Plat en fonte de joues de porc confites, viande fondante nappée d'une sauce brune réduite et brillante, rondelles de carotte et thym, assiette avec deux joues sur une purée lisse, verre de vin rouge

Plat principal

Joues de porc confites : la recette fondante en cocotte

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 3 h 30
  • Repos : 1 h de salage, 12 h de marinade facultative
  • Bon marché
  • 4 personnes
  • Facile
  • Automne, hiver
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • UNE COCOTTE EN FONTE ET UN DIFFUSEUR (L'OUTIL DU PLAT : trois heures à frémissement à peine visible, ou le four à 140 °C)
  • un couteau d'office (la membrane argentée parée)
  • une louche (le gras ôté en surface)
  • un chinois (la sauce passée, facultatif)
  • un presse-purée (la purée lisse dessous)
  • des assiettes creuses chaudes (trois joues, la sauce, les carottes)

L'astuce du chef

Le muscle qui travaille. Mâché toute une vie, riche en collagène : dur cru, fondant après trois heures.

Trois fois moins cher. La joue vaut le tiers de l'échine et se commande au boucher : le meilleur rapport du porc.

Parée, pas dégraissée. La membrane argentée ne fond jamais, on l'ôte ; le gras fond et nourrit la sauce.

Salée une heure avant. Le sel entre dans le muscle dense ; ajouté à la fin, il reste en surface.

La marinade au vin. Une nuit : elle attendrit, colore et parfume ; facultative, mais on la regrette rarement.

Dorée fort. Trois minutes par face, brune : les sucs de la croûte font la couleur et le goût de la sauce.

La farine sur les légumes. Une cuillère : elle lie la sauce dès le départ, la gélatine fera le reste.

Le vin réduit de moitié. L'alcool et l'aigreur partent, le fruit reste.

La badiane. Une étoile : l'anis discret qui aime le porc et le vin rouge.

Feu très doux, trois heures. Le liquide tremble à peine ; à gros bouillons, le collagène se contracte et la joue reste dure.

À la cuillère. Le test : la joue se coupe sans couteau et tremble ; avant, on attend.

Dégraissée, réduite, glacée. Le gras ôté, la sauce réduite jusqu'à napper, les joues roulées dedans : elles brillent.

Préparation pas à pas

  1. Joues parées, salées 1 h ; marinade au vin rouge la veille, facultative 1 h

    Épongées.

  2. Dorées en deux fois, 3 min par face, bien brunes 12 min

    Sans entasser.

  3. Oignons, carottes, céleri 5 min ; ail, concentré, farine 2 min 7 min

    Les sucs grattés.

  4. Vin rouge réduit de moitié 8 min ; bouillon, bouquet, girofle, badiane 10 min

    Le fond.

  5. Joues remises, couvert, feu très doux ou four à 140 °C, 2 h 30 à 3 h 3 h

    À la cuillère, tremblantes.

  6. Joues et carottes retirées ; sauce dégraissée, réduite 10 min 12 min

    Brillante, nappante.

  7. Vinaigre ou miel, beurre froid ; joues glacées 5 min 5 min

    Sombre et brillante.

  8. Sur la purée, les carottes, persil

    Meilleur le lendemain.

Le conseil du caviste

Des joues de porc confites trois heures, gélatineuses, dans une sauce sombre au vin rouge, sur une purée.

Château Les Farcies du Pech Pécharmant à 17 °C, le rouge structuré, dont le tanin est gainé par la gélatine.

Château Beynat Castillon Côtes de Bordeaux à 16 °C, le merlot fondu, pour la sauce et la purée.

Bergerac Domaine de Mayat à 16 °C, le rouge souple, pour la version au vin blanc et à la moutarde.

