Fraisier coupé montrant la génoise, la crème mousseline et les fraises coupées, marbre blanc, verre de crémant rosé

Dessert

Fraisier : la recette de pâtissier étape par étape

  • Préparation : 1 h 30
  • Cuisson : 20 min
  • Repos : 4 h au réfrigérateur
  • Moyen
  • 8 personnes, cercle de 20 cm
  • Expert
  • Printemps
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Ingrédients

8 personnes, cercle de 20 cm

Ustensiles

  • UN CERCLE À ENTREMETS DE 20 CM ET DU RHODOÏD (L'OUTIL DU PLAT : le cercle tient le montage, le rhodoïd donne des bords nets et une couronne de fraises propre)
  • un thermomètre (25 °C pour la pâtissière et le beurre, la seule mesure qui compte)
  • un batteur (le ruban de la génoise et la mousseline)
  • une poche à douille (la mousseline poussée entre les fraises)
  • un pinceau (le sirop d'imbibage)
  • un couteau long et un bol d'eau chaude (des tranches nettes)

L'astuce du chef

L'entremets de Lenôtre. Le bagatelle allégé : la mousseline à la place de la crème au beurre.

Des fraises de saison, fermes. Gariguettes de mai ; hors saison, un gâteau rouge sans goût.

La génoise au ruban. Triplée de volume, le ruban qui s'efface lentement.

La farine à la maryse, en trois fois. De bas en haut, sans faire retomber.

Cuite en carré, découpée en disques. Plus régulière qu'en moule, et le second disque un peu plus petit.

La pâtissière très épaisse. Quarante-cinq grammes de fécule : elle doit tenir la coupe.

Les deux à 25 °C. Trop froide, le beurre grène ; trop chaude, il fond et coule.

Le beurre pommade fouetté à blanchir. L'air de la mousseline est là.

Les demi-fraises plaquées contre le rhodoïd. Face coupée dehors, pointe en haut : la tranche se dessine.

La mousseline poussée entre les fraises. Un trou contre le bord est un trou dans la tranche.

Quatre heures de froid. Le gâteau se tient ; décerclé trop tôt, il s'affaisse.

Sorti trente minutes avant. La mousseline froide est dure et muette.

Préparation pas à pas

  1. Génoise : œufs et sucre au ruban, farine à la maryse, beurre ; 12 min à 180 °C ; deux disques 30 min

    Blonde et souple.

  2. Sirop d'imbibage bouilli, refroidi 5 min

    Kirsch ou citron.

  3. Crème pâtissière épaisse, beurre incorporé chaud, filmée, refroidie à 25 °C 15 min + 2 h

    Vingt-cinq degrés.

  4. Beurre pommade à 25 °C fouetté à blanchir ; pâtissière en quatre fois : la mousseline 8 min

    Même température, ou elle tranche.

  5. Cercle chemisé ; disque imbibé ; demi-fraises plaquées contre le rhodoïd 15 min

    Pointe en haut, serrées.

  6. Mousseline poussée entre les fraises, fraises au centre, mousseline, second disque imbibé, lissée à ras 15 min

    Aucun trou contre le bord.

  7. 4 h au réfrigérateur, une nuit de préférence 4 h

    La mousseline reprend corps.

  8. Décerclé, pâte d'amande, fraises ; sorti 30 min avant, coupé au couteau chaud 10 min

    La couronne rouge et blanche.

Le conseil du caviste

Une crème au beurre aérée, des fraises acides, une génoise imbibée.

Le Tour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux à 7 °C, les bulles et l'acidité qui libèrent la langue du beurre.

Le Tour du Roy Rosé Prestige Crémant de Bordeaux à 7 °C, le fruit rouge des fraises avec la même fraîcheur.

Château Moulin Caresse La Frangine Moelleux à 8 °C, pour ceux qui veulent du sucre dans le verre.

