Deux ciabattas rustiques sur une planche, croûte pâle bien farinée et forme irrégulière affaissée, une rompue montrant une mie très alvéolée aux grands trous, saladier de pâte collante

Accompagnement

Ciabatta : on ne la façonne pas, on la coupe et on la retourne

Tout ce qu'on apprend à faire à un pain, bouler, serrer, tendre la surface, chasse exactement les grosses alvéoles qui font une ciabatta. Ici, on découpe la pâte au coupe-pâte, on la retourne sur la plaque, et on n'y touche plus. La forme est un accident assumé.

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 25 min
  • Repos : 1 nuit de poolish, 3 h de pousse avec 4 séries de rabats, 45 min d'apprêt
  • Économique
  • 2 ciabattas
  • Intermédiaire
  • Toute l'année
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Ingrédients

2 ciabattas

Ustensiles

  • UN COUPE-PÂTE (L'USTENSILE DU PLAT : il découpe sans écraser, ce qu'un couteau ne fait pas)
  • un grand saladier et une main mouillée (les rabats se font à la main mouillée, jamais farinée : l'eau ne colle pas)
  • un linge très fariné (la pâte y repose pendant l'apprêt, dans des plis qui la soutiennent)
  • une plaque et du papier cuisson (on retourne les morceaux dessus et on n'y touche plus)
  • un four à 240 °C avec un plat d'eau (la vapeur retarde la formation de la croûte et laisse la pâte se développer)
  • AUCUN robot pétrisseur nécessaire (les rabats font le travail, et mieux qu'un crochet sur une pâte si liquide)

L'astuce du chef

La mie très ouverte est le produit. On juge une ciabatta à sa coupe, jamais à sa forme.

L'hydratation est de 80 %. Quarante centilitres d'eau pour 500 g de farine, contre 60 à 65 % dans un pain courant.

Une pâte aussi liquide ne se pétrit pas. Elle se développe par rabats, quatre séries espacées de trente minutes.

Les rabats alignent le gluten sans le serrer. On soulève un bord, on le rabat au centre, et on tourne le saladier d'un quart.

L'eau laisse les bulles fusionner. Dans une pâte molle, elles se rejoignent pendant la pousse au lieu de rester séparées.

Le façonnage chasse le gaz. Bouler, serrer et tendre une pâte ont pour fonction de redistribuer les bulles en petites bulles régulières.

C'est exactement ce qu'on refuse ici. Ce geste est juste pour un pain de mie et catastrophique pour une ciabatta.

On découpe et on retourne, rien d'autre. Au coupe-pâte, d'un geste net : les bulles formées restent en place.

Un couteau ne convient pas. Il écrase et traîne la pâte : le coupe-pâte tranche d'un coup vertical.

La forme est un accident assumé. Bosselée, asymétrique, affaissée : ciabatta veut dire pantoufle, et le nom est honnête.

La main se mouille, elle ne se farine pas. Une main mouillée ne colle pas à une pâte hydratée ; une main farinée, si.

La vapeur retarde la croûte. Un plat d'eau au fond du four laisse le pain se développer avant que la surface ne se fige.

Préparation pas à pas

  1. LA VEILLE : faire la poolish, 12 h à température 10 min

    75 g de farine, 75 g d'eau, une pointe de levure. Elle doit buller et sentir l'acidulé.

  2. Mélanger farine, eau, poolish, sans le sel 8 min

    Grossièrement, à la main. Puis 30 minutes de repos : la farine s'hydrate seule.

  3. Ajouter sel, levure et huile, mélanger 5 min

    La pâte est très liquide et colle partout. C'est normal, et c'est voulu.

  4. 4 SÉRIES DE RABATS, toutes les 30 minutes 150 min

    Main mouillée, on soulève un bord et on le rabat au centre. On aligne le gluten sans serrer.

  5. Laisser pousser jusqu'à ce que la pâte double 60 min

    Elle devient bombée et pleine de bulles visibles. Ce sont elles, le pain.

  6. Verser sur un plan TRÈS fariné, sans dégazer 5 min

    On la laisse couler seule. On ne la retourne pas, on ne la tapote pas.

  7. DÉCOUPER en 2 rectangles et RETOURNER sur la plaque 5 min

    Au coupe-pâte, d'un geste net. C'est tout le façonnage de la recette.

  8. Apprêt 45 min, puis 25 min à 240 °C avec vapeur 70 min

    Un plat d'eau au fond du four. La croûte doit sonner creux et rester pâle.

Le conseil du caviste

La ciabatta est un pain neutre et très absorbant. C'est ce qu'elle absorbe qui compte pour le verre.

Le Moulin Caresse Le Sauvignon à 9 °C quand elle sert de support à une bruschetta ou à des légumes grillés.

Le Château Beynat Castillon Côtes de Bordeaux à 16 °C avec une charcuterie italienne et du fromage.

Le Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord à 9 °C pour un apéritif d'été.

Une mie très alvéolée boit énormément d'huile d'olive, et cela change l'accord bien plus qu'on ne l'imagine : deux tranches de ciabatta arrosées font autant de gras qu'une entrée entière. Il faut alors monter d'un cran en acidité, ce qu'un pain de mie serré ne demanderait pas.