Le collagène fondu gaine le tanin : trois heures de cuisson ont transformé le collagène de la joue en gélatine, une matière qui tapisse la bouche et enveloppe le tanin d'un rouge comme le ferait une gaine, si bien qu'un morceau gélatineux, joue, jarret, pied, supporte un rouge plus tannique et plus jeune que le même porc en côte ou en rôti, dont la chair sèche laisserait le tanin à nu. C'est le contraire du filet mignon, sur lequel un rouge structuré paraît dur : la joue confite, qui colle aux lèvres, est la meilleure amie du tanin, elle l'arrondit à chaque bouchée, et la sauce au vin rouge réduit, sombre et brillante, achève de le fondre. Le pécharmant, structuré, servi à 17 °C, trouve ici son plat, et l'on peut le prendre jeune ; le merlot de Castillon, plus fondu, va sur la purée et la sauce ; le bergerac souple, sur la version au vin blanc. La règle des morceaux gélatineux, joues, jarrets, queue de bœuf, pieds : plus ça colle aux lèvres, plus le rouge peut être ferme.

À éviter : un rouge léger et fluet, effacé par la gélatine et la sauce, et un blanc, sans réponse au vin rouge de la cocotte.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château les Farcies du Pech PécharmantChâteau les Farcies du Pech Pécharmant 14,00 €
Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Les joues sont dures

Pas assez cuites, ou cuites à gros bouillons. Trente minutes de plus, à frémissement à peine visible ; la cuillère doit les couper. Elles sont dures à 2 heures et fondantes à 3.

Elles se sont défaites

Trop cuites, ou remuées. Vérifiées à 2 h 30, sorties dès qu'elles tremblent ; jamais remuées à la cuillère.

La sauce est grasse

Pas dégraissée. À la louche avant de réduire, ou la veille, le gras figé ôté au matin.

La sauce est liquide

Pas réduite, trop de liquide au départ. À peine couvertes ; réduite 10 minutes à feu vif jusqu'à napper ; le beurre froid.

Il reste une peau dure sur la joue

Membrane argentée pas parée. Ôtée au couteau d'office avant la cuisson ; elle ne fond jamais.

C'est amer

Vin pas réduit, trop de girofle ou de badiane. Vin réduit de moitié, 2 clous, une étoile ; une cuillère de miel.

Conservation & préparation anticipée

Les joues confites se gardent 4 jours au réfrigérateur dans leur sauce, et elles sont meilleures le lendemain, le gras figé ôté au matin ; réchauffées 20 minutes à feu très doux couvert, ou au four à 150 °C.

Elles se congèlent 3 mois dans leur sauce ; décongelées une nuit au réfrigérateur.

Les joues crues se gardent 2 jours au réfrigérateur, ou marinées 24 heures ; elles se congèlent 6 mois.

La sauce seule se garde 4 jours et se congèle : elle nappe des pâtes ou une viande grillée.

Les restes effilochés dans leur sauce font une tourte ou un parmentier.

Variantes

La joue de bœuf braisée

Notre joue de bœuf braisée au vin rouge, la grande sœur, en 4 heures.

Le paleron braisé

Notre paleron de bœuf braisé, l'autre morceau à collagène, en pièce entière.

La purée de Robuchon

Notre purée de pommes de terre Robuchon, celle qu'il faut sous les joues.

Au vin blanc et à la moutarde

50 cl de vin blanc sec à la place du rouge, une cuillère de moutarde dans le fond, 2 h 30 : les joues blondes, plus légères, pour le printemps.

Questions fréquentes

Où trouver des joues de porc ?

Chez le boucher ou le charcutier, souvent sur commande la veille, et parfois au rayon boucherie des grandes surfaces ; 80 à 100 g la pièce, 3 par personne. Elles coûtent le tiers de l'échine. On demande des joues parées, la membrane ôtée ; sinon on la pare soi-même au couteau d'office.

Pourquoi trois heures ?

Parce que la joue est un muscle très travaillé, riche en collagène, qui ne fond qu'à basse température et longtemps : dure à 1 heure, encore ferme à 2, elle devient fondante entre 2 h 30 et 3 heures. À gros bouillons, le collagène se contracte et elle reste dure quoi qu'on fasse.

Au four ou sur le feu ?

Les deux : sur le feu, très doux, sur un diffuseur, le liquide tremblant à peine ; au four à 140 °C couvert, la méthode la plus sûre, la chaleur venant de partout. À la cocotte-minute, 50 minutes, mais la sauce est moins bonne.

Faut-il mariner ?

