Le julep se reconnaît à sa buée blanche, ce givre épais qui monte sur les parois du verre. Ce n'est pas un effet de style : la couche de glace isole le contenu et le maintient froid bien plus longtemps qu'un verre simplement embué. Encore faut-il qu'elle se forme, et deux conditions le décident.
La première est la glace : il faut de la vraie glace pilée, presque de la neige, dont la surface d'échange est immense. Des glaçons cassés grossièrement ne descendront jamais assez bas en température. La seconde est de ne jamais toucher le verre à mains nues : on le tient par le pied ou par le bas, sinon la chaleur des doigts fait fondre le givre là où on l'a saisi. Avec du crémant à la place du bourbon, on obtient un julep de fête, plus léger et parfaitement estival.