À éviter : un rouge lourd et alcooleux sur un apéritif à l'huile d'olive, l'ensemble devient pesant en trois bouchées.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Ma mie est serrée, sans grands trous

La pâte a été façonnée. Bouler et serrer chassent le gaz et redistribuent les bulles : on découpe au coupe-pâte, on retourne, et on n'y touche plus.

La pâte colle à tout

C'est normal à 80 % d'hydratation. On travaille à la main MOUILLÉE, jamais farinée, et le plan de travail est très fariné.

Elle s'est complètement étalée

Pousse trop longue, ou farine trop faible. Il faut une T65 ou une type 0 italienne : une T45 ne tient pas cette hydratation.

La croûte est épaisse et dure

Il manquait la vapeur. Un plat d'eau au fond du four retarde la formation de la croûte et laisse le pain se développer.

Elle est pâle et molle

Four pas assez chaud. 240 °C, et on ne sort pas avant que le dessous sonne creux.

Elle est irrégulière et bosselée

C'est exactement ce qu'elle doit être. Ciabatta veut dire pantoufle : la forme est le prix de la mie.

Conservation & préparation anticipée

La ciabatta se mange le jour même, comme tous les pains à mie très ouverte : ils sèchent plus vite qu'une mie serrée.

Elle se réchauffe 5 minutes à 200 °C, ce qui lui rend l'essentiel de sa croûte.

Elle se congèle cuite, 2 mois, entière, et se repasse directement congelée 12 minutes à 200 °C.

La poolish se garde 24 heures au réfrigérateur après ses 12 heures à température.

Rassise, elle fait la meilleure panzanella : sa mie ouverte boit la vinaigrette sans se défaire.

Variantes

Ciabatta aux olives

Cent cinquante grammes d'olives ajoutées au dernier rabat. Elles alourdissent la pâte : compter vingt minutes de pousse en plus.

Ciabatta au levain

La poolish remplacée par 150 g de levain liquide et pas de levure du tout. La pousse passe à cinq heures et le goût gagne beaucoup.

L'autre pain plat italien

Notre focaccia au romarin, où l'on creuse au contraire la pâte du bout des doigts.

Ce qu'elle devient rassise

Notre panzanella toscane.

Questions fréquentes

Pourquoi ma ciabatta n'a-t-elle pas de grands trous ?

Parce qu'elle a été façonnée. Bouler, serrer et tendre une pâte chassent le gaz et redistribuent les bulles en petites bulles régulières : c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire ici.

Comment façonne-t-on une ciabatta alors ?

On ne la façonne pas. On verse la pâte sur un plan très fariné, on la découpe en rectangles au coupe-pâte et on retourne chaque morceau sur la plaque. C'est tout.

La pâte est trop collante, est-ce normal ?

Oui, à 80 % d'hydratation. On travaille à la main mouillée et non farinée : l'eau ne colle pas à la pâte, la farine sèche si.

Faut-il un robot pétrisseur ?

Non, et il ferait moins bien. Quatre séries de rabats espacées de trente minutes développent le gluten sans le serrer, ce qu'un crochet ne sait pas faire sur une pâte si liquide.

Quelle farine utiliser ?

Une T65 ou une type 0 italienne. Il faut du gluten pour tenir 80 % d'eau : une T45 s'étalerait complètement.

Quel vin servir avec une ciabatta ?

Celui de ce qu'elle porte, mais un cran plus vif que d'habitude : une mie très alvéolée boit énormément d'huile d'olive, et ce gras compte autant qu'un plat.

La ciabatta est un pain récent, inventé en 1982 en Vénétie pour concurrencer la baguette française, et sa signature est une mie très ouverte : de grandes alvéoles irrégulières, aux parois fines et brillantes, séparées par très peu de matière. C'est un pain qu'on juge à la coupe, pas à la forme, et son nom, qui veut dire pantoufle, dit assez ce qu'on pense de son allure.

Deux choses produisent ces alvéoles, et la seconde est plus surprenante que la première.

La première est l'hydratation. Une pâte à ciabatta contient 80 % d'eau par rapport au poids de farine, contre 60 à 65 % pour un pain courant. Une pâte aussi liquide ne se pétrit pas à la main : elle se développe par rabats, quatre séries espacées de trente minutes, qui alignent le gluten sans jamais le serrer. Cette hydratation permet aussi aux bulles de gaz de fusionner entre elles pendant la pousse au lieu de rester séparées : c'est ce qui fait passer d'une mie régulière à une mie à grands trous.

La seconde est l'absence de façonnage, et c'est là que tout se joue. Bouler un pain, le serrer, tendre sa surface, sont des gestes qui ont une fonction précise : ils chassent le gaz et redistribuent les bulles en une multitude de petites bulles régulières. C'est exactement ce qu'on veut pour un pain de mie, et exactement ce qu'on refuse ici. Une ciabatta ne se façonne donc pas du tout : on verse la pâte sur un plan très fariné, on la découpe en rectangles au coupe-pâte, et on retourne chaque morceau sur la plaque. Rien d'autre. Les bulles qui se sont formées pendant les trois heures de pousse restent en place et se dilatent au four.

Le corollaire est qu'il faut accepter la forme. Une ciabatta est bosselée, asymétrique, un peu affaissée. C'est le prix de la mie, et c'est aussi son charme.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Château Beynat Castillon Côtes de BordeauxChâteau Beynat Castillon Côtes de Bordeaux 9,00 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €

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