Ce n'est pas obligatoire, mais une nuit dans le vin rouge avec les légumes attendrit la joue, la colore et donne une sauce plus profonde. Sans marinade, on ajoute simplement le vin au fond après le dorage ; le résultat reste très bon.

Peut-on les préparer à l'avance ?

Il le faut : elles sont meilleures le lendemain, le gras figé ôté au matin, réchauffées 20 minutes à feu très doux ou au four. Elles se congèlent 3 mois dans leur sauce. La purée se fait au moment.

Quel vin servir avec ?

Un rouge structuré, pécharmant ou merlot de Castillon, à 16 ou 17 °C : le collagène fondu gaine le tanin, et la joue gélatineuse supporte un rouge plus ferme et plus jeune qu'un rôti de porc. Un bergerac souple pour la version au vin blanc. Jamais un rouge fluet ni un blanc.

La joue, joue de porc ou bajoue maigre, est un muscle que l'animal travaille toute sa vie, d'où sa richesse en collagène et sa fermeté crue ; on la trouve chez le boucher et le charcutier, souvent sur commande, à 80 g la pièce, et elle vaut trois fois moins que l'échine. Elle se cuisine comme la joue de bœuf, en plus petit et plus vite, et elle a un goût plus doux et plus fin que le porc courant, presque de veau.

Les joues et leur préparation : 12 joues de porc, 1,2 kg, 3 par personne ; parées au couteau, la fine membrane argentée et les parties nerveuses ôtées, le gras laissé ; salées et poivrées 1 heure avant, épongées. Facultatif mais recommandé, marinées la veille dans 50 cl de vin rouge avec les légumes ci-dessous, ce qui les attendrit et colore ; égouttées et épongées avant de dorer, la marinade gardée.

Le dorage et le fond : dans une cocotte en fonte, 2 cuillères d'huile et 20 g de beurre, à feu vif, les joues dorées en deux fois, 3 minutes par face, sans les entasser, jusqu'à être bien brunes ; réservées. Dans le même gras, 2 oignons émincés, 3 carottes en rondelles épaisses, une branche de céleri, 5 minutes en grattant les sucs ; 3 gousses d'ail écrasées, une cuillère de concentré de tomate, une cuillère à soupe de farine, 2 minutes ; 50 cl de vin rouge, celui de la marinade ou un rouge souple, réduit de moitié à feu vif, 8 minutes ; 30 cl de bouillon de volaille ou de veau ; un bouquet garni, thym, laurier, 2 clous de girofle, une étoile de badiane facultative, qui fait merveille avec le porc ; sel léger, poivre.

Le confit : les joues remises dans la cocotte avec leur jus, à peine couvertes de liquide ; à frémissement, puis couvert, à feu très doux sur un diffuseur, le liquide tremblant à peine, 2 h 30 à 3 heures ; ou au four à 140 °C, couvert, 3 heures, la méthode la plus sûre. On ne remue pas, on vérifie à 2 heures : la joue est cuite quand la pointe d'un couteau y entre sans résistance et qu'elle se coupe à la cuillère, tremblante, sans se défaire. La sauce : les joues et les carottes retirées au chaud, le bouquet et les épices ôtés, le jus dégraissé à la louche, passé ou non, réduit 10 minutes à feu vif jusqu'à napper la cuillère, brillante, sombre, liée par la gélatine des joues ; goûtée, salée, poivrée, un trait de vinaigre balsamique ou une cuillère de miel pour ceux qui aiment ; 20 g de beurre froid tourné hors du feu ; les joues remises 5 minutes pour les glacer.

Le service : sur une purée de pommes de terre lisse, ou de céleri, ou de panais, 3 joues par personne, nappées, les carottes de la cocotte, du persil ; ou avec des pâtes fraîches, une polenta crémeuse, un gratin. Un plat qui gagne à être fait la veille, le gras figé ôté au matin, réchauffé doucement. Les variantes : au vin blanc et à la moutarde, plus légères, 2 h 30 ; à la bière brune et au pain d'épices, façon carbonade ; aux pruneaux et au porto, sucrées-salées ; et les joues en croûte, effilochées dans leur sauce sous un feuilletage, en tourte du lendemain.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château les Farcies du Pech PécharmantChâteau les Farcies du Pech Pécharmant 14,00 €
Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €

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