Poulet au curry dans une cocotte émaillée, cuisses dorées dans une sauce dorée nappante, coriandre, citron vert et riz à côté

Plat

Poulet au curry : les épices se font frire dans le gras avant tout liquide, sinon elles restent crues

Les arômes du curry sont solubles dans le gras, pas dans l'eau. Jetée dans un liquide, la poudre garde un goût de poussière et d'amertume. Une minute dans l'huile chaude avant de mouiller, et c'est un autre plat.

  • Préparation : 20 min
  • Cuisson : 45 min
  • Repos : 10 min
  • Faible
  • 4 à 6 personnes
  • Facile
  • Toute l'année

Ingrédients

4 à 6 personnes

Ustensiles

  • cocotte ou sauteuse large (les morceaux doivent tenir en une seule couche)
  • râpe fine (pour le gingembre)
  • cuillère en bois
  • votre nez (c'est lui qui dit quand les épices sont prêtes)

L'astuce du chef

Les arômes des épices sont solubles dans le gras. C'est le fait central, et il explique presque tout. La curcumine, la pipérine du poivre, les huiles essentielles de la coriandre et du cumin passent très mal dans l'eau et très bien dans l'huile. Une poudre versée dans un bouillon reste en suspension : elle teinte le plat en jaune, apporte de l'amertume, et le goût reste en surface. Friée dans le gras, elle le charge de ses arômes, et ce gras se distribue ensuite dans toute la sauce et enrobe chaque morceau.

Soixante à quatre-vingt-dix secondes, pas plus. La fenêtre est courte : trop peu et rien ne se passe, trop et les épices brûlent, ce qui donne une amertume âcre impossible à rattraper. Le repère est le nez, pas la montre : dès que l'odeur devient chaude et parfumée, on verse les tomates, qui arrêtent net la cuisson des épices.

Les oignons doivent être vraiment fondus. Douze minutes, pas quatre. En se défaisant, ils libèrent leurs sucres et leurs pectines, qui donnent à la sauce son épaisseur et sa douceur. Il n'y a ni farine ni crème dans un curry, et il n'en faut pas.

Le lait de coco tranche s'il bout. C'est une émulsion de gras dans l'eau, stabilisée par des protéines. Un gros bouillon les dénature, l'émulsion se rompt et l'huile se sépare en flaques grasses. On le fait donc frémir, jamais bouillir, et on l'ajoute en dernier plutôt qu'au départ. Un peu d'huile qui remonte en fin de cuisson est normal et même bon signe : c'est celle des épices.

Le garam masala est un mélange de finition. Contrairement au curry de base, il contient des épices très volatiles (cannelle, clou de girofle, cardamome) qui s'évaporent en cuisant. Il entre dans les deux dernières minutes, ou hors du feu.

Des cuisses, pas des blancs. Quarante minutes de mijotage détruisent un blanc de poulet, qui est cuit à 72 °C. Une cuisse contient du collagène et du gras : elle profite du temps long au lieu de le subir, et l'os apporte de la gélatine à la sauce.

L'acide arrive à la fin. Le jus de citron vert versé hors du feu garde son parfum. Cuit vingt minutes, il ne reste qu'une acidité plate.

Et le sucre ? Une demi-cuillère, si la sauce vous paraît dure. Elle n'aura pas un goût sucré : elle arrondira l'acidité des tomates.

Préparation pas à pas

  1. Dorer le poulet, puis le réserver 10 min

    Huile chaude, morceaux peau vers le bas, sans les serrer. Dorez sur les deux faces et réservez. Le poulet finira de cuire dans la sauce.

  2. Fondre les oignons, vraiment 12 min

    Dans le même gras, 12 minutes à feu moyen jusqu'à ce qu'ils soient blonds et complètement fondus. Écourtés, ils laisseront des morceaux durs dans la sauce.

  3. Ail et gingembre, 1 minute 1 min

    Ils brûlent vite : une minute suffit, en remuant sans arrêt.

