Pinsa romaine ovale à la base blanche, couverte après cuisson de larges plis de mortadelle rose piquée de pistaches, burrata déchirée dont la crème coule, pistaches concassées et poivre, mortadelle entière entamée et bol de pistaches

Plat

Pinsa mortadelle et burrata : la garniture se pose APRÈS le four

Une mortadelle est une émulsion déjà cuite : un gel de protéines qui emprisonne des cubes de gras. Réchauffée, ce gel se rétracte et expulse son gras : la tranche devient à la fois grasse en bouche et sèche sous la dent. Elle se pose donc sur une pinsa sortie du four.

  • Préparation : 15 min
  • Cuisson : 8 min
  • Repos : 2 minutes de repos de la base avant de garnir, pas davantage
  • Moyen
  • 2 personnes
  • Facile
  • Toute l'année
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Ingrédients

2 personnes

Ustensiles

  • UNE MONTRE, POUR LES DEUX MINUTES DE REPOS (L'ÉTAPE DU PLAT : la base doit passer sous 40 °C avant la garniture)
  • une pierre à pizza préchauffée à 280 °C
  • une roulette à pizza (on coupe avant de garnir, jamais après : la mortadelle se déchirerait)
  • les mains (la burrata se déchire, la mortadelle se plisse)
  • un couteau lourd pour les pistaches (concassées grossièrement, jamais mixées)
  • une planche de service (la pinsa se sert à la planche, jamais à l'assiette)

L'astuce du chef

Rien de ce qui garnit cette pinsa ne passe au four. Et chacun des trois éléments a sa raison.

La mortadelle n'est pas une charcuterie crue. C'est une émulsion CUITE, cousine de la saucisse de Francfort.

Sa farce finement broyée forme un gel de protéines. Ce gel emprisonne l'eau et retient les cubes de lard.

Cet équilibre est déjà à son terme. Il n'y a rien à ajouter, seulement à préserver.

Réchauffée, deux choses arrivent ensemble. Le gel se rétracte et expulse son eau, et les cubes de lard fondent.

Le lard coule dès 35 à 45 °C. La tranche devient grasse en bouche ET sèche sous la dent.

Avec ce goût métallique des charcuteries recuites. Très reconnaissable une fois qu'on l'a identifié.

C'est l'inverse du problème d'une muffuletta glacée. Là, le gras figé bloque les arômes ; ici, il s'échappe.

La mortadelle a donc une fenêtre étroite : 20 °C. Ni sortie du froid, ni chauffée.

La burrata suit la même interdiction. Son cœur est une émulsion de crème qui se sépare au-delà de 40 °C.

Les pistaches aussi. Riches en acides gras insaturés, elles rancissent vite et prennent une amertume franche.

La base cuit donc NUE et repose deux minutes. Tout le reste arrive après, et l'on sert dans la minute.

Préparation pas à pas

  1. Sortir mortadelle et burrata 30 minutes avant 30 min

    Autour de 20 °C : c'est leur fenêtre de goût.

  2. Étirer la pinsa aux doigts, en ovale 5 min

    Sur farine de riz, en poussant le gaz vers les bords.

  3. Huiler à peine et cuire NUE, 8 min à 280 °C 8 min

    Rien dessus. Le bord doit gonfler et se tacher de brun.

  4. Sortir et LAISSER REPOSER 2 MINUTES 2 min

    Sous 40 °C. Sinon la crème de la burrata se sépare.

  5. Découper la base en parts, maintenant 2 min

    Avant la garniture : après, on déchirerait la mortadelle.

  6. Draper la mortadelle en larges plis 3 min

    Plissée, jamais à plat : les plis allègent la bouchée.

  7. Déchirer la burrata à la main par-dessus 2 min

    La crème doit couler entre les plis.

  8. Pistaches, poivre, huile, servir aussitôt 2 min

    Dans la minute. La base perd son croustillant très vite.

Le conseil du caviste

Cette pinsa est grasse, lactique et légèrement sucrée par la pistache. Elle demande de la fraîcheur et des bulles.

Le Tour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux à 7 °C, dont la bulle décroche le gras de la mortadelle.

Le Moulin Caresse Le Sémillon à 10 °C, plus rond, qui accompagne la burrata.

Le Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord à 9 °C pour un repas d'été.

La pistache appartient à la même famille aromatique que l'amande, et cette famille a une affinité connue avec les vins élevés sur lies, dont l'autolyse des levures produit précisément des notes d'amande fraîche et de brioche. C'est pourquoi un crémant, élevé sur lies par construction, fonctionne ici bien mieux qu'un blanc vif ordinaire.

