Pinsa romaine ovale sur une table en bois sombre, bord boursouflé et doré, base très alvéolée visible sur une part soulevée, garniture tomate mozzarella basilic, trois bols de farine de blé, de riz et de soja, et pâte très hydratée dans un banneton

Boulangerie

Pâte à pinsa : la farine de riz permet 80 % d'eau sans pâte impossible

La pinsa n'est pas une pizza allongée : c'est une pâte à trois farines. Le riz, dépourvu de gluten, absorbe l'eau sans former de réseau, ce qui autorise 80 % d'hydratation tout en gardant une pâte maniable, et sèche à la cuisson en croustillant.

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 8 min
  • Repos : 48 à 72 h de fermentation au froid, puis 4 h de retour à température
  • Économique
  • 3 pinsas
  • Intermédiaire
  • Toute l'année
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Ingrédients

3 pinsas

Ustensiles

  • DE LA PLACE AU RÉFRIGÉRATEUR, TROIS JOURS (L'INGRÉDIENT DU PLAT : la fermentation froide est ce qui distingue une pinsa d'une pizza)
  • un robot pétrisseur (80 % d'hydratation se pétrit difficilement à la main)
  • une balance de précision (3 g de levure : à l'œil, c'est ingérable)
  • un grand bac hermétique (la pâte double de volume au froid, lentement)
  • une pierre à pizza ou une plaque très épaisse (préchauffée 45 minutes à 280 °C : le choc thermique fait la couronne)
  • les doigts (on étire, on ne roule jamais)

L'astuce du chef

La pinsa n'est pas une pizza allongée. C'est une formule, et elle résout un vrai problème.

Une pâte très hydratée donne une mie légère et alvéolée. Mais au-delà de 70 % d'eau, le blé seul devient ingérable.

La pinsa mélange TROIS farines. Blé, riz, soja, dans des proportions constantes.

Le blé, 70 %, apporte le gluten. Donc la structure et la capacité à retenir le gaz.

Le riz, 20 %, n'a AUCUN gluten. Ses granules absorbent l'eau sans participer au réseau.

D'où 80 % d'hydratation avec une pâte maniable. C'est tout l'intérêt du mélange.

Et à la cuisson, l'amidon de riz sèche vite. C'est lui qui donne le dessous craquant, très différent d'une pizza.

Le soja, 5 à 10 %, apporte lipides et lécithine. Un émulsifiant naturel qui assouplit et retarde le rassissement.

Le second pilier est le temps : 48 à 72 h à 4 ou 6 °C. Les levures dorment, les enzymes travaillent.

Les amylases découpent l'amidon en sucres simples. Et les protéases assouplissent le gluten.

La pâte gagne en goût et devient extensible. Elle s'étire alors à la main sans revenir.

Jamais de rouleau. On pousse la pâte du bout des doigts vers les bords, et le gaz reste dans la couronne.

Préparation pas à pas

  1. Mélanger les trois farines à sec 3 min

    70 % blé, 20 % riz, 10 % soja. C'est la formule.

  2. Ajouter 80 % de l'eau et pétrir 5 min 7 min

    La pâte est encore rugueuse : c'est normal.

  3. Incorporer le reste de l'eau en trois fois 8 min

    Chaque ajout doit être absorbé avant le suivant.

  4. Ajouter sel, levure et huile, pétrir 5 min 6 min

    La pâte devient lisse et se décolle.

  5. FERMENTER 48 à 72 h ENTRE 4 ET 6 °C 2880 min

    Les enzymes travaillent, pas les levures. Le goût se construit là.

  6. Sortir, diviser en 3 pâtons, laisser 4 h à 20 °C 240 min

    Ils doivent redevenir souples et gonflés.

  7. ÉTIRER AUX DOIGTS sur farine de riz, en ovale 10 min

    En poussant vers les bords : le gaz doit rester dans la couronne.

  8. Cuire 8 min à 280 °C sur pierre brûlante 8 min

    Garnir avant ou après selon la recette. Le dessous doit craquer.

Le conseil du caviste

La pinsa est croustillante, légère et peu grasse : c'est sa garniture qui décide, mais sa base compte moins qu'une pâte à pizza.

Le Château Beynat Castillon Côtes de Bordeaux à 16 °C sur une garniture à la tomate.

Le Moulin Caresse Le Sémillon à 10 °C sur une pinsa blanche, sans tomate.

Le Tour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux à 7 °C pour un service en parts, à l'apéritif.

Une pâte longuement fermentée développe des composés qu'une pâte rapide n'a pas : esters, alcools supérieurs, acides organiques, exactement les mêmes familles que celles d'un vin. C'est ce qui explique qu'une pinsa de 72 heures dialogue avec un vin là où une pâte de deux heures reste muette, et qu'elle supporte des vins plus complexes.

