Tartines de pain grillé aux tomates confites brunes et brillantes et à la burrata déchirée dont la crème coule, basilic et poivre concassé, burrata entière sur une assiette, plat de tomates confites au thym et à l'ail

Entrée

Tartine burrata : sur un pain brûlant, sa crème se sépare et devient huileuse

Une burrata n'est pas un fromage à cuire : son cœur est une émulsion de crème et de filaments. Au-delà de 40 °C, les globules gras coalescent, l'émulsion casse et la crème se sépare en une flaque huileuse et granuleuse.

  • Préparation : 15 min
  • Cuisson : 2 h 30 pour les tomates confites
  • Repos : 30 min de retour à température pour la burrata, et 2 min de repos du pain grillé
  • Moyen
  • 4 personnes
  • Facile
  • Été
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • VOS MAINS (L'USTENSILE DU PLAT : une burrata se déchire, elle ne se coupe pas)
  • un four à 120 °C pour les tomates (deux heures et demie : c'est la seule longueur de la recette)
  • une plaque et du papier cuisson
  • un gril ou une poêle striée pour le pain
  • une montre (deux minutes de repos du pain, c'est court mais décisif)
  • une assiette creuse (la crème coule : on la rattrape et on la remet dessus)

L'astuce du chef

La burrata est un objet fragile déguisé en fromage. Dehors, de la pasta filata ; dedans, tout autre chose.

Son cœur est de la stracciatella. Des lambeaux de pâte filée noyés dans de la crème fraîche.

Ce cœur n'est pas un fromage, c'est une ÉMULSION. Et une émulsion, cela se casse.

Dans la crème, le gras est en globules microscopiques. Tenus en suspension par leur membrane.

La chaleur fragilise cette membrane. Les globules se rencontrent, fusionnent, se rassemblent : c'est la coalescence.

Au-delà d'environ 40 °C, c'est visible. Une flaque grasse d'un côté, un résidu blanc granuleux de l'autre.

La texture soyeuse disparaît en quelques secondes. Et rien ne la ramène.

C'est l'inverse exact d'un panini. Là on veut que la mozzarella fonde, et elle le supporte parce qu'elle n'a pas de crème.

Le pain se grille, puis REPOSE deux minutes. Le temps de redescendre sous le seuil.

Et jamais de four avec la burrata dessus. Sous aucun prétexte, quelle que soit la recette lue ailleurs.

Elle se déchire à la main. Un couteau écrase la poche et la crème fuit d'un coup.

Elle se sort 30 minutes avant. Glacée, elle n'a littéralement aucun goût.

Préparation pas à pas

  1. Confire les tomates 2 h 30 à 120 °C 150 min

    Avec thym, ail et huile. Elles doivent réduire de moitié.

  2. Sortir les burratas du réfrigérateur, 30 min avant 30 min

    Glacée, une burrata n'a aucun goût.

  3. Griller les tranches de pain sur les deux faces 5 min

    Bien marquées, presque noires par endroits.

  4. LES LAISSER REPOSER 2 MINUTES 2 min

    Le temps qu'elles passent sous 40 °C. C'est l'étape qu'on saute.

  5. Répartir les tomates confites sur le pain tiède 3 min

    Avec un peu de leur huile.

  6. DÉCHIRER la burrata à la main, à gros lambeaux 4 min

    La crème s'installe doucement au lieu de fuir d'un coup.

  7. Arroser d'huile, fleur de sel, poivre concassé 2 min

    L'huile d'olive est ici un ingrédient à part entière.

  8. Basilic déchiré et service immédiat 1 min

    Déchiré, jamais coupé : la lame l'oxyde et le noircit.

Le conseil du caviste

La burrata est lactique, douce et très grasse, les tomates confites apportent le sucré et l'acidité.

Le Moulin Caresse Le Sémillon à 10 °C, dont la rondeur épouse la crème.

Le Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord à 9 °C pour un déjeuner d'été.

Le Château Les Hauts de Caillevel Les Brumes à 10 °C quand la tomate domine.

Un fromage frais très gras a besoin d'acidité, mais pas de n'importe laquelle : une acidité trop tranchante fait floculer les protéines lactiques en bouche, ce qu'on perçoit comme une sensation granuleuse. Un blanc de matière, acide mais rond, passe donc mieux qu'un blanc très nerveux, et c'est l'un des rares cas où l'on ne cherche pas la vivacité maximale.

À éviter : un rouge tannique, dont l'astringence tourne au crayeux sur la crème.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Château Les Hauts de Caillevel Les BrumesChâteau Les Hauts de Caillevel Les Brumes 14,50 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

La crème de ma burrata s'est séparée

Le pain était trop chaud. Au-delà de 40 °C les globules gras coalescent et l'émulsion casse : on laisse le pain reposer deux minutes.

