Le Bombay Cocktail n'a rien d'indien : c'est un classique américain des années 1930, bâti sur du cognac, les deux vermouths, un peu de liqueur d'orange et une goutte d'anis. Il n'a jamais été très célèbre et il mérite mieux.
Sa difficulté tient entièrement au dosage de l'anis. La recette dit une goutte, parfois deux traits, et ce n'est pas de la préciosité. L'aniséthol, la molécule de l'anis, est perçu par le nez humain à des concentrations extrêmement faibles. Une goutte suffit à signer un verre de neuf centilitres ; un demi-centilitre en fait un pastis au cognac.
Le reste est un exercice d'équilibre classique. Les deux vermouths font le lien entre le fruit sec du cognac et l'écorce de la liqueur d'orange, et l'anis pose une note de fond qui donne au verre une longueur inattendue.
Se remue, jamais ne se secoue : cinq liquides limpides.







