, ou un chardonnay sans bois : le canard poché n'est plus un canard gras, et il se boit comme une volaille pochée, pas comme un magret. Un bergerac souple pour la version aux magrets pochés. Jamais un rouge tannique choisi pour le mot canard.

Dans les Landes et le Gers, le pot-au-feu se fait au canard depuis que les fermes en élèvent pour le foie gras : les cuisses et les manchons, qu'on ne confit pas tous, et la carcasse, vont dans la marmite avec les légumes du jardin. Le bouillon qui en sort est plus doré et plus doux que celui du bœuf, et la chair de canard pochée, tendre, sans le gras du confit, surprend ceux qui ne connaissent que le magret. C'est aussi le pot-au-feu le plus rapide, deux heures au lieu de quatre.

Le canard : 4 cuisses de canard, gras ou de Barbarie, 4 manchons ou 2 ailes, et une carcasse avec le cou, chez le volailler ou au marché du Sud-Ouest, ou un canard entier de 2,5 kg découpé, les magrets réservés pour un autre repas ou pochés 20 minutes à la fin, rosés. Le gras en excès ôté au couteau, la peau des cuisses piquée à la fourchette, ce qui laisse le gras s'échapper à la cuisson ; salés 1 heure avant. Le gras ôté fondu à part, pour les pommes de terre sarladaises d'un autre jour.

Le bouillon : dans une grande marmite, la carcasse, le cou, les manchons, couverts de 3 litres d'eau froide ; portés lentement à ébullition, écumés avec soin pendant 10 minutes, jusqu'à ce que plus rien ne monte ; un oignon piqué de 3 clous de girofle et coupé en deux, brûlé à sec dans une poêle sur sa face coupée, pour la couleur ; une tête d'ail en deux, un bouquet garni, thym, laurier, persil, une branche de céleri, 10 grains de poivre, une cuillère à soupe de gros sel ; 45 minutes à frémissement, découvert. Puis les cuisses ajoutées, 1 h 15 de plus, jusqu'à ce que la chair se détache de l'os ; le gras écumé en surface à la louche, toutes les 20 minutes, ce qui est le geste du plat.

Les légumes, en ordre : à 1 heure de cuisson des cuisses, 6 carottes en tronçons, 4 navets en quartiers, 4 poireaux liés en botte avec une ficelle, une branche de céleri, dans le bouillon, 30 minutes ; un demi-chou vert en quartiers, blanchi 5 minutes à part à l'eau bouillante pour ôter son âcreté, ajouté à 20 minutes ; 6 pommes de terre moyennes cuites à part dans une louche de bouillon et de l'eau, 20 minutes, pour ne pas troubler la marmite. À la fin, tout est tendre à la pointe du couteau, la viande se défait, le bouillon est doré et clair. Les magrets, si l'on en a, pochés 15 minutes dans le bouillon frémissant à la fin, rosés, tranchés.

Le service, en deux temps : le bouillon d'abord, dégraissé, goûté, salé, passé, servi brûlant dans des bols avec des vermicelles cuits dedans 3 minutes, ou sur des tranches de pain de campagne grillées et frottées d'ail, avec du gruyère râpé pour ceux qui veulent ; puis, dans un grand plat creux, la viande, cuisses, manchons, magrets, et les légumes autour, arrosés d'une louche de bouillon ; à table, du gros sel, des cornichons, de la moutarde, et une sauce aux câpres, 4 cuillères de bouillon, une d'huile, une de vinaigre, 2 cuillères de câpres, une échalote et du persil hachés, ou une sauce verte aux herbes. Le lendemain, le canard désossé et effiloché dans le bouillon fait la meilleure des soupes ; les restes font un parmentier ou une salade tiède aux lentilles. Les variantes : à la poule, la poule au pot ; à l'oie, pour Noël, plus long ; avec des haricots tarbais cuits dans le bouillon, façon garbure ; et le pot-au-feu de canard farci, le cou farci de la fermière poché avec le reste.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

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Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
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