Pain aux noix ouvert sur une planche, mie gris-brun truffée de cerneaux, tranche épaisse, beurre et noix en coque

Pain

Pain aux noix : les noix torréfiées avant, ajoutées au dernier rabat, et c'est leur peau qui colore la mie

Le pain aux noix a une mie gris-brun qui n'est ni du seigle ni de la farine complète : c'est la peau des noix, riche en tanins, qui teinte la pâte pendant la pousse. Les noix sont torréfiées avant, pour le goût, et incorporées au dernier rabat, après le pétrissage, pour ne pas déchirer le gluten ni briser les cerneaux.

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 40 min
  • Repos : 4 h de pousse au total, puis refroidissement complet
  • Économique
  • Un pain de 900 g
  • Moyen
  • Automne
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Ingrédients

Un pain de 900 g

Ustensiles

  • UNE PLAQUE POUR TORRÉFIER LES NOIX (L'OUTIL DU PLAT : 10 min à 160 °C avant tout)
  • un grand saladier ou un pétrin (pétrissage de la pâte SEULE)
  • un banneton ou un saladier chemisé d'un torchon fariné (pour l'apprêt)
  • une cocotte en fonte avec couvercle, ou une pierre et un bol d'eau (la vapeur fait la croûte)
  • une lame de rasoir (une grigne franche)
  • une grille (refroidissement complet avant de couper)

L'astuce du chef

Le pain aux noix est le pain du plateau de fromages. Et l'on regrette celui qui n'a que trois cerneaux par tranche.

À la maison : 200 g de noix pour 500 g de farine. Presque la moitié du poids.

Premier détail : la torréfaction. Dix minutes à 160 °C avant d'incorporer.

Crus, les cerneaux sont verts, âpres, et ramollissent dans la pâte. Torréfiés, ils grillent et restent croquants.

Second détail : le moment de l'incorporation. Jamais au pétrissage.

Le pétrin déchire le gluten à chaque tour, et broie les cerneaux. Le pain lève mal, les noix ont disparu.

On pétrit la pâte seule, puis on incorpore au dernier rabat. Étaler, répartir, replier trois fois.

Elles se répartissent sans rien casser. Le réseau reste intact.

La couleur surprend : la mie est gris-brun. Parfois presque mauve autour des cerneaux.

Ce sont les tanins de la peau fine qui migrent dans la pâte humide. Et l'oxydent en gris.

C'est le signe d'un vrai pain aux noix. On ne cherche pas à l'éviter.

Hydratation 70 %, pousse lente, cuisson à la vapeur. Et l'on attend qu'il soit froid pour couper.

Préparation pas à pas

  1. Torréfier les cerneaux 10 min à 160 °C, laisser refroidir 10 min

    Grillés, croquants, la peau conservée.

  2. Mélanger farines, eau, levure ; 30 min d'autolyse ; ajouter le sel 35 min

    Sans les noix.

  3. Pétrir 10 min jusqu'à une pâte lisse et élastique 10 min

    Le gluten se forme sans obstacle.

  4. Pousse 1 h, un rabat à 30 min 1 h

    Pâte couverte, à température ambiante.

  5. DERNIER RABAT : étaler la pâte, répartir les noix, replier 3 fois 5 min

    Elles se répartissent sans déchirer le gluten ni se briser.

  6. Pousse 1 h 30, façonner en boule, apprêt 1 h 30 en banneton 3 h

    La mie grisonne autour des noix : les tanins de la peau.

  7. Cuire en cocotte préchauffée à 240 °C, 25 min couvert, 15 min découvert 40 min

    Croûte brune et craquelée.

  8. Refroidir COMPLÈTEMENT sur grille avant de couper 2 h

    Chaud, la mie autour des noix est gommeuse.

Le conseil du caviste

Un pain qu'on ne mange pas seul : il porte un fromage, et c'est le fromage qui choisit le verre.

Avec un bleu, le Château Moulin Caresse Magie d'Automne Moelleux à 8 °C : le sucre contre le sel.

Avec un comté ou une tomme, le Château les Farcies du Pech Pécharmant à 17 °C.

Avec un chèvre frais, le Domaine de Mayat Chardonnay à 10 °C.

Le pain n'est jamais l'accord, il en est le passeur. On n'accorde pas un vin à un pain, mais à ce qu'il porte ; le pain aux noix, lui, n'est pas neutre pour autant. Ses tanins de peau de noix et son grillé de torréfaction s'ajoutent au fromage et tirent l'ensemble vers le rouge : sur un comté, où l'on hésiterait entre blanc et rouge, la tranche de pain aux noix fait pencher vers le Pécharmant. Le pain ne décide pas, mais il vote.

