L'endive divise les tables françaises, et c'est presque toujours à cause de son amertume. Or cette amertume est parfaitement localisée.
Les composés amers de l'endive, des lactones du groupe de la lactucopicrine, ne sont pas répartis uniformément : ils sont concentrés dans le petit cône dur de la base, celui par lequel la plante était rattachée à sa racine. Il suffit de l'évider en cône avec la pointe d'un couteau, sur deux centimètres, pour retirer l'essentiel. C'est un geste de trente secondes, et il change complètement le résultat.
La deuxième erreur est de les faire bouillir dans l'eau. L'endive contient déjà beaucoup d'eau ; plongée dans un bain, elle se gorge encore, devient molle et aqueuse, et son amertume se diffuse partout. On la braise : très peu de liquide, du beurre, une pointe de sucre et du citron, à couvert, puis à découvert pour glacer.







