Cocotte en fonte avec un paleron de bœuf braisé entier, brun et brillant, partiellement tranché montrant les fibres tendres et la ligne gélatineuse, sauce au vin rouge, carottes et petits oignons, assiette servie, verre de vin rouge

Plat principal

Paleron de bœuf braisé : la recette fondante aux carottes

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 4 h 40
  • Repos : 1 h de salage, 15 min de repos
  • Moyen
  • 6 personnes
  • Facile
  • Automne, hiver
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Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • UNE COCOTTE EN FONTE OVALE (L'OUTIL DU PLAT : la pièce entière dorée puis braisée couverte, quatre heures au four)
  • de la ficelle (la pièce tenue en forme, tranchée nette)
  • deux cuillères en bois (tourner la pièce sans la piquer)
  • une louche (le gras ôté avant de réduire)
  • un couteau long (les tranches épaisses à contre-fibre)
  • un plat chaud (les tranches nappées, les légumes autour)

L'astuce du chef

La nerveuse. La lame de collagène qui traverse le paleron : immangeable grillée, fondante braisée, elle lie la sauce.

Entier, pas en cubes. La pièce reste juteuse et se tranche ; les cubes sèchent et se défont.

Ficelé. La pièce garde sa forme et se tranche net ; sans ficelle, elle s'ouvre en cuisant.

Salé la veille. Le sel traverse une pièce de 1,5 kg en une nuit ; en une heure, il reste en surface.

Quinze minutes de dorage. Toutes les faces, les côtés compris, tournée à la cuillère : la croûte brune est le goût de la sauce.

Les légumes sur les sucs. Oignons et carottes grattent le fond bruni : rien n'est perdu.

Le vin réduit d'un tiers. L'alcool part, l'aigreur avec ; le fruit et la couleur restent.

Aux deux tiers. Le liquide ne couvre pas : le dessus rôtit, le dessous braise, la pièce retournée à mi-temps.

Le four à 140 degrés. La chaleur de partout, régulière, quatre heures : le collagène fond sans que la viande bouille.

La fourchette qui entre. Sans résistance, et la nerveuse translucide : le seul test.

Quinze minutes de repos. La pièce se détend, le jus se répartit, les tranches ne s'effilochent pas.

À contre-fibre, épais. Un centimètre et demi, la nerveuse au centre : chaque tranche a le fondant et la mâche.

Préparation pas à pas

  1. Paleron ficelé, salé 1 h avant ou la veille, épongé 1 h

    Entier.

  2. Doré sur toutes ses faces 15 min 15 min

    Brun partout, les côtés compris.

  3. Oignons, carottes, céleri 8 min ; ail, concentré 2 min 10 min

    Les sucs grattés.

  4. Vin rouge réduit d'un tiers ; bouillon, bouquet, girofle, poivre 12 min

    La bouteille qu'on boira.

  5. Paleron remis aux deux tiers, oignons grelots ; couvert, four à 140 °C, 4 h 4 h

    Retourné une fois.

  6. Reposé 15 min sous une feuille ; légumes réservés 15 min

    La fourchette entre sans résistance.

  7. Jus dégraissé, réduit 10 min jusqu'à napper, beurre froid 12 min

    Lié par la nerveuse.

  8. Tranché épais, nappé, carottes, oignons, persil 5 min

    Purée ou pâtes fraîches.

Le conseil du caviste

Un paleron braisé quatre heures dans une bouteille de vin rouge, tranché, avec sa sauce liée et ses carottes.

Château Beynat Castillon Côtes de Bordeaux à 17 °C, le merlot de la cocotte, servi dans le verre.

Château Les Farcies du Pech Pécharmant à 17 °C, le rouge structuré, pour la version bœuf mode au pied de veau.

Bergerac Domaine de Mayat à 16 °C, le rouge souple, pour le paleron du dimanche en famille.

On sert le vin qu'on a mis dans la marmite : une sauce faite de 75 cl d'un rouge réduit, cuit quatre heures avec la viande, porte le fruit, l'acidité et le tanin de ce vin jusque dans la dernière goutte, et le même vin dans le verre s'y emboîte sans une aspérité, là où un vin d'un autre cépage ou d'une autre région introduit une note qui ne s'accorde pas à la sauce. C'est la règle la plus ancienne des accords, et la plus sûre : le bourguignon au bourgogne, la daube au vin de Provence, le paleron au merlot de Castillon quand c'est lui qu'on a versé. Le Beynat Castillon, souple, fruité, au tanin fondu, est le vin qu'on choisit pour la cocotte parce qu'il ne devient pas amer en réduisant, et c'est lui qu'on ouvre à table, à 17 °C, pour retrouver dans le verre ce qu'on a dans la sauce ; le pécharmant, plus structuré, va sur la version bœuf mode au pied de veau, plus gélatineuse ; le bergerac souple, sur la table de famille. On ne cuisine jamais avec un vin qu'on ne boirait pas : on en boira.

