Plaque de pâte de coings ambrée coupée en cubes sur une planche, fromage de brebis, noix et coing frais

Conserve

Pâte de coings : la pectine est dans les pépins et la peau, on les cuit avec le fruit et la pâte prend seule

La pâte de coings tient sans gélifiant ajouté parce que le coing est le fruit le plus riche en pectine, et que cette pectine est concentrée dans les pépins, le cœur et la peau. On cuit donc le fruit entier, on passe, puis on cuit la pulpe avec son poids de sucre jusqu'à ce que la cuillère laisse un sillon : la pâte prend en séchant, et rosit d'elle-même.

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 1 h 30
  • Repos : 2 à 3 jours de séchage à l'air
  • Économique
  • Une plaque de 1,5 kg
  • Facile
  • Automne
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Ingrédients

Une plaque de 1,5 kg

Ustensiles

  • UN MOULIN À LÉGUMES, GRILLE FINE (L'OUTIL DU PLAT : il retient pépins et peaux après qu'ils ont donné leur pectine)
  • une bassine à confiture en cuivre, ou une grande casserole à fond épais (la pâte attache)
  • une cuillère en bois à long manche (la pâte crache : on se protège)
  • un cadre ou un plat rectangulaire chemisé de papier cuisson (plaque de 2 cm d'épaisseur)
  • une grille (pour le séchage, l'air passe dessous)
  • un couteau lisse (cubes ou bâtonnets, jamais réguliers)

L'astuce du chef

Cotignac à Orléans, membrillo en Espagne. Une des plus vieilles confiseries d'Europe.

Le coing cru est immangeable, dur et astringent. Cuit, il devient une pâte ambrée.

La plupart des recettes jettent ce qui la fait tenir. Pépins, cœur et peau.

Le coing est le fruit le plus riche en pectine. Mais elle est concentrée dans les pépins, le cœur et la peau.

Peler et évider, c'est retirer la moitié du gélifiant. On obtient une pâte molle.

On cuit donc les coings entiers, en quartiers, avec tout. Dans un fond d'eau, jusqu'à tendres.

On passe au moulin à légumes, grille fine. Il retient pépins et peaux, la pectine est passée.

Seconde cuisson : le même poids de sucre que de pulpe. Feu doux, on remue sans arrêt.

La pâte épaissit, fonce, et rosit. Ce n'est pas du caramel.

Ce sont les tanins du coing qui deviennent des pigments rouges. Chaleur et acide.

On arrête au sillon : la cuillère laisse une trace qui ne se referme pas. Le point de prise.

On coule en plaque, et deux à trois jours à l'air. C'est le séchage qui fait la pâte ferme.

Préparation pas à pas

  1. Brosser les coings, couper en quartiers SANS peler ni évider 10 min

    Pépins et peau restent.

  2. Cuire à couvert dans 2 cm d'eau, 40 min, jusqu'à ce qu'ils soient tendres 40 min

    La pectine passe dans l'eau et la chair.

  3. Passer au moulin à légumes, grille fine 10 min

    Pépins et peaux restent dans le moulin.

  4. Peser la pulpe, ajouter le même poids de sucre et le jus de citron 3 min

    Dans la bassine.

  5. Cuire à feu doux en remuant SANS ARRÊT, 40 à 50 min 45 min

    La pâte épaissit, fonce et rosit : ce sont les tanins qui rougissent.

  6. Test du sillon : la cuillère tirée au fond laisse une trace qui reste 1 min

    On arrête là.

  7. Couler en plaque de 2 cm sur papier cuisson, lisser 3 min

    Laisser refroidir.

  8. Sécher 2 à 3 jours à l'air, retourner à mi-temps, couper en cubes 3 jours

    Rouler dans le sucre si l'on veut.

Le conseil du caviste

Une confiserie sucrée, parfumée, légèrement astringente, qui se mange surtout avec le fromage : brebis des Pyrénées, manchego, tomme.

Le Château Beynat Castillon Côtes de Bordeaux à 16 °C, un rouge sec, sur brebis et pâte de coings.

Le Bordeaux Château Tour de Biot Rouge à 16 °C.

Le Château Moulin Caresse La Frangine Moelleux à 8 °C, si la pâte se mange seule, en confiserie.

Quand le condiment apporte le sucre, le vin peut rester sec. La règle veut qu'un fromage à pâte pressée appelle un rouge, et qu'un dessert appelle un moelleux ; sur le plateau, la pâte de coings met les deux dans la même bouchée. C'est elle qui fait alors le travail du sucre : elle enrobe le tanin, adoucit le sel du fromage, et le rouge sec, qui aurait paru rêche sur la brebis seule, devient rond. On n'a plus besoin du moelleux, le condiment l'a remplacé.

À éviter : un liquoreux sur le fromage ET la pâte de coings, ce serait sucre sur sucre.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Bordeaux Château Tour de Biot RougeBordeaux Château Tour de Biot Rouge 5,00 €
Château Moulin Caresse La Frangine MoelleuxChâteau Moulin Caresse La Frangine Moelleux 6,60 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Ma pâte ne prend pas

Coings pelés et évidés : la pectine est partie avec les pépins. On cuit tout, on passe au moulin. Si c'est déjà fait, on prolonge la cuisson jusqu'au sillon et le séchage à cinq jours.

