Cocotte en fonte ovale avec un gigot d'agneau de sept heures, viande brune effondrée qui se détache de l'os, sauce sombre réduite, gousses d'ail et carottes, assiette avec de la viande sur des haricots blancs, verre de vin rouge

Plat principal

Gigot de sept heures : la recette à la cuillère

  • Préparation : 40 min
  • Cuisson : 7 h 30
  • Repos : 12 h de salage, 15 min de repos
  • Élevé
  • 8 personnes
  • Facile
  • Printemps, hiver
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Ingrédients

8 personnes

Ustensiles

  • UNE GRANDE COCOTTE EN FONTE OVALE (L'OUTIL DU PLAT : le gigot entier dedans, scellée, sept heures au four)
  • du papier d'aluminium ou 200 g de farine (le lutage, hermétique)
  • un couteau d'office (les incisions pour l'ail près de l'os)
  • deux cuillères en bois (le gigot tourné au dorage sans le piquer)
  • une louche (le gras ôté avant de réduire)
  • une cuillère de service (le seul couvert qu'il faut : la chair se prélève)

L'astuce du chef

Le four du boulanger. Après le pain, à chaleur tombante, le gigot attendait la fin de la messe : sept heures.

Le contraire du gigot rosé. L'un se tranche saignant, l'autre se prélève à la cuillère : la même pièce, deux plats.

Salé la veille. Deux kilos avec l'os : le sel a besoin d'une nuit pour atteindre le centre.

Piqué d'ail près de l'os. Les éclats fondent dans la chair en sept heures et la parfument de l'intérieur.

Doré quinze minutes. La croûte brune est le seul brunissement du plat : après, tout se fait à 120 °C.

Deux têtes d'ail. Entières, coupées en deux : en sept heures, elles deviennent une crème douce qui lie la sauce.

Le vin réduit. L'alcool parti avant la fermeture : enfermé, il ne s'évaporerait pas et aigrirait la sauce.

Le liquide au tiers. Le gigot ne bout pas, il confit dans sa vapeur ; couvert de liquide, ce serait un pot-au-feu.

Luté. Pâte ou aluminium sous le couvercle : rien ne s'échappe, la vapeur retombe, la viande ne sèche pas.

Cent vingt degrés. En dessous de l'ébullition : le collagène fond, les fibres se détendent, rien ne durcit.

Sans ouvrir. Chaque ouverture perd la vapeur et rallonge d'une demi-heure : on fait confiance.

À la cuillère. La chair se prélève, elle ne se tranche pas : le couteau reste dans le tiroir.

Préparation pas à pas

  1. Gigot piqué d'ail, salé la veille ; sorti 1 h avant 12 h

    Le sel jusqu'à l'os.

  2. Doré 15 min sur toutes ses faces à l'huile d'olive 15 min

    Brun partout.

  3. Oignons, carottes, céleri 5 min ; têtes d'ail, concentré 2 min 7 min

    Les sucs grattés.

  4. Vin blanc réduit de moitié ; bouillon, bouquet, romarin, zeste 10 min

    Le liquide au tiers.

  5. Gigot sur les légumes, lardons ; cocotte lutée ou scellée d'aluminium 5 min

    Hermétique.

  6. 7 h au four à 120 °C, sans ouvrir 7 h

    Vérifié à 6 h : la chair s'effondre.

  7. Reposé 15 min ; ail pressé, jus dégraissé, réduit 10 min, beurre froid 25 min

    Sombre et brillante.

  8. À la cuillère, avec haricots blancs, flageolets ou purée

    Le dimanche de Pâques, le soir.

Le conseil du caviste

Un gigot confit sept heures, effondré, à l'ail fondu, dans une sauce sombre, servi à la cuillère avec des haricots blancs.

Château Les Farcies du Pech Pécharmant à 17 °C, le rouge mûr et structuré, celui du gigot confit.

Château Beynat Castillon Côtes de Bordeaux à 17 °C, le merlot mûr et fondu, pour l'ail confit et les haricots.

Bergerac Domaine de Mayat à 16 °C, le rouge souple, pour la version à l'épaule.

