Panini italien coupé en deux en diagonale sur une planche en bois sombre, marques de gril brunes bien nettes, mozzarella filante entre les deux moitiés, jambon cotto et basilic, gril en fonte strié, mozzarella tranchée en train d'égoutter sur du papier

Entrée

Panini : à l'extérieur, de l'huile et jamais de beurre, le gril monte à 220 °C

Le beurre contient 16 % d'eau et des protéines de lait qui noircissent dès 130 °C. Un gril à panini travaille à 220 °C : le beurre y brûle avant que le pain n'ait doré. L'huile d'olive, elle, tient sans broncher jusqu'à 200 °C et au-delà.

  • Préparation : 10 min
  • Cuisson : 6 min
  • Repos : 30 minutes d'égouttage de la mozzarella sur papier absorbant
  • Économique
  • 2 paninis
  • Facile
  • Toute l'année
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Ingrédients

2 paninis

Ustensiles

  • UN PINCEAU (L'USTENSILE DU PLAT : il pose l'huile en couche mince et régulière, ce qu'une cuillère ne fait pas)
  • un gril à panini, ou une poêle striée et une seconde poêle lourde (la seconde poêle sert de presse : c'est la méthode des bars italiens)
  • du papier absorbant (trente minutes d'égouttage pour la mozzarella, à découvert)
  • un couteau bien affûté (on coupe en diagonale, une fois le panini reposé une minute)
  • une planche (sortir le panini sur une assiette froide le fait transpirer)
  • AUCUN beurre (il brûle avant que le pain ne dore)

L'astuce du chef

Un panini est un sandwich chaud PRESSÉ. Chaleur et pression : les deux contraintes décident de tout.

Le réflexe français est de beurrer l'extérieur. C'est l'erreur qui rate le plus de paninis.

Un gril à panini travaille entre 200 et 220 °C. Une poêle striée bien chaude aussi.

Le beurre contient 16 % d'eau. Elle s'évapore violemment et fait de la vapeur là où l'on veut du contact sec.

Et ses protéines de lait noircissent dès 130 °C. Le pain sort tacheté de brun amer avant même d'être doré.

L'huile d'olive n'a ni eau ni protéines. Elle transmet la chaleur sans fumer et laisse des stries nettes.

On la pose au pinceau, en couche mince. Sur les faces extérieures seulement.

Seconde erreur : la mozzarella non égouttée. Une fior di latte contient environ 60 % d'eau.

Dans un sandwich pressé, cette eau n'a nulle part où aller. La mie l'absorbe et devient une éponge tiède.

Trente minutes sur papier absorbant suffisent. Elle perd un tiers de son eau libre sans rien perdre de son filant.

La garniture reste sobre : trois éléments au plus. Trop épaisse, le cœur ne chauffe pas avant que l'extérieur ne brûle.

On presse franchement et on ne soulève pas. Un panini soulevé en cours de route porte des marques doubles.

Préparation pas à pas

  1. Trancher la mozzarella et l'ÉGOUTTER 30 min 32 min

    Sur papier absorbant, à découvert. Elle perd un tiers de son eau libre.

  2. Chauffer le gril à fond, 200 à 220 °C 6 min

    Vraiment chaud : un gril tiède cuit le pain à la vapeur au lieu de le marquer.

  3. Ouvrir le pain et garnir sobrement 4 min

    Jambon, mozzarella, basilic. Trois éléments, pas davantage.

  4. Badigeonner d'HUILE les faces EXTÉRIEURES 2 min

    Au pinceau, en couche mince. Jamais de beurre.

  5. Poser sur le gril et PRESSER franchement 1 min

    Le contact intime avec la plaque fait les stries.

  6. Cuire 3 minutes sans y toucher 3 min

    On ne soulève pas pour regarder : les marques se feraient en double.

  7. Retourner si la poêle n'est pas double, 3 min 3 min

    Presser à nouveau.

  8. Laisser reposer 1 minute, couper en diagonale 2 min

    Une minute de repos et le fromage ne s'échappe pas à la coupe.

Le conseil du caviste

Le panini est chaud, gras et fondant, avec une pointe de grillé. Il appelle de la fraîcheur et un peu de fruit.

Le Château Beynat Castillon Côtes de Bordeaux à 16 °C sur un panini au jambon et mozzarella.

Le Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord à 9 °C pour un déjeuner rapide.

Le Domaine de Mayat Chardonnay à 10 °C quand la garniture est aux légumes grillés.

Un fromage fondu se comporte tout autrement qu'un fromage froid : la chaleur libère ses acides gras à chaîne courte et amplifie considérablement sa perception grasse en bouche. Un vin qui accompagnait très bien la mozzarella crue en salade peut paraître mou sur la même mozzarella fondue : il faut monter d'un cran en acidité.

