Le Manhattan classique, c'est deux parts de whisky pour une de vermouth rouge. Le Reverse Manhattan fait exactement l'inverse : deux parts de vermouth pour une de whisky. Ce n'est pas une facilité, c'est la façon dont on buvait le Manhattan au XIXe siècle, avant que les proportions ne glissent vers l'alcool.
Le résultat tombe autour de quinze degrés au lieu de trente : on peut en boire deux avant un dîner sans que la soirée soit compromise. Mais l'intérêt n'est pas seulement là. Le vermouth apporte des plantes, du fruit confit, une amertume douce et une acidité que le whisky n'a pas, et quand il passe devant, la finale s'allonge nettement. Un Manhattan classique frappe fort et retombe vite ; celui-ci s'étale.
La contrepartie est impitoyable : il n'y a plus d'alcool pour couvrir un vermouth médiocre ou fatigué. Une bouteille ouverte depuis trois mois donne ici un verre franchement mauvais, là où un Manhattan classique l'aurait masquée.
C'est donc le meilleur test de votre vermouth, et la meilleure raison d'en avoir un bon.