À éviter : un rouge très tannique sur bleu et pain aux noix, l'astringence s'additionne.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne MoelleuxChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Moelleux 9,90 €
Château les Farcies du Pech PécharmantChâteau les Farcies du Pech Pécharmant 14,00 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Mon pain n'a pas levé

Noix pétries avec la farine : le gluten est déchiré. On pétrit la pâte seule, et on incorpore les noix au dernier rabat.

Les noix ont disparu, il ne reste que des miettes

Même cause : le pétrin les a broyées. Au rabat, à la main, en repliant la pâte dessus.

La mie est grise, est-ce normal ?

Oui, et c'est le signe d'un vrai pain aux noix : les tanins de la peau des cerneaux teintent la pâte. Un pain aux noix à mie blanche a été fait avec des noix pelées, sans goût.

Les noix sont molles et âpres

Pas torréfiées. Dix minutes à 160 °C avant : elles grillent et restent croquantes sous la croûte.

La mie est gommeuse autour des noix

Coupé chaud. Refroidissement complet sur grille, deux heures.

La croûte est pâle et molle

Pas de vapeur, four trop doux. Cocotte en fonte préchauffée à 240 °C, couvercle 25 min, puis découvert.

Conservation & préparation anticipée

Le pain aux noix se garde 4 jours dans un torchon, à température ambiante, la croûte contre la planche.

Il est meilleur le lendemain : les arômes de noix diffusent dans la mie.

Tranché, il se congèle 3 mois ; on passe les tranches au grille-pain sans décongeler.

Jamais au réfrigérateur : la mie rassit trois fois plus vite.

Rassis, il fait les meilleurs croûtons pour une salade au bleu.

Variantes

Pain aux noix et aux raisins

100 g de noix, 100 g de raisins secs trempés : le pain du foie gras.

Pain aux noisettes

Les noisettes torréfiées et frottées dans un torchon pour ôter la peau : la mie reste claire.

Le pain de base

Notre pain de campagne maison.

Questions fréquentes

Pourquoi torréfier les noix ?

Crues, elles ont un goût vert et ramollissent dans la pâte. Dix minutes à 160 °C : arômes grillés et croquant conservé.

Pourquoi au dernier rabat ?

Pétries avec la farine, les noix déchirent le gluten et se brisent en miettes. Au rabat, on les replie dans une pâte déjà formée.

Pourquoi la mie est-elle grise ?

Les tanins de la peau fine des cerneaux migrent dans la pâte et l'oxydent. C'est le signe d'un vrai pain aux noix.

Combien de noix ?

200 g pour 500 g de farine, presque la moitié : un pain aux noix qui en manque est un pain de campagne déguisé.

Levure ou levain ?

Les deux marchent. Le levain apporte une acidité qui va très bien avec la noix et le fromage, et une conservation plus longue.

Quel vin servir avec ?

Celui du fromage qu'il porte : moelleux sur un bleu, Pécharmant sur un comté. Le pain ne décide pas, mais ses tanins de noix tirent vers le rouge.

Le pain aux noix est le pain du plateau de fromages, celui qu'on sert avec un roquefort ou un comté et qu'on regrette d'avoir acheté quand il n'a que trois cerneaux par tranche. À la maison, on en met 200 g pour 500 g de farine, presque la moitié du poids, et le pain change de nature.

Deux détails techniques le distinguent d'un pain de campagne auquel on aurait jeté des noix. Le premier est la torréfaction : dix minutes à 160 °C avant de les incorporer. Les cerneaux crus ont un goût vert, un peu âpre, et ramollissent dans la pâte ; torréfiés, ils développent des arômes grillés et gardent leur croquant sous la croûte. Le second est le moment de l'incorporation. Pétrir les noix avec la farine, c'est déchirer le réseau de gluten à chaque tour de pétrin, et broyer les cerneaux en miettes : le pain lève mal et les noix ont disparu. On pétrit donc la pâte seule, on la laisse commencer sa pousse, et l'on incorpore les noix au dernier rabat, en les étalant sur la pâte dépliée et en la repliant dessus, deux ou trois fois : elles se répartissent sans casser rien.

La couleur, enfin, surprend toujours : la mie d'un pain aux noix est gris-brun, parfois presque mauve autour des cerneaux. Ce ne sont pas les noix broyées, c'est leur peau fine, la pellicule brune qui entoure le cerneau, chargée de tanins qui migrent dans la pâte humide pendant la pousse et l'oxydent en gris. C'est le signe d'un vrai pain aux noix, et l'on ne cherche pas à l'éviter.

La pâte est celle d'un pain de campagne, avec un peu de farine de seigle pour l'accord avec la noix, une hydratation de 70 % et une pousse lente ; on cuit chaud, avec de la vapeur, et l'on attend que le pain soit froid pour le couper : chaud, la mie autour des noix est encore gommeuse.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne MoelleuxChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Moelleux 9,90 €
Château les Farcies du Pech PécharmantChâteau les Farcies du Pech Pécharmant 14,00 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €

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