Elle est huileuse et granuleuse

Même cause, ou elle est passée au four. Une burrata ne se chauffe jamais, contrairement à une mozzarella nature.

Toute la crème s'est échappée d'un coup

Elle a été coupée au couteau, qui écrase la poche. On la déchire à la main, là où l'on veut qu'elle s'ouvre.

Elle n'a pas de goût

Elle était glacée. Trente minutes à température ambiante, et le même fromage devient tout autre chose.

Le pain est détrempé

Les tomates ont été posées avec trop d'huile, ou la tartine a attendu. Elle se monte à la minute.

Peut-on remplacer par de la mozzarella ?

Oui, et elle supportera mieux la chaleur, faute de crème à l'intérieur. Mais on perd le cœur coulant, qui est tout l'intérêt.

Conservation & préparation anticipée

Une burrata se mange le jour de son achat, et au plus tard le lendemain : sa crème n'est protégée par rien.

Elle ne se congèle jamais : l'émulsion casse au dégel, exactement comme à la chaleur.

Elle se conserve dans son petit-lait, jamais égouttée à l'avance.

Les tomates confites se gardent 10 jours au réfrigérateur, couvertes d'huile.

Les tartines se montent à la minute et ne se réchauffent sous aucun prétexte.

Variantes

Burrata et pêche

Des quartiers de pêche jaune à la place des tomates, en été. Même règle : pain tiède, jamais chaud.

Burrata, anchois et citron

Deux filets d'anchois et un zeste de citron. Le sel fait ressortir la douceur lactique.

L'autre fromage sur pain, à l'opposé

Notre tartine de chèvre chaud, où l'on cherche au contraire la chaleur.

Le même fromage fondu

Notre panini jambon mozzarella.

Questions fréquentes

Peut-on faire chauffer une burrata ?

Non. Son cœur est une émulsion de crème : au-delà de 40 °C les globules gras coalescent, l'émulsion casse et la crème devient huileuse et granuleuse.

Le pain doit-il être chaud ?

Tiède seulement. On le grille puis on le laisse reposer deux minutes, le temps qu'il redescende sous 40 °C.

Pourquoi ne pas couper la burrata ?

Parce que la lame écrase la poche et fait fuir toute la crème d'un coup. Déchirée à la main, elle s'ouvre où l'on veut.

Combien de temps avant la sortir du frigo ?

Trente minutes. Une burrata glacée n'a aucun goût : son gras figé ne libère pas ses arômes.

Quelle différence avec la mozzarella ?

La burrata est une poche de mozzarella remplie de stracciatella et de crème. C'est cette crème qui la rend délicieuse et qui interdit de la chauffer.

Quel vin servir avec une burrata ?

Un blanc de matière à 10 °C, acide mais rond. Une acidité trop tranchante fait floculer les protéines lactiques et donne une sensation granuleuse.

La burrata est un objet fragile déguisé en fromage. Extérieurement, c'est une poche de pasta filata, la même pâte filée qu'une mozzarella. Mais à l'intérieur se trouve la stracciatella : des lambeaux de cette même pâte noyés dans de la crème fraîche. Ce cœur n'est pas un fromage, c'est une émulsion, et une émulsion se casse.

Dans la crème, la matière grasse est présente sous forme de globules microscopiques tenus en suspension dans l'eau par leur membrane. La chaleur fragilise cette membrane, et les globules se rencontrent, fusionnent, puis se rassemblent : c'est la coalescence. Passé environ 40 °C, le phénomène devient visible. La crème de la burrata se sépare en deux, une flaque grasse d'un côté, un résidu blanc granuleux de l'autre, et la texture soyeuse qu'on a payée disparaît en quelques secondes.

C'est exactement l'inverse d'un panini, où l'on veut au contraire que la mozzarella fonde. La différence tient à la crème : une mozzarella nature n'en contient pas et supporte très bien la chaleur.

La règle est donc que le pain doit être tiède, jamais brûlant. On le grille, on le laisse reposer deux minutes le temps qu'il redescende sous 40 °C, et seulement ensuite on pose la burrata. Et l'on ne passe jamais une burrata au four, sous aucun prétexte.

Deuxième point : la burrata ne se coupe pas au couteau, elle se déchire à la main. Une lame écrase la poche et fait fuir la crème d'un coup, alors qu'en la déchirant on ouvre la poche là où l'on veut et la crème s'installe doucement. Enfin, elle se sort du réfrigérateur trente minutes avant, parce qu'une burrata glacée n'a littéralement aucun goût.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Château Les Hauts de Caillevel Les BrumesChâteau Les Hauts de Caillevel Les Brumes 14,50 €

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