À éviter : un rouge très tannique sur une base tomate, dont l'acidité durcit les tanins.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €
Tour du Roy Brut Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux 9,50 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Ma pâte est incontrôlable

Il manque la farine de riz, ou sa proportion est trop faible. C'est elle qui absorbe l'eau sans épaissir le réseau de gluten.

Le dessous n'est pas croustillant

Pas assez de farine de riz, ou une plaque pas assez chaude. La pierre se préchauffe 45 minutes à 280 °C.

La pâte s'est affaissée au froid

La fermentation a dépassé 96 heures. Les protéases ont dégradé le gluten : entre 48 et 72 heures, pas au-delà.

Elle revient quand je l'étire

Elle est encore froide. Il faut quatre heures de retour à température avant de la travailler.

Il n'y a pas de couronne

Elle a été étalée au rouleau. On pousse aux doigts vers les bords, en laissant le gaz s'y accumuler.

Où trouver la farine de soja ?

En magasin bio ou en épicerie asiatique. À défaut, on peut l'omettre et augmenter le riz, mais la pinsa rassira plus vite.

Conservation & préparation anticipée

La pâte se garde 72 h au froid, et c'est même le but : elle ne fait que s'améliorer.

Au-delà de 96 h, elle s'affaisse : les protéases ont trop attaqué le gluten et la pâte ne tient plus.

Les pâtons se congèlent, après la fermentation, 1 mois, et se décongèlent une nuit au réfrigérateur.

Une pinsa cuite se garde 24 h et se réchauffe 3 minutes à 250 °C, ce qui lui rend tout son croustillant.

Les bases se précuisent 4 minutes et se gardent 3 jours, prêtes à garnir : c'est la méthode des pinserie.

Variantes

Pinsa margherita

Tomate, fior di latte égouttée et basilic, garnie avant cuisson. La version de référence.

Pinsa aux légumes grillés

Courgettes et aubergines grillées et bien égouttées, posées après cuisson pour ne pas détremper la base.

La version à garnir à froid

Notre pinsa mortadelle, burrata et pistache.

L'autre pâte du répertoire

Notre pâte à pizza, où le blé travaille seul.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une pinsa et une pizza ?

La pinsa mêle trois farines, blé, riz et soja, monte à 80 % d'hydratation et fermente 48 à 72 heures au froid. Sa base est bien plus croustillante et légère.

À quoi sert la farine de riz ?

Elle n'a pas de gluten : elle absorbe l'eau sans épaissir le réseau, ce qui permet 80 % d'hydratation, et son amidon sèche à la cuisson en donnant le croustillant.

Peut-on se passer de la farine de soja ?

Oui, mais la pinsa rassira plus vite. Sa lécithine est un émulsifiant naturel qui assouplit la pâte et retarde le durcissement.

Combien de temps fermenter ?

De 48 à 72 heures entre 4 et 6 °C. Au-delà de 96 heures, les protéases ont trop dégradé le gluten et la pâte s'affaisse.

Pourquoi ne pas utiliser de rouleau ?

Parce qu'il chasse le gaz vers l'extérieur et écrase la couronne. On étire du bout des doigts en poussant vers les bords.

Quelle température de four ?

280 °C sur une pierre préchauffée 45 minutes. Le choc thermique fait gonfler la couronne et sécher le dessous.

La pinsa romaine est un produit récent, mis au point dans les années 2000, qui se réclame d'une origine antique un peu inventée. Son intérêt n'est pas là : il est dans sa formule, qui résout un problème réel.

Le problème est le suivant : une pâte très hydratée donne une mie alvéolée et légère, mais au-delà de 70 % d'eau une pâte de blé devient une soupe collante que personne ne sait manier. La pinsa contourne l'obstacle en mélangeant trois farines.

La farine de blé, environ 70 %, apporte le gluten, donc la structure et la capacité à retenir le gaz. La farine de riz, environ 20 %, ne contient aucun gluten : ses granules d'amidon absorbent l'eau et la retiennent sans participer au réseau, ce qui permet de monter à 80 % d'hydratation avec une pâte qui reste manipulable. Mieux : à la cuisson, cet amidon de riz gélatinise puis sèche vite, et c'est lui qui donne à la pinsa son dessous craquant, très différent du moelleux d'une pizza. La farine de soja, 5 à 10 %, apporte des lipides et de la lécithine, un émulsifiant naturel qui assouplit la pâte et retarde nettement le rassissement.

Le second pilier est le temps : de 48 à 72 heures de fermentation au froid, entre 4 et 6 °C. À cette température, les levures travaillent au ralenti mais les enzymes de la farine, elles, continuent : les amylases découpent l'amidon en sucres simples et les protéases attaquent le gluten. La pâte gagne en goût, et sa structure devient plus extensible, plus facile à étirer à la main.

Dernier point, le façonnage : on n'utilise jamais de rouleau. On étire la pâte du bout des doigts, en la poussant vers les bords, ce qui laisse le gaz dans la couronne. C'est ce geste qui donne la forme ovale irrégulière, signature du produit.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €
Tour du Roy Brut Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux 9,50 €

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