Plat de dafina : pois chiches, pommes de terre, bœuf, blé et œufs haminados bruns, cuillère en bois, lin écru

Plat

Dafina, le plat du shabbat marocain : douze heures à 90 °C, et les œufs cuits dans leur coquille prennent le goût du plat

La dafina est le plat du shabbat des Juifs du Maroc : pois chiches, bœuf, pommes de terre, blé et œufs entiers dans leur coquille, enfournés le vendredi avant la nuit et mangés le samedi midi, après douze heures à 90 °C. Rien n'est saisi, rien n'est remué : c'est le temps qui cuit, et les œufs, cuits dans leur coquille au milieu du plat, en sortent bruns, crémeux, au goût de viande.

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 12 h
  • Repos : 12 h de trempage des pois chiches
  • Économique
  • 8 personnes
  • Facile
  • Hiver
Aller à la recette

Ingrédients

8 personnes

Ustensiles

  • UNE GRANDE MARMITE À COUVERCLE LOURD, ou une mijoteuse (L'OUTIL DU PLAT : fermée douze heures)
  • une feuille d'aluminium (pour sceller sous le couvercle)
  • un carré de mousseline et de la ficelle (le sachet de blé)
  • un grand plat de service creux (on dresse tout ensemble)
  • une écumoire (pour sortir les œufs et le sachet)
  • une petite casserole (pour porter à ébullition avant d'enfourner)

L'astuce du chef

Il est interdit d'allumer le feu le jour du shabbat. Il est permis de laisser un plat sur un feu allumé la veille.

De cette règle sont nés tous les plats du samedi midi. Cholent, hamin, et la dafina, l'enfouie.

Une marmite fermée, enfouie le vendredi soir, ouverte le lendemain à midi. Le nom dit la méthode.

Ce que douze heures font à un plat, aucune autre cuisson ne le fait. À 90 °C, sous le frémissement.

Le collagène fond entièrement sans que les fibres se resserrent. Les pois chiches deviennent crémeux.

Les pommes de terre se confisent dans le bouillon, ambrées. Le blé, en sachet, caramélise.

Le liquide réduit de moitié : un jus brun, épais, sucré par l'oignon et le miel. Les pelures d'oignon donnent la couleur.

Les œufs sont la merveille du plat. Crus, entiers, dans leur coquille, sur le dessus.

Douze heures : la coquille brunit, le blanc devient beige et crémeux. Le jaune prend un goût de noisette et de viande.

Une lente réaction de Maillard qui n'a lieu qu'à cette durée. Les huevos haminados.

Four à 100 °C, marmite scellée, ou mijoteuse sur basse. On n'ouvre pas, on ne remue pas.

À midi, on retire les œufs et le blé, et l'on sert tout ensemble. Un enfant sait qu'on mange les œufs en premier.

Préparation pas à pas

  1. La veille au matin : tremper les pois chiches 12 h 12 h

    Ils doubleront.

  2. Le vendredi après-midi : oignon haché, ail, épices et miel au fond de la marmite 5 min

    Sans faire revenir.

  3. Pois chiches, viande, pommes de terre, dattes, pelures d'oignon par couches 10 min

    Sans remuer.

  4. Poser le sachet de blé et les ŒUFS ENTIERS en coquille sur le dessus 3 min

    Ils cuisent dans le plat, douze heures.

  5. Couvrir d'eau à 3 cm au-dessus, saler, porter à ébullition sur le feu 15 min

    Écumer.

  6. Sceller d'aluminium, couvrir, enfourner à 100 °C pour 12 h 12 h

    Ne pas ouvrir, ne pas remuer, ne rien ajouter.

  7. Le samedi midi : sortir les œufs et le sachet, écaler les œufs 5 min

    Bruns, crémeux.

  8. Dresser sur un grand plat : pois chiches, viande effilochée, pommes de terre, blé, œufs 5 min

    Le jus brun par-dessus.

Le conseil du caviste

Un plat brun, fondant, doux, épicé et long, cuit une nuit entière.

Le Château Moulin Caresse Cent pour 100 Rouge à 16 °C, rond et frais.

Le Bergerac Domaine de Mayat à 15 °C, léger et fruité.

Le Château Beynat Castillon Côtes de Bordeaux à 16 °C.

Un plat cuit une nuit a perdu son acide, et c'est le vin qui doit le rendre. Douze heures de cuisson transforment tout : les sucres de l'oignon caramélisent, la viande fond, mais l'acidité, elle, s'évapore avec le liquide, et le plat qui sort du four est rond, doux, presque sucré, sans rien pour le relever. Sur une dafina, un cholent, une daube de deux jours, on ne cherche donc pas la puissance mais la fraîcheur : un rouge à l'acidité nette, servi un peu frais, qui apporte au plat ce que la nuit lui a pris.

À éviter : un rouge lourd et chaud, qui s'ajoute à la lourdeur du plat.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Moulin Caresse Cent pour 100 RougeChâteau Moulin Caresse Cent pour 100 Rouge 16,00 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

C'est sec le lendemain

Pas assez d'eau au départ, ou four trop chaud. Eau à 3 cm au-dessus, marmite scellée, 100 °C et pas plus : à 120 °C, tout s'évapore.

