Coques ouvertes en tas généreux dans une assiette creuse, coquilles beiges côtelées, jus au vin blanc et persil, pain à côté

Entrée

Coques : de l'eau salée pour dégorger, jamais de l'eau douce

Une coque ne se débarrasse de son sable qu'en filtrant activement de l'eau. Dans l'eau douce, elle se ferme et meurt : il faut reconstituer l'eau de mer, 30 g de gros sel par litre, pendant deux heures.

  • Préparation : 15 min
  • Cuisson : 6 min
  • Repos : 2 h de dégorgement en eau salée
  • Économique
  • 4 personnes
  • Très facile
  • Automne et hiver

Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • une grande bassine (les coques doivent être largement immergées, en une couche pas trop épaisse)
  • une grande cocotte avec couvercle (elles cuisent à la vapeur de leur propre eau)
  • une écumoire ou les mains (on SORT les coques de l'eau ; on ne vide jamais la bassine par-dessus)
  • un chinois et une étamine (pour filtrer le jus, qui contient toujours un peu de sable)

L'astuce du chef

La coque se purge en filtrant, donc en vivant. Elle vit enfouie dans le sable et aspire l'eau à travers ses siphons pour se nourrir. Pour qu'elle rejette le sable qu'elle contient, il faut simplement qu'elle continue ce travail : donc qu'elle soit vivante, et dans un milieu qui lui convienne.

L'eau douce la tue. C'est un problème d'osmose : dans une eau moins salée que ses tissus, l'eau entre dans ses cellules et les fait gonfler. La coque se ferme hermétiquement pour se protéger, ne filtre plus rien, et finit par mourir avec tout son sable à l'intérieur.

30 grammes par litre est la salinité de la mer. À cette concentration, la coque est « chez elle » : elle rouvre ses siphons et se purge naturellement en deux heures.

La farine accélère la purge. Les coques l'ingèrent comme un aliment et l'évacuent, entraînant le sable avec elle. Une poignée suffit.

On sort les coques de l'eau, jamais l'inverse. Le sable rejeté est au fond de la bassine : verser le tout dans une passoire le fait repasser sur les coquilles, et deux heures de travail sont perdues.

On ne sale pas. Chaque coque libère son eau de mer dans la cocotte : le jus est naturellement bien salé, et un ajout le rend immédiatement immangeable.

La cuisson est très brève. La chair d'un coquillage est un muscle : au-delà de quelques minutes, ses protéines se contractent et il devient caoutchouteux. Dès que la dernière coquille s'ouvre, c'est cuit.

Le jus se filtre toujours. Même après un bon dégorgement, il reste un peu de sable au fond de la cocotte. On filtre, et on abandonne les deux dernières cuillerées.

Préparation pas à pas

  1. Trier : jeter les coquilles cassées 5 min

    Et celles qui restent ouvertes quand on les tapote : elles sont mortes. Une seule suffit à gâcher tout le plat.

  2. DÉGORGER 2 H EN EAU SALÉE À 30 g/l 2 h

    Trois litres d'eau froide, 90 g de gros sel, une poignée de farine. Jamais d'eau douce : la coque se ferme et meurt sans se purger.

  3. Changer l'eau une fois 2 min

    À mi-parcours, en SORTANT les coques à la main. Vider la bassine par-dessus remettrait tout le sable dessus.

  4. Rincer sous l'eau courante 3 min

    Rapidement, en frottant les coquilles entre elles. C'est le seul moment où l'eau douce est permise.

  5. Suer les échalotes au beurre 4 min

    À feu doux, sans colorer, avec l'ail écrasé. Puis le vin blanc, porté à ébullition 1 minute.

  6. CUIRE À COUVERT, 4 à 6 minutes 6 min

    Feu vif, en secouant la cocotte deux fois. On s'arrête dès que la dernière s'est ouverte : chaque minute de plus les rend caoutchouteuses.

  7. FILTRER LE JUS 3 min

    Coques réservées au chaud, jus passé au chinois doublé d'une étamine. Il reste toujours du sable au fond de la cocotte, et on ne verse jamais les dernières gouttes.

  8. Monter au beurre, persil, servir 2 min

    Jus réduit deux minutes, beurre froid fouetté dedans hors du feu, persil ciselé. Aucun sel, beaucoup de poivre, et du pain.

Le conseil du caviste

Les coques sont iodées, salines et très peu grasses. C'est l'un des accords les plus simples et les plus satisfaisants qui soient.

Le Château la Verrière Bordeaux Blanc Sec à 10 °C est le choix évident : droit, franc, sans bois, il répond à l'iode sans rien ajouter. C'est exactement ce qu'on demande à un vin sur un coquillage.

Le Moulin Caresse Le Sauvignon à 10 °C si vous forcez sur le persil et l'ail : ses arômes verts prolongent l'assaisonnement.

Le Château Tour de Biot Blanc Sec à 10 °C quand le jus est bien monté au beurre : il a la matière pour tenir devant le gras.

