C'est le malentendu le plus répandu du vocabulaire des cocktails. Quand une recette s'appelle Perfect Martini, Perfect Manhattan ou Perfect Rob Roy, le mot « perfect » ne signifie pas que la version est meilleure que les autres. C'est un terme technique qui désigne une seule chose : la dose de vermouth est partagée en deux, moitié vermouth sec, moitié vermouth rouge.
L'intérêt n'est pas théorique. Le vermouth sec apporte la tension, le salin et les herbes ; le vermouth rouge apporte le fruit confit, la vanille et une amertume plus douce. Un Martini sec est une ligne droite, un Martini au rouge est rond ; le perfect fait les deux à la fois, avec une largeur qu'aucun des deux n'a seul.
La contrepartie est matérielle : il faut deux bouteilles de vermouth ouvertes en même temps, et fraîches toutes les deux. C'est la vraie raison pour laquelle cette famille de cocktails est moins servie qu'elle ne le mérite.
Un zeste d'orange plutôt que de citron, et c'est un des meilleurs verres au gin qui soient.







