Le palet breton se reconnaît de loin : épais, à flancs bien droits, quadrillé sur le dessus. C'est cette épaisseur qui donne sa texture, un cœur sableux qui s'effrite sous la dent. Et c'est elle qui est impossible à obtenir sans un ustensile.
La pâte contient autant de beurre que de farine, et elle est levée à la levure chimique. À la chaleur, deux choses arrivent en même temps : le beurre fond, ce qui la rend liquide, et le gaz de la levure la fait gonfler. Une pâte liquide qui gonfle s'étale.
C'est exactement le contraire du bredele alsacien, qu'on garde net en le mettant au congélateur. Ici le froid ne suffit pas : il y a trop de beurre et il y a de la levure. Il faut une paroi.
D'où le cercle à pâtisserie, ou le moule à muffins, dans lequel la pâte est cuite. La paroi contient l'étalement pendant les premières minutes, le temps que l'amidon gélatinise et fixe la structure. Ensuite le biscuit tient tout seul, et il garde les flancs droits que la paroi lui a donnés.
Le repos au froid reste utile, mais il joue un second rôle : il permet de découper des disques nets dans une pâte qui, à température ambiante, se manipule à la cuillère.