Mettez le même vin dans la cocotte et dans le verre. Le jus concentre ce que vous y versez : un vin de cuisine médiocre s'entend immédiatement dans l'assiette, et un demi-verre ne coûte rien.

Le sel est un allié ici : il arrondit le vin et fait ressortir son fruit. C'est pourquoi les coquillages, très salins, sont si faciles à accorder.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Bordeaux Château Tour de Biot BlancBordeaux Château Tour de Biot Blanc 6,20 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Ça croque sous la dent

Dégorgement en eau douce, ou trop court. Il faut de l'eau salée à 30 g par litre pendant 2 heures : dans l'eau douce, la coque se ferme et ne se purge pas.

Il y a encore du sable dans le jus

Normal, il en reste toujours. On filtre au chinois doublé d'une étamine et on abandonne les deux dernières cuillerées.

Elles sont caoutchouteuses

Trop cuites. On arrête dès que la dernière coquille s'est ouverte, jamais au-delà.

C'est beaucoup trop salé

Du sel a été ajouté. Les coques libèrent leur eau de mer : on ne sale jamais.

Beaucoup ne se sont pas ouvertes

Elles étaient déjà mortes à l'achat, ou le tri n'a pas été fait. On les jette sans hésiter.

Le sable est revenu après le dégorgement

La bassine a été vidée dans une passoire. On sort les coques à la main, en laissant le sable au fond.

Conservation & préparation anticipée

Les coques vivantes se gardent 48 heures au réfrigérateur, dans le bac à légumes, couvertes d'un linge humide et jamais dans un sac fermé ni dans l'eau : elles ont besoin de respirer.

Cuites, elles se gardent 24 heures au réfrigérateur, décoquillées et couvertes de leur jus filtré.

Elles ne se réchauffent pas : la seconde cuisson les rend caoutchouteuses. On les ajoute froides dans un plat chaud au dernier moment.

Décoquillées, elles se congèlent dans leur jus jusqu'à 2 mois, et servent très bien dans une sauce ou un risotto.

Le jus filtré est un trésor : il se congèle en bacs à glaçons et remplace avantageusement un fumet dans n'importe quelle sauce de poisson.

Jetez toute coque qui ne s'est pas ouverte à la cuisson, et toute coque ouverte avant.

Variantes

À la crème

Deux cuillères de crème épaisse dans le jus filtré, réduit deux minutes. Plus riche, et il faut alors un blanc avec plus de matière.

En spaghettis

Décoquillées, ajoutées hors du feu à des pâtes saucées de leur jus, ail et persil : c'est le principe des vongole.

Avec des moules

Moitié-moitié, même cuisson : voir nos moules-frites.

Dans une soupe de poisson

Leur jus filtré remplace le fumet : voir notre fumet de poisson.

Questions fréquentes

Comment enlever le sable des coques ?

En les faisant dégorger 2 heures dans de l'eau salée à 30 g par litre, avec une poignée de farine. La coque doit rester vivante et continuer à filtrer pour rejeter son sable.

Peut-on les dégorger à l'eau douce ?

Non, c'est l'erreur classique. L'eau douce provoque un choc osmotique : la coque se ferme hermétiquement, ne filtre plus et meurt avec son sable à l'intérieur.

Pourquoi ajouter de la farine ?

Les coques l'ingèrent comme un aliment et l'évacuent en entraînant le sable avec elle. Cela accélère nettement la purge.

Faut-il saler la cuisson ?

Jamais. Chaque coque libère son eau de mer dans la cocotte : le jus est déjà bien salé, et un ajout le rend immangeable.

Combien de temps les cuire ?

4 à 6 minutes, et on s'arrête dès que la dernière coquille s'est ouverte. La chair est un muscle : au-delà, elle se contracte et devient caoutchouteuse.

Quel vin servir avec des coques ?

Un bordeaux blanc sec à 10 °C, droit et sans bois. Et mettez le même dans la cocotte : le jus concentre ce que vous y versez.

La coque est le meilleur des coquillages bon marché, et celui qu'on renonce à acheter parce qu'il croque sous la dent.

Le sable n'est pas sur la coquille, il est dedans. La coque vit enfouie et aspire l'eau chargée de particules. Pour qu'elle s'en débarrasse, il faut qu'elle continue de filtrer, donc qu'elle soit vivante et à l'aise : c'est une question d'équilibre osmotique.

Plongée dans l'eau douce, elle subit un choc, se ferme hermétiquement et meurt sans avoir rien rejeté. Dans une eau à 30 grammes de gros sel par litre, la salinité de la mer, elle rouvre ses siphons et se purge en deux heures.

Deux détails qui comptent autant : on ajoute une poignée de farine, qu'elles ingèrent et rejettent avec le sable, et on les sort de l'eau à la main plutôt que de vider la bassine, sinon on remet tout le sable dessus.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Bordeaux Château Tour de Biot BlancBordeaux Château Tour de Biot Blanc 6,20 €

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