Le hochepot est le grand plat mijoté des Flandres : plusieurs viandes et beaucoup de légumes, cuits ensemble très longtemps dans un seul pot. Son nom vient du moyen néerlandais hutspot, et le verbe qu'on y entend, hocher, veut dire secouer.
Ce n'est pas une curiosité étymologique, c'est le mode d'emploi. Après trois heures de cuisson douce, rien dans la cocotte n'a plus de tenue : le collagène des viandes est devenu gélatine, les fibres ne sont plus liées entre elles, les pommes de terre et les navets se tiennent à peine.
Une cuillère qu'on plonge dans ce pot ne mélange pas, elle cisaille. Chaque passage tranche une pièce de viande, écrase une pomme de terre, réduit le chou en filaments. Au bout de trois ou quatre remuages, il ne reste plus une seule pièce entière : le plat devient une purée brune, ce qui est le défaut classique de tous les mijotés très longs.
Secouer la cocotte par les anses fait le travail sans lame. Le liquide se déplace, les morceaux glissent les uns sur les autres et se réenrobent de bouillon, mais aucune force de cisaillement ne les traverse. Le mouvement est court, deux ou trois allers-retours, et il se répète toutes les demi-heures.