À éviter : un rouge tannique, dont l'astringence s'accroche au gras fondu et laisse une sensation pâteuse.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Mon pain a des taches noires et amères

Il a été beurré. Les protéines du lait noircissent dès 130 °C alors que le gril est à 220 : c'est l'huile d'olive au pinceau, sans exception.

Le pain est mou et détrempé

La mozzarella n'a pas été égouttée. Elle contient 60 % d'eau, qui n'a nulle part où aller dans un sandwich pressé.

Il n'y a pas de marques de gril

Le gril n'était pas assez chaud, ou on n'a pas assez pressé. Il faut 200 °C au moins et une vraie pression.

Les marques sont doubles et floues

Le panini a été soulevé en cours de cuisson et reposé de travers. On ne le déplace pas pendant les trois minutes.

Le cœur est froid

La garniture était trop épaisse. Trois éléments au maximum, en couche mince : au-delà, l'extérieur brûle avant que le centre ne chauffe.

Le fromage s'échappe à la coupe

Il manque la minute de repos. Une minute hors du gril suffit à ce que le fromage reprenne assez de tenue.

Conservation & préparation anticipée

Un panini se mange à la minute. Cinq minutes plus tard, la vapeur interne a ramolli les stries.

Il se réchauffe au gril, 2 minutes, jamais au micro-ondes, qui le rend caoutchouteux.

La mozzarella égouttée se garde 2 jours au réfrigérateur, dans une boîte fermée.

Les paninis se montent à l'avance, non grillés, et attendent une heure au frais sous film.

Le pain de la veille convient très bien : la chaleur et l'huile lui rendent tout.

Variantes

Panini aux légumes grillés

Courgettes et aubergines grillées, bien égouttées elles aussi, avec de la ricotta salata.

Panini à la mortadelle et pistache

Mortadelle, stracciatella égouttée et pistaches concassées. La version bolognaise du moment.

Le sandwich chaud français

Notre croque-monsieur, où la béchamel remplace le fromage frais.

Le même pain, froid

Notre ciabatta maison.

Questions fréquentes

Faut-il beurrer ou huiler un panini ?

Huiler, toujours. Le beurre contient 16 % d'eau et des protéines de lait qui noircissent dès 130 °C, alors que le gril travaille à 220 °C.

Pourquoi égoutter la mozzarella ?

Parce qu'elle contient environ 60 % d'eau. Dans un sandwich pressé, cette eau est absorbée par la mie, qui devient une éponge tiède.

Combien de temps l'égoutter ?

Trente minutes tranchée sur du papier absorbant, à découvert. Elle perd un tiers de son eau libre sans rien perdre de son filant.

Quel pain pour un panini ?

Une ciabatta ou une focaccia. Le pain de mie s'écrase complètement sous la presse et ne tient pas.

Peut-on mettre de la tomate fraîche ?

À condition de la trancher et de l'égoutter comme la mozzarella. Sinon elle rend son eau à la chaleur et détrempe tout.

Quel vin servir avec un panini ?

Un rouge souple à 16 °C ou un rosé vif. Le fromage fondu libère ses acides gras et paraît plus gras que froid : il faut monter en acidité.

Le panini est un sandwich chaud pressé, et cette double contrainte, chaleur et pression, décide de tout. Deux erreurs le ratent presque à coup sûr, et toutes les deux tiennent à l'eau.

La première concerne l'extérieur du pain. Le réflexe français est de beurrer, comme pour un croque-monsieur. Or un gril à panini, ou une poêle striée bien chaude, travaille entre 200 et 220 °C. À cette température, le beurre pose deux problèmes : il contient 16 % d'eau, qui s'évapore violemment et fait de la vapeur là où l'on veut de la conduction sèche, et surtout ses protéines de lait brunissent puis noircissent dès 130 °C. Le pain sort alors tacheté de brun-noir amer avant même d'être doré. L'huile d'olive, elle, ne contient ni eau ni protéines : elle transmet la chaleur sans fumer et laisse des marques nettes et régulières. On la pose au pinceau, en couche mince, sur les faces extérieures seulement.

La seconde erreur est la mozzarella. Une mozzarella fior di latte contient environ 60 % d'eau, dont une bonne partie est libre et s'échappe dès qu'elle chauffe. Enfermée dans un sandwich pressé, cette eau n'a nulle part où aller : elle est absorbée par la mie, qui devient une éponge tiède. La parade est mécanique et prend une demi-heure : on tranche la mozzarella et on la laisse égoutter sur du papier absorbant, à découvert, ce qui lui fait perdre un bon tiers de son eau libre sans rien changer à sa capacité de filer.

Le reste est affaire de bon sens italien. Le pain est une ciabatta ou une focaccia, jamais un pain de mie. La garniture est sobre, trois éléments au maximum, parce qu'une garniture épaisse empêche le cœur de chauffer avant que l'extérieur ne brûle. Et l'on presse franchement : le contact intime entre le pain et la plaque est ce qui donne les stries.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €

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