Les œufs sont blancs et durs comme des œufs durs

Cuits trop peu longtemps, ou trop chaud. Le brunissement demande douze heures à 90 °C : c'est le temps qui fait les haminados.

Les pois chiches sont durs

Pas trempés, ou eau calcaire. Douze heures de trempage, et une pincée de bicarbonate dans l'eau de trempage.

C'est fade

Douze heures adoucissent tout. On sale franchement au départ, et on relève au service avec du cumin et du poivre.

Le blé s'est répandu partout

Sachet mal noué. Mousseline doublée, ficelle serrée, et on laisse de la place : il triple de volume.

Je n'ai pas douze heures

Six heures à 120 °C donnent un bon plat mijoté, mais pas une dafina : les œufs restent pâles et la viande moins fondante.

Conservation & préparation anticipée

La dafina se garde 3 jours au réfrigérateur et se réchauffe doucement, couverte, avec un peu d'eau.

Elle est aussi bonne réchauffée : c'est un plat qui n'a pas de fraîcheur à perdre.

Elle se congèle 3 mois, sans les œufs ni les pommes de terre.

Les œufs haminados se gardent 4 jours écalés, et se mangent aussi froids, en salade, avec du cumin.

Le jus restant fait la base d'une soupe de pois chiches.

Variantes

Dafina au riz

Un sachet de riz à la place du blé, avec des épices douces : la version de Fès.

Cholent ashkénaze

Haricots blancs, orge, poitrine de bœuf et une kishke : le cousin d'Europe de l'Est.

Le mijoté français d'une nuit

Notre cassoulet.

Le couscous de la même table

Notre couscous royal.

Questions fréquentes

Pourquoi douze heures ?

Parce que le plat cuit pendant le shabbat, du vendredi soir au samedi midi, sans qu'on touche au feu. Et parce qu'à 90 °C, c'est la durée qui fait fondre la viande et brunir les œufs.

Les œufs dans leur coquille, vraiment ?

Oui : crus, entiers, lavés, posés sur le dessus. Douze heures les rendent bruns, crémeux, au goût de noisette. Ce sont les huevos haminados.

Four ou mijoteuse ?

Les deux : four à 100 °C, marmite scellée, ou mijoteuse électrique sur position basse. Jamais sur le feu direct.

Quelle viande ?

Une viande à collagène : jarret, macreuse, paleron. Un morceau maigre serait sec après douze heures.

Peut-on l'ouvrir pour vérifier ?

Non. On ne l'ouvre pas, on ne remue pas, on n'ajoute rien. C'est la règle, et c'est ce qui la réussit.

Quel vin servir avec ?

Un rouge frais et fruité, servi à 15 ou 16 °C : un plat cuit une nuit a perdu son acide, le vin doit le rendre.

Il est interdit d'allumer le feu le jour du shabbat ; il est permis de laisser un plat sur un feu allumé la veille. De cette règle sont nés tous les plats du samedi midi du monde juif : le cholent ashkénaze, le hamin séfarade, et la dafina marocaine, « l'enfouie », dont le nom dit la méthode : une marmite fermée, enfouie dans les braises ou le four le vendredi soir, ouverte le lendemain à midi.

Ce que douze heures font à un plat, aucune autre cuisson ne le fait. À 90 °C, sous le frémissement, le collagène de la viande, un jarret ou une macreuse, fond entièrement sans que les fibres se resserrent ; les pois chiches, trempés la veille, deviennent crémeux ; les pommes de terre, au lieu de se défaire, se confisent dans le bouillon et prennent une couleur ambrée ; le blé, en sachet de mousseline, cuit dans son jus et caramélise. Et tout le liquide, réduit de moitié, devient un jus brun, épais, sucré par l'oignon et une cuillère de miel, parfumé de cumin, de paprika et de pelures d'oignon qui donnent la couleur.

Les œufs sont la merveille du plat. Posés crus, entiers, dans leur coquille, sur le dessus de la marmite, ils cuisent douze heures : la coquille brunit, le blanc devient beige, dense et crémeux, le jaune prend un goût de noisette et de viande, par une lente réaction de Maillard qui n'a lieu qu'à cette durée. Ce sont les huevos haminados, et un enfant marocain sait qu'on les mange en premier.

La dafina se fait au four à 100 °C, marmite couverte et scellée d'une feuille d'aluminium, ou dans une mijoteuse électrique sur position basse. On ne l'ouvre pas, on ne remue pas, on n'ajoute rien : on la sort à midi, on retire les œufs et le sachet de blé, et l'on sert tout ensemble sur un grand plat.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Moulin Caresse Cent pour 100 RougeChâteau Moulin Caresse Cent pour 100 Rouge 16,00 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €

Voir tout le rayon vins rouges →

Vous recevez ?

Combien de bouteilles prévoir ?

Dites le nombre de convives : l'assistant calcule les quantités à partir des doses de restaurant et propose des bouteilles de la cave, à panacher librement.

Calculer pour Dafina, le plat du shabbat marocain
Retour