À éviter : un vin de cuisine médiocre dans la cocotte, dont l'amertume réduite reste dans la sauce, et un blanc à table, sans réponse au vin rouge du plat.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Château les Farcies du Pech PécharmantChâteau les Farcies du Pech Pécharmant 14,00 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Le paleron est dur

Pas assez cuit, ou four trop chaud. Une demi-heure de plus à 140 °C ; la fourchette doit entrer sans résistance et la nerveuse être translucide. Il est dur à 2 heures et fondant à 4.

Il s'effiloche au tranchage

Tranché brûlant, sans repos, ou trop cuit. Reposé 15 minutes sous une feuille, tranché épais au couteau long.

La sauce est aigre ou amère

Vin médiocre, pas réduit. Un rouge souple qu'on boirait, réduit d'un tiers ; une pincée de sucre ou une carotte de plus.

La sauce est liquide

Pas réduite, trop de liquide. Le liquide aux deux tiers de la pièce ; réduite 10 minutes ; le beurre froid ; la nerveuse lie si la cuisson est complète.

La viande est grise et bouillie

Pas dorée, ou entièrement immergée. Quinze minutes de dorage sur toutes les faces ; le liquide aux deux tiers, la pièce retournée une fois.

C'est fade

Salé au dernier moment. Salé la veille ; le bouillon, le concentré, la sauce réduite et goûtée ; moutarde et cornichons à table.

Conservation & préparation anticipée

Le paleron braisé se garde 4 jours au réfrigérateur, entier dans sa sauce, et il est meilleur le lendemain ; le gras figé ôté, réchauffé 30 minutes au four à 150 °C couvert, tranché ensuite.

Il se congèle 3 mois, tranché dans sa sauce, en portions.

Froid, en tranches fines avec une vinaigrette aux échalotes et des cornichons, c'est le bœuf mode en gelée, la sauce prenant en gelée grâce à la nerveuse.

La sauce se garde 4 jours et nappe des pâtes ou un hachis.

Les restes effilochés font un hachis parmentier ou des ravioles.

Variantes

Le bœuf bourguignon

Notre bœuf bourguignon, le même paleron en cubes, avec lardons et champignons.

Le bœuf mode aux carottes

Notre bœuf mode aux carottes, la version au pied de veau, plus gélatineuse.

Le pot-au-feu

Notre pot-au-feu, où le paleron poche sans dorage dans un bouillon clair.

Les joues de porc confites

Nos joues de porc confites, l'autre morceau à collagène qui se coupe à la cuillère.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le paleron ?

Le muscle plat de l'épaule du bœuf, traversé d'une lame de collagène, la nerveuse, qui le rend immangeable grillé et fondant braisé. Chez le boucher, une pièce de 1,5 kg ficelée, à 3 fois moins que le rumsteck. On l'appelle aussi macreuse à braiser dans certaines régions.

Pourquoi entier et pas en cubes ?

La pièce entière reste juteuse, se tranche en belles tranches avec la nerveuse fondante au centre, et se réchauffe sans sécher ; les cubes, en bourguignon, sèchent plus vite et se défont. Entier, le paleron est un rôti braisé qu'on sert tranché, à la façon du bœuf mode.

Quel vin dans la cocotte ?

Une bouteille entière d'un rouge souple et fruité, sans bois ni tanin dur, qu'on boira à table : un merlot de Castillon, un bergerac. Réduit d'un tiers avant le bouillon, il perd son alcool et son aigreur. Jamais un vin de cuisine médiocre : son amertume reste dans la sauce.

Four ou feu ?

Le four à 140 °C couvert, 4 heures, est la méthode la plus sûre : la chaleur vient de partout et rien n'attache. Sur le feu, très doux sur un diffuseur, le liquide tremblant à peine, on surveille davantage. La cocotte-minute fait le travail en 1 h 15 mais la sauce est moins bonne.