À éviter : un rouge tannique, dont l'astringence s'accroche à la crème de la burrata.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Tour du Roy Brut Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux 9,50 €
Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Ma mortadelle est devenue grasse et sèche

Elle est passée au four. Son gel de protéines s'est rétracté et ses cubes de lard ont fondu : elle se pose sur une base déjà cuite.

La burrata a rendu de l'huile

La base était trop chaude. Deux minutes de repos suffisent à la faire passer sous 40 °C, seuil au-delà duquel l'émulsion casse.

Les pistaches sont amères

Elles ont chauffé. Leurs acides gras insaturés rancissent vite : on les concasse crues et on les ajoute en dernier.

La base est molle

Elle a attendu sous la garniture. Une pinsa garnie se sert dans la minute, et se découpe avant d'être garnie.

La bouchée est lourde

La mortadelle a été posée à plat. En larges plis, elle emprisonne de l'air et la même quantité paraît deux fois plus légère.

Peut-on remplacer la burrata ?

Par de la stracciatella, qui en est le cœur, ou par de la ricotta très fraîche. Une mozzarella ordinaire serait trop sèche ici.

Conservation & préparation anticipée

Rien ne se conserve monté : la base ramollit en cinq minutes sous la garniture.

La base cuite nue se garde 24 h et se réchauffe 3 minutes à 250 °C avant d'être garnie.

La mortadelle entamée se garde 3 jours, filmée au contact, et se sort toujours 30 minutes avant.

La burrata se mange le jour même, et au plus tard le lendemain.

Les pistaches concassées s'oxydent vite : on les concasse au moment de servir.

Variantes

Pinsa mortadelle et stracciatella

La stracciatella seule, sans la poche. Plus crémeuse encore, et plus facile à répartir.

Version au citron

Un zeste de citron sur la mortadelle. Il coupe le gras et réveille la pistache.

La base de cette recette

Notre pâte à pinsa romaine.

Le même fromage, sur pain

Notre tartine burrata et tomates confites.

Questions fréquentes

Peut-on faire cuire la mortadelle sur la pinsa ?

Non. C'est une émulsion déjà cuite : réchauffée, son gel de protéines se rétracte et ses cubes de lard fondent, la tranche devient grasse et sèche.

Pourquoi laisser reposer la base deux minutes ?

Pour qu'elle passe sous 40 °C. Au-delà, l'émulsion de crème de la burrata se sépare et devient huileuse.

Faut-il griller les pistaches ?

Pas pour cette recette. Leurs acides gras insaturés rancissent vite et prennent une amertume franche : on les concasse crues.

À quelle température servir la mortadelle ?

Autour de 20 °C. Trop froide, son gras figé bloque les arômes ; trop chaude, il s'échappe. La fenêtre est étroite.

Quand découper la pinsa ?

Avant de la garnir. Une fois la mortadelle posée, la roulette la déchire et arrache toute la garniture.

Quel vin servir avec ?

Un crémant à 7 °C. L'élevage sur lies produit des notes d'amande fraîche qui rejoignent la pistache, et la bulle décroche le gras.

La pinsa mortadelle, burrata et pistache est devenue en quelques années la garniture emblématique des pinserie romaines, et elle repose entièrement sur une règle : rien de ce qui la compose ne passe au four.

Prenons la mortadelle. Ce n'est pas une charcuterie crue mais une émulsion cuite, cousine technique de la saucisse de Francfort : sa farce très finement broyée forme, à la cuisson en étuve, un gel de protéines qui emprisonne l'eau et retient les cubes de lard visibles. Cet équilibre est déjà à son terme. Si on la réchauffe, deux choses se produisent en même temps : le gel protéique se rétracte et expulse une partie de son eau, et les cubes de lard fondent, puisqu'ils coulent dès 35 à 45 °C. Le résultat est paradoxal et très reconnaissable : la tranche devient grasse en bouche et sèche sous la dent, avec ce goût un peu métallique des charcuteries recuites.

C'est exactement l'inverse du problème d'une muffuletta servie glacée, où le même gras, trop froid, reste cristallisé et bloque les arômes. La mortadelle a donc une fenêtre étroite : autour de 20 °C, ni plus, ni moins.

La burrata suit la même interdiction, pour une autre raison : son cœur est une émulsion de crème, qui se sépare au-delà de 40 °C. Et les pistaches, enfin, sont riches en acides gras insaturés qui rancissent vite à la chaleur : grillées puis passées au four, elles prennent une amertume franche.

La pinsa cuit donc nue, ou tout au plus avec un filet d'huile, et tout le reste arrive dessus une fois qu'elle a reposé deux minutes. On la sert immédiatement après.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Tour du Roy Brut Prestige Crémant de BordeauxTour du Roy Brut Prestige Crémant de Bordeaux 9,50 €
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