  4. FRIRE les épices, l'étape décisive 90 s

    Versez le curry en poudre directement dans le gras, avec le piment, et remuez 60 à 90 secondes sans jamais vous arrêter. L'odeur passe de la poussière à quelque chose de chaud et de rond. Dès que ça sent, on mouille.

  5. Les tomates d'abord 8 min

    Tomates concassées, sel, et laissez réduire 8 minutes jusqu'à ce que le mélange épaississe et que l'huile commence à se séparer sur les bords. C'est le signe que la base est prise.

  6. Le poulet, puis le lait de coco 25 min

    Remettez les morceaux et leur jus, versez le lait de coco, et laissez frémir 25 minutes à découvert. La surface doit à peine trembler : à gros bouillons, le lait de coco tranche.

  7. Garam masala et citron vert, hors du feu 2 min

    Le garam masala en toute fin, puis le jus de citron vert hors du feu. Leurs arômes sont volatils : cuits, ils disparaissent.

  8. Reposer 10 minutes 10 min

    Couvercle posé, hors du feu. Les épices se fondent et la sauce épaissit. Coriandre ciselée au moment de servir.

Le conseil du caviste

Un curry pose deux problèmes au vin, et ils vont dans le même sens.

Le piment et les tanins s'additionnent. La capsaïcine et les tanins agissent tous deux sur les mêmes récepteurs de la bouche : ensemble, ils donnent une sensation d'âpreté et de brûlure qui éteint le plat et le vin. Un rouge structuré est ici le pire choix, et c'est pourtant le réflexe de beaucoup de monde.

Le lait de coco demande de la rondeur. Un blanc très tendu paraît maigre à côté d'une sauce grasse et douce.

Mon premier choix : le rosé de repas. Le Bordeaux Château Tour de Biot Rosé, servi à 10 °C, a la matière qu'il faut pour le poulet et la fraîcheur qu'il faut pour les épices, sans un gramme de tanin. C'est le vin qui traverse le mieux un curry, du premier au dernier morceau.

En blanc, le Domaine de Mayat Chardonnay pour sa rondeur, qui répond au lait de coco au lieu de se battre avec.

Et si votre curry est doux et généreux en lait de coco, le Château de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux à 8 °C devient l'accord le plus juste : le sucre du vin éteint le piquant, littéralement. C'est aussi la solution quand la table ne s'entend pas sur le niveau d'épices.

Un détail qui compte : servez frais. Un vin à 18 °C sur un plat épicé et chaud paraît lourd et alcooleux dès la deuxième bouchée.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Bordeaux Château Tour de Biot RoséBordeaux Château Tour de Biot Rosé 6,50 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Le curry a un goût de poussière et d'amertume

Les épices ont été versées dans le liquide au lieu d'être frites dans le gras. 60 à 90 secondes dans l'huile chaude avant tout mouillement.

C'est franchement âcre

Les épices ont brûlé. On mouille dès que l'odeur devient parfumée, et les tomates arrêtent net la cuisson.

La sauce est granuleuse avec des flaques d'huile

Le lait de coco a bouilli et l'émulsion s'est rompue. Il doit seulement frémir, et il s'ajoute en fin de cuisson.

La sauce est trop liquide

Les oignons n'étaient pas assez fondus, ou la réduction des tomates a été écourtée. Poursuivez à découvert, sans couvrir.

Le poulet est sec

C'étaient des blancs. Il faut des hauts de cuisse avec l'os, qui supportent 40 minutes de mijotage.

Le plat manque de relief

Il manque l'acide et le garam masala de finition. Jus de citron vert hors du feu, garam masala dans les deux dernières minutes.

Conservation & préparation anticipée

Le curry est nettement meilleur le lendemain. Les épices continuent de diffuser dans le gras et la sauce s'épaissit. C'est un des rares plats qu'on gagne à cuisiner la veille.

Il se garde 3 jours au réfrigérateur, dans un contenant fermé.