Sur une crème au beurre, le brut passe avant le demi-sec : c'est le gras du dessert qui commande, pas son sucre, et seule l'acidité gazeuse d'un crémant sec décolle le beurre de la langue. La mousseline est du beurre monté, 250 g pour un gâteau ; à chaque bouchée, il tapisse le palais d'un film gras que le sucre du dessert ne dissout pas. Un vin doux, sucré et rond, s'ajoute à ce film sans le traverser, et la troisième bouchée est écœurante. Un crémant brut, sec, acide et gazeux, fait l'inverse : les bulles brossent le gras, l'acidité le tranche, et la fraise ressort, vive, comme si on la mangeait seule. La logique est celle du champagne sur le foie gras plutôt que du liquoreux, quand on préfère la légèreté à l'opulence. La règle des desserts à la crème au beurre, des mousselines, des Paris-Brest et des Saint-Honoré : le vin s'accorde au beurre, pas au sucre, et c'est le brut, ou le rosé brut si le fruit est rouge.

À éviter : un liquoreux, sirupeux sur le beurre, et tout rouge, dont le tanin durcit sur la fraise crue.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Tour du Roy Brut Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux 9,50 €
Tour du Roy Rosé Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Rosé Prestige Crémant de Bordeaux 9,90 €
Château Moulin Caresse La Frangine MoelleuxChâteau Moulin Caresse La Frangine Moelleux 6,60 €
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Dépannage

La mousseline a tranché, en grains

Pâtissière plus froide que le beurre. Les deux à 25 °C ; une mousseline grenue se rattrape en la chauffant deux secondes au sèche-cheveux en fouettant.

La mousseline coule

Pâtissière trop chaude, le beurre a fondu. Tout au froid dix minutes, puis refouettée.

La génoise est plate et dense

Ruban insuffisant ou farine mal incorporée. Huit minutes de fouet, le ruban qui s'efface lentement, la maryse de bas en haut.

Il y a des trous entre les fraises

Mousseline pas poussée contre le bord. À la poche, entre chaque demi-fraise, avant de remplir le centre.

Il s'affaisse au décerclage

Pas assez de froid. Quatre heures minimum, une nuit de préférence.

Le fraisier est sans goût

Servi glacé, ou fraises hors saison. Trente minutes à température ambiante, et des gariguettes de mai.

Conservation & préparation anticipée

Le fraisier se garde 48 heures au réfrigérateur, sous cloche ; les fraises rendent de l'eau au-delà.

Il ne se congèle pas : les fraises fraîches ne supportent pas le gel.

La génoise se fait 2 jours avant, filmée ; ou se congèle 1 mois.

La crème pâtissière se fait la veille et se garde 2 jours filmée au contact ; le beurre s'y monte le jour du montage.

Sorti 30 minutes avant de servir : froid, il est dur et sans goût.

Variantes

La tarte

Notre tarte aux fraises, les mêmes fruits sur une pâtissière, sans le montage.

La crème de base

Notre crème pâtissière, la base de la mousseline et de la moitié de la pâtisserie.

Framboisier

Les fraises remplacées par des framboises entières plaquées en quinconce : plus acide, plus rouge, la même mousseline.

En verrines

Sans cercle : génoise en dés, mousseline à la poche et fraises coupées, en couches dans des verres, deux heures au froid. Le fraisier de ceux qui n'ont pas de cercle.

Questions fréquentes

Quelles fraises ?

Gariguettes ou ciflorettes de mai, fermes, parfumées, de taille régulière pour la couronne. Les grosses fraises aqueuses rendent de l'eau dans la crème.

Pourquoi 25 °C ?

C'est la température où le beurre est pommade sans être fondu et où la pâtissière n'est plus chaude : les deux s'émulsionnent. Deux degrés de trop et le beurre fond, deux degrés de moins et il grène. Un thermomètre vaut le gâteau.

Sans cercle ni rhodoïd ?

Un moule à charnière tapissé de papier cuisson fait le cercle ; une bande de papier cuisson fait le rhodoïd, moins net. Ou la version en verrines, sans montage.

Peut-on remplacer la mousseline ?

Par une diplomate, pâtissière et chantilly, plus légère mais moins tenue : il faut alors de la gélatine. La mousseline est ce qui fait tenir le fraisier sans gélatine.

Combien de temps à l'avance ?