Sept heures effacent le goût de laine : le gigot rosé garde le goût sauvage et un peu animal de l'agneau, celui qu'un rouge jeune, vif et tannique vient trancher, mais sept heures de confit l'ont fondu en une chair douce, sucrée par l'ail et les oignons, profonde comme une daube, et c'est un rouge mûr, rond, évolué qu'il faut, pas le rouge jeune du gigot de Pâques rosé. La même pièce change de vin avec sa cuisson : au gigot rosé, un rouge jeune au tanin ferme, qui répond au sang et à la laine ; au gigot de sept heures, un rouge à maturité, dont le tanin fondu et le fruit cuit s'accordent à la chair confite, à l'ail devenu crème et à la sauce sombre. Le pécharmant des Farcies du Pech, avec quelques années, servi à 17 °C, est le vin de ce plat ; le merlot de Castillon, mûr et fondu, va sur les haricots et l'ail ; le bergerac souple, sur l'épaule, plus grasse. La règle des viandes confites longuement, gigot de sept heures, daube, épaule confite : le vin a l'âge de la cuisson, il est mûr.

À éviter : un rouge jeune, vif et tannique, celui du gigot rosé, dur sur la chair confite, et un blanc, sans réponse à la sauce sombre.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château les Farcies du Pech PécharmantChâteau les Farcies du Pech Pécharmant 14,00 €
Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

La viande est sèche

Cocotte mal fermée, four trop chaud. Lutée ou scellée d'une double feuille d'aluminium ; 120 °C, jamais plus ; le liquide au tiers.

Elle ne se détache pas de l'os à 7 heures

Four qui chauffe moins que le thermostat, ou gigot très gros. Une heure de plus, refermée ; le test est la fourchette, pas l'horloge.

La sauce est liquide

Trop de liquide au départ, pas réduite. Au tiers de la pièce ; réduite 10 minutes à feu vif après le dégraissage, l'ail pressé dedans, le beurre froid.

La sauce est grasse

Gras du gigot pas ôté, pas dégraissée. Le gras en excès ôté avant, le jus dégraissé à la louche, ou la veille, figé.

C'est fade

Salé au dernier moment, ail timide. Salé la veille, 15 g ; deux têtes d'ail et six gousses piquées ; le romarin ; la sauce goûtée.

Le gigot ne rentre pas dans la cocotte

Manche pas raccourci. Le boucher scie le manche ; ou une épaule, plus petite, 5 heures.

Conservation & préparation anticipée

Le gigot de sept heures se garde 4 jours au réfrigérateur, désossé dans sa sauce, et il est meilleur le lendemain ; réchauffé 30 minutes au four à 150 °C couvert, ou à feu très doux.

Il se congèle 3 mois, en morceaux dans sa sauce.

La sauce et l'ail confit se gardent 4 jours et nappent des pâtes ou une purée.

Les restes effilochés font un parmentier d'agneau, des ravioles ou une tourte.

L'os fait un bouillon d'agneau pour une soupe de haricots.

Variantes

Le gigot pascal aux herbes

Notre gigot pascal aux herbes, le même gigot rôti rosé en 45 minutes : l'autre Pâques.

L'épaule de sept heures

Notre épaule d'agneau de sept heures, plus grasse, plus fondante, plus petite.

Le gigot aux flageolets

Notre gigot d'agneau aux flageolets, pour l'accompagnement classique, sous le gigot confit.

Gigot brayaude

Quarante centilitres de vin rouge à la place du blanc, 800 g de pommes de terre dans la cocotte les deux dernières heures : la version d'Auvergne, plus sombre.

Questions fréquentes

Faut-il vraiment sept heures ?

Six à sept heures à 120 °C, oui : c'est le temps pour que le collagène d'un gigot de 2 kg fonde entièrement et que la chair s'effondre. À 5 heures, elle est tendre mais se tranche encore ; à 7, elle se prélève à la cuillère, ce qui est le plat. Une épaule demande 5 heures.

Comment luter la cocotte ?

La tradition : un cordon de pâte, 200 g de farine et 12 cl d'eau pétris en boudin, posé sur le bord de la cocotte et écrasé sous le couvercle ; il durcit au four et scelle tout, on le casse à table. Le plus simple : une double feuille d'aluminium tendue sur la cocotte, le couvercle pressé dessus. L'important est l'étanchéité.

Vin blanc ou vin rouge ?

Le vin blanc donne la version du Périgord et de la Provence, la sauce blonde-brune, l'ail confit ; le vin rouge, la version d'Auvergne, le gigot brayaude, plus sombre, avec des pommes de terre. Les deux se font ; le blanc laisse mieux parler l'ail et le romarin.

Quel accompagnement ?

Des haricots blancs, tarbais ou lingots, cuits à part et mêlés à une louche de sauce, sont l'accompagnement du Sud-Ouest ; des flageolets, une purée, un gratin dauphinois vont aussi bien. La chair se prélève à la cuillère et se pose sur le légume, nappée.