Pour réchauffer, feu doux et à couvert, 10 minutes, avec deux cuillères d'eau si la sauce a trop pris. Ne le laissez pas bouillir : le lait de coco trancherait à ce moment-là aussi.

Il se congèle 3 mois sans dommage. Décongélation lente au réfrigérateur, puis réchauffage très doux. La sauce peut paraître granuleuse à la sortie : elle se relisse en chauffant doucement et en remuant.

La coriandre et le citron vert se remettent à chaque service, jamais avant stockage : ils perdent tout en une nuit.

Variantes

Sans lait de coco

Remplacez-le par du yaourt nature, incorporé hors du feu et cuillère par cuillère, sinon il tranche encore plus facilement. Plus léger, plus acidulé.

Curry de légumes

Chou-fleur, patate douce et pois chiches, en échelonnant les cuissons. La méthode des épices frites ne change pas d'un iota.

Version thaïe

Pâte de curry rouge friée dans la partie épaisse du lait de coco au lieu d'huile. Voir notre curry rouge thaï.

Version japonaise

Plus douce, plus épaisse, liée au roux. Voir notre curry japonais.

Questions fréquentes

Pourquoi mon curry a-t-il un goût de poudre ?

Parce que les épices n'ont pas été frites dans le gras. Leurs arômes sont solubles dans les corps gras et très peu dans l'eau : versées dans un liquide, elles colorent et donnent de l'amertume sans parfumer.

Combien de temps faire frire les épices ?

60 à 90 secondes dans l'huile chaude, en remuant sans arrêt. Le repère est l'odeur : dès qu'elle devient chaude et parfumée, on verse les tomates, qui arrêtent net la cuisson.

Pourquoi mon lait de coco a-t-il tranché ?

Il a bouilli. C'est une émulsion stabilisée par des protéines : un gros bouillon les dénature et l'huile se sépare. Il doit seulement frémir, et s'ajouter en fin de cuisson.

Blancs ou cuisses de poulet ?

Des hauts de cuisse, avec l'os. Un blanc est cuit à 72 °C et ne survit pas à 40 minutes de mijotage, alors qu'une cuisse profite du temps long et donne de la gélatine à la sauce.

Quand ajouter le garam masala ?

Dans les deux dernières minutes, ou hors du feu. C'est un mélange de finition dont les épices, cannelle, girofle et cardamome, sont très volatiles et s'évaporent à la cuisson.

Quel vin servir avec un poulet au curry ?

Un rosé avec de la matière servi à 10 °C, ou un blanc rond. Évitez les rouges tanniques : le piment et les tanins s'additionnent et donnent une sensation de brûlure. Sur un curry doux et généreux en lait de coco, un moelleux devient même l'accord le plus juste.

Il y a un goût que tout le monde connaît sans savoir le nommer : celui du curry maison plat et poussiéreux, légèrement amer, qui ne ressemble jamais à ce qu'on mange au restaurant. La cause est presque toujours la même, et elle tient à une minute de cuisson.

Les composés aromatiques des épices (curcumine, pipérine, huiles essentielles de coriandre et de cumin) sont solubles dans les corps gras, très peu dans l'eau. Versée directement dans un bouillon ou du lait de coco, la poudre reste en suspension : elle colore et donne de l'amertume, mais elle ne parfume rien. Friée 60 à 90 secondes dans l'huile chaude avec les oignons, avant tout liquide, elle libère ses arômes dans le gras, qui les distribue ensuite dans toute la sauce. C'est l'opération que les cuisines indiennes pratiquent systématiquement, et c'est le seul geste qui sépare les deux résultats.

Le repère est olfactif : l'odeur passe de la poussière à quelque chose de chaud et de rond. Dès que ça sent, on mouille, sinon ça brûle et l'amertume revient par l'autre bout.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Bordeaux Château Tour de Biot RoséBordeaux Château Tour de Biot Rosé 6,50 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €

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