La génoise et la pâtissière la veille, le montage le matin pour le soir, ou la veille pour le lendemain midi. Quarante-huit heures au plus.

Quel vin servir avec ?

Un crémant brut ou rosé brut à 7 °C : sur une crème au beurre, c'est le gras qui commande, pas le sucre, et seules les bulles et l'acidité d'un vin sec décollent le beurre de la langue. Un moelleux jeune pour ceux qui veulent du sucre ; jamais un liquoreux, sirupeux sur le beurre.

Le fraisier appartient à la pâtisserie française des années soixante-dix, quand Gaston Lenôtre a codifié les entremets à la crème mousseline et au cercle ; avant lui, il existait un « bagatelle », génoise, crème au beurre et fraises, dont le fraisier est la version allégée, la mousseline remplaçant la crème au beurre pure. Il n'a de sens qu'avec des fraises de saison, fermes et parfumées, gariguettes ou ciflorettes ; hors saison, c'est un gâteau rouge sans goût.

La génoise : 4 œufs et 120 g de sucre fouettés au bain-marie tiède, 40 °C, puis hors du feu jusqu'au ruban, 8 minutes au batteur, le mélange triplé de volume et retombant en ruban qui s'efface lentement ; 120 g de farine tamisée incorporée à la maryse en trois fois, de bas en haut, sans faire retomber ; 30 g de beurre fondu tiède en dernier. Sur une plaque chemisée, en carré de 30 cm, 12 minutes à 180 °C, blonde, souple ; refroidie sur une grille. Deux disques découpés au cercle de 20 cm, l'un des deux légèrement plus petit pour le dessus. Le sirop : 10 cl d'eau et 60 g de sucre bouillis une minute, une cuillère de kirsch ou de jus de citron, refroidi.

La crème mousseline, l'étape qui décide : une crème pâtissière épaisse, 50 cl de lait bouilli avec une gousse de vanille, versé sur 4 jaunes blanchis avec 100 g de sucre et 45 g de fécule de maïs, recuite 2 minutes à gros bouillons en fouettant, très épaisse ; 100 g de beurre incorporés chauds ; filmée au contact et refroidie à 25 °C, ni plus ni moins, deux heures à température ambiante ou une heure au froid puis lissée. Puis 150 g de beurre pommade, à 25 °C aussi, fouettés 3 minutes jusqu'à blanchir, et la crème pâtissière lissée ajoutée en quatre fois en fouettant, jusqu'à une crème aérée, brillante, qui tient au fouet. La règle absolue : les deux à la même température. Crème trop froide, le beurre fige en grains ; crème trop chaude, le beurre fond et la mousseline coule.

Le montage : un cercle de 20 cm posé sur le plat de service, chemisé d'une bande de rhodoïd ; le premier disque de génoise au fond, imbibé au pinceau de la moitié du sirop ; 500 g de fraises équeutées, les plus régulières coupées en deux et plaquées face coupée contre le rhodoïd, tout autour, serrées, pointe en haut ; une couche de mousseline à la poche, poussée entre les fraises contre le bord pour qu'il ne reste aucun trou, lissée ; les autres fraises entières ou coupées debout au centre ; la mousseline jusqu'à 1 cm du haut du cercle ; le second disque imbibé posé et pressé ; une fine couche de mousseline lissée à ras du cercle à la spatule. Quatre heures au réfrigérateur au moins, une nuit de préférence : la mousseline reprend corps et le gâteau se tient.

La finition : 150 g de pâte d'amande rose ou verte étalée à 2 mm entre deux feuilles de papier, un disque de 20 cm découpé et posé sur le dessus ; ou, plus simple, une couche de fraises entières posées sur la mousseline du dessus. Le cercle retiré, le rhodoïd ôté : la couronne de fraises apparaît, rouge sur la crème blanche. Quelques fraises entières et une feuille de menthe pour le décor. Sorti du réfrigérateur 30 minutes avant de servir, la mousseline froide étant dure et sans goût, et coupé au couteau long trempé dans l'eau chaude. La tranche montre ce que l'on est venu chercher : deux bandes blondes, la crème blanche, et les demi-fraises rouges alignées comme des tuiles.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

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