Peut-on le préparer à l'avance ?

Il le faut : cuit la veille, désossé dans sa sauce, le gras figé ôté au matin, réchauffé 30 minutes au four couvert. Il se congèle 3 mois. Ou mis au four le matin à 9 heures pour un dîner à 20 heures, ce qui est son usage.

Quel vin servir avec ?

Un rouge mûr et structuré, pécharmant, à 17 °C : sept heures effacent le goût de laine de l'agneau, et le gigot confit veut un rouge à maturité, pas le rouge jeune et tannique du gigot rosé. Un merlot fondu pour l'ail et les haricots, un bergerac souple pour l'épaule. Jamais un blanc.

Le gigot de sept heures, gigot à la cuillère ou gigot brayaude en Auvergne, est le contraire du gigot rosé du dimanche : là où l'un se rôtit 45 minutes et se tranche saignant, l'autre se confit une journée et se sert à la cuillère. La légende dit qu'on le mettait au four du boulanger après le pain, à chaleur tombante, et qu'on le reprenait après la messe ; le principe, la cuisson longue à basse température dans un récipient clos, est celui des daubes et des potées, appliqué à la plus belle pièce de l'agneau.

Le gigot : un gigot d'agneau de 2 kg avec son os, raccourci du manche par le boucher pour entrer dans la cocotte, la couenne laissée, le gras en excès ôté ; piqué de 6 gousses d'ail en éclats glissés dans des incisions près de l'os ; salé et poivré la veille, 15 g de sel, filmé au réfrigérateur, sorti 1 heure avant. Dans une cocotte en fonte ovale, la plus grande, 3 cuillères d'huile d'olive, le gigot doré sur toutes ses faces à feu vif, 15 minutes, tourné à la cuillère, jusqu'à être brun partout ; réservé sur un plat.

La garniture : dans la cocotte, 3 oignons en quartiers, 4 carottes en tronçons, une branche de céleri, 5 minutes en grattant les sucs ; 2 têtes d'ail entières coupées en deux dans la largeur, une cuillère de concentré de tomate, 2 minutes ; 40 cl de vin blanc sec, réduit de moitié, 8 minutes, l'alcool parti ; 30 cl de bouillon de volaille ou d'eau ; un bouquet garni, thym, laurier, romarin, une lanière de zeste d'orange séché, facultative, un peu de poivre. Le gigot posé sur les légumes, le liquide montant au tiers de la pièce, pas plus ; 100 g de lardons fumés ou une couenne de porc autour, facultatifs, qui lient la sauce.

Le lutage et les sept heures : la cocotte scellée : le plus simple, une double feuille de papier d'aluminium tendue sur la cocotte, le couvercle posé dessus et pressé ; la tradition, un cordon de pâte, 200 g de farine et 12 cl d'eau pétris en boudin, posé sur le bord et écrasé sous le couvercle, qui durcit au four et ferme tout. Au four à 120 °C, 7 heures, sans ouvrir, sans arroser, sans retourner ; à 6 heures, on peut vérifier en glissant une fourchette : la chair doit se détacher de l'os sans résistance et s'effondrer. La pâte cassée à table, si l'on a luté, pour le parfum qui s'échappe. Le gigot reposé 15 minutes dans la cocotte ouverte.

La sauce et le service : le gigot retiré sur un plat chaud, couvert ; les têtes d'ail retirées, leur pulpe pressée dans la sauce ; le bouquet ôté ; le jus dégraissé à la louche, réduit 10 minutes à feu vif avec les légumes, ou passé, jusqu'à napper ; goûté, salé, poivré, 20 g de beurre froid. Le gigot servi à la cuillère, dans la cocotte ou sur le plat, la chair prélevée en gros morceaux qui se défont, nappée de sauce, avec les carottes et l'ail confit ; avec des haricots blancs, tarbais ou lingots, cuits à part et mêlés à une louche de sauce, ou des flageolets, ou une purée, ou un gratin dauphinois. Les variantes : au vin rouge, façon Auvergne, plus sombre, avec des pommes de terre dans la cocotte les 2 dernières heures, le gigot brayaude ; aux anchois, 6 filets piqués avec l'ail, qui fondent et salent la sauce, à la provençale ; l'épaule de sept heures, plus grasse et plus fondante encore, 5 heures suffisant ; et le gigot de sept heures au four du boulanger, à chaleur tombante, pour ceux qui en ont un.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château les Farcies du Pech PécharmantChâteau les Farcies du Pech Pécharmant 14,00 €
Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €

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