Elle est restée jaune pâle

Cuisson trop courte ou trop vive. Feu doux, longtemps : ce sont les tanins qui rougissent avec le temps et l'acide. Le jus de citron aide.

Elle a attaché et brûlé au fond

On ne s'arrête jamais de remuer les vingt dernières minutes, à feu doux, avec une cuillère qui racle le fond.

Elle est collante après trois jours

Trop épaisse, ou pièce humide. Plaque de 2 cm maximum, sur une grille, dans une pièce sèche ; ou une heure au four à 50 °C, porte entrouverte.

Elle est granuleuse

Moulin à grille trop grosse, ou sucre mal dissous. Grille fine, et le sucre ajouté à la pulpe encore chaude.

Elle est trop sucrée

C'est une confiserie : le poids de sucre égal à la pulpe est aussi ce qui la conserve. On peut descendre à 80 %, pas en dessous.

Conservation & préparation anticipée

La pâte de coings se garde 6 mois dans une boîte hermétique, entre des feuilles de papier cuisson, au sec et au frais.

Roulée dans le sucre, elle se garde encore mieux : le sucre absorbe l'humidité de surface.

Elle ne se met pas au réfrigérateur : elle y devient collante.

Elle se congèle 1 an, en plaque, filmée.

Si elle ramollit avec le temps, un jour sur une grille à l'air la raffermit.

Variantes

Pâte de coings à la vanille

Une demi-gousse fendue dans la seconde cuisson, retirée avant de couler.

Pâte de coings et de pommes

Un tiers de pommes acides : plus douce, plus claire, tout aussi ferme.

Pour l'accompagner

Notre plateau de fromages.

Questions fréquentes

Pourquoi ne pas peler les coings ?

Parce que la pectine, qui fait prendre la pâte, est concentrée dans les pépins, le cœur et la peau. On cuit tout, et le moulin à légumes retient ce qu'on ne mange pas.

Pourquoi la pâte rosit-elle ?

Ce n'est pas du caramel : les tanins du coing se transforment en pigments rouges sous l'effet de la chaleur et de l'acide. Plus la cuisson est longue et douce, plus elle est foncée.

Comment savoir si c'est cuit ?

La cuillère tirée au fond de la bassine laisse un sillon qui ne se referme pas.

Combien de sucre ?

Le même poids que la pulpe passée. C'est ce qui la conserve six mois.

Pourquoi sécher à l'air ?

La pâte coulée est encore molle ; c'est l'évaporation de deux à trois jours qui la rend ferme et coupable en cubes.

Quel vin servir avec ?

Avec le fromage, un rouge sec : la pâte de coings apporte le sucre qui adoucit le tanin. Seule, en confiserie, un moelleux.

La pâte de coings, cotignac à Orléans, membrillo en Espagne, est l'une des plus vieilles confiseries d'Europe : le coing, immangeable cru, dur et astringent, devient en cuisant une pâte ambrée, parfumée, qu'on mange avec le fromage ou en carrés au sucre. Elle ne demande que du fruit, du sucre et du temps ; mais la plupart des recettes jettent précisément ce qui la fait tenir.

Le coing est le fruit le plus riche en pectine, cette fibre qui, cuite avec du sucre et de l'acide, forme un gel. Mais la pectine n'est pas répartie uniformément : elle est concentrée dans les pépins, le cœur et la peau, bien plus que dans la chair. Peler et évider les coings avant de les cuire, comme on le fait d'une pomme, c'est retirer la moitié du gélifiant ; on obtient alors une pâte molle qu'il faut sécher des jours. La bonne méthode cuit les coings entiers, seulement brossés et coupés en quartiers avec leurs pépins, dans un fond d'eau, jusqu'à ce qu'ils soient tendres ; on passe ensuite le tout au moulin à légumes, grille fine, qui retient pépins et peaux mais a laissé leur pectine passer dans la pulpe.

La seconde cuisson est celle du sucre : le même poids de sucre que de pulpe, à feu doux, en remuant sans arrêt car la pâte attache et crache. Elle épaissit, fonce, et surtout rosit : ce rougissement n'est pas du caramel, ce sont les tanins du coing qui, sous l'effet de la chaleur et de l'acide, se transforment en pigments rouges, comme dans la gelée de coings. On arrête quand la cuillère, tirée au fond de la bassine, laisse un sillon qui ne se referme pas. On coule en plaque de deux centimètres, et l'on laisse sécher deux à trois jours à l'air : c'est le séchage qui donne la pâte ferme qu'on coupe en cubes.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Bordeaux Château Tour de Biot RougeBordeaux Château Tour de Biot Rouge 5,00 €
Château Moulin Caresse La Frangine MoelleuxChâteau Moulin Caresse La Frangine Moelleux 6,60 €

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