Peut-on le préparer à l'avance ?

Il le faut : il est meilleur le lendemain, le gras figé ôté au matin, réchauffé entier 30 minutes au four couvert, puis tranché. Il se congèle 3 mois tranché dans sa sauce. Froid, en tranches fines, il fait le bœuf mode en gelée.

Quel vin servir avec ?

Le vin qu'on a mis dans la marmite : le merlot de Castillon qui a fait la sauce, servi à 17 °C, s'y emboîte sans aspérité. Un pécharmant structuré pour la version bœuf mode au pied de veau, un bergerac souple pour la famille. Jamais un blanc.

Le paleron, macreuse à braiser chez certains bouchers, est le muscle plat de l'épaule, tendre en soi mais traversé d'une lame de tissu conjonctif épais ; grillé, il est immangeable, braisé, il est l'un des meilleurs morceaux de la bête, et le moins cher des morceaux nobles à braiser, avec la joue. Il se braise entier, comme un rôti, et se sert tranché, avec sa sauce et ses légumes, ce qui le distingue du bourguignon et de la daube, en morceaux.

Le paleron : une pièce de 1,5 kg, entière, ficelée par le boucher pour garder sa forme, la nerveuse laissée au milieu ; salée et poivrée 1 heure avant, ou la veille, ce qui est mieux, et épongée. Dans une cocotte en fonte ovale, 2 cuillères d'huile et 20 g de beurre, à feu vif, la pièce dorée sur toutes ses faces, 15 minutes en tout, en la tournant avec deux cuillères, jusqu'à être brune partout, les côtés compris ; réservée sur un plat, son jus gardé.

Le fond : dans la cocotte, le gras réduit à 2 cuillères ; 2 gros oignons émincés, 6 carottes en tronçons de 4 cm, une branche de céleri, 8 minutes en grattant les sucs, jusqu'à ce que les oignons dorent ; 4 gousses d'ail écrasées, 2 cuillères de concentré de tomate, 2 minutes ; 75 cl de vin rouge, une bouteille, un rouge souple qu'on boira avec, réduit d'un tiers à feu vif, 10 minutes ; 30 cl de bouillon de bœuf ou de volaille ; un bouquet garni, thym, laurier, persil, 3 clous de girofle piqués dans un oignon, 10 grains de poivre, une pincée de sel. Le paleron remis avec son jus, le liquide montant aux deux tiers de la pièce ; 12 petits oignons grelots pelés autour, facultatifs.

Le braisage : à frémissement sur le feu, puis couvert, au four à 140 °C, 4 heures, la pièce retournée une fois à mi-cuisson, ce qui est la seule manipulation ; ou sur le feu, très doux, sur un diffuseur, le liquide tremblant à peine. Le paleron est cuit quand une fourchette y entre et en sort sans résistance, et que la nerveuse, autrefois blanche et dure, est devenue translucide et tremblante ; s'il résiste à 4 heures, une demi-heure de plus. La sauce : la pièce retirée sur une planche, couverte d'une feuille, reposée 15 minutes ; les carottes et les oignons réservés au chaud ; le jus dégraissé à la louche, le bouquet et l'oignon clouté ôtés, passé au chinois en pressant les légumes ou laissé tel quel, à la ménagère ; réduit 10 minutes à feu vif jusqu'à napper la cuillère, la gélatine de la nerveuse le liant ; goûté, salé, poivré ; 30 g de beurre froid tourné hors du feu.

Le service : le paleron déficelé, tranché en tranches épaisses de 1,5 cm, à contre-fibre, au couteau long, la nerveuse au centre de chaque tranche, fondante ; sur un plat chaud, nappé de sauce, les carottes et les oignons autour, du persil ; avec une purée, des pommes de terre vapeur, des pâtes fraîches ou un gratin dauphinois, et de la moutarde et des cornichons sur la table, à l'ancienne. Le lendemain, froid, en tranches fines avec une vinaigrette aux échalotes, c'est le bœuf mode en gelée. Les variantes : le bœuf mode vrai, avec un pied de veau dans la cocotte et des lardons, plus gélatineux ; à la bière brune, façon carbonade, avec une tranche de pain d'épices moutardée ; au vin blanc et aux tomates, façon provençale ; et le paleron en pot-au-feu, poché sans dorage dans un bouillon clair, 3 heures.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Château les Farcies du Pech PécharmantChâteau les Farcies du Pech Pécharmant 14,00 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €

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