Un collins n'est pas une recette, c'est une famille. Alcool, jus de citron, sirop de sucre, eau gazeuse, servi dans un verre étroit et haut sur beaucoup de glace : la formule est fixe, seul l'alcool change, et le prénom suit. Tom au gin old tom, John au gin hollandais, Mike au whiskey irlandais, Pierre au cognac, Juan à la tequila, et Jack au calvados ou à l'applejack américain.
L'applejack est l'eau-de-vie de pomme des États-Unis, plus rustique et souvent coupée d'alcool neutre. Chez nous, le calvados fait le même travail en mieux : même fruit, mais un élevage sous bois qui donne un verre plus long.
Une précision utile, parce qu'on la lit rarement : la différence entre un collins et un fizz n'est pas dans les ingrédients mais dans le verre et la glace. Le fizz se secoue, se sert dans un petit verre sans glace et se boit vite ; le collins se monte dans le verre, sur beaucoup de glace, et se boit lentement.
Prenez un calvados jeune. Un XO de vingt ans dans un verre allongé à l'eau gazeuse est un gaspillage, et le bois y devient même envahissant.







