Le pesto se fait en dix minutes et se rate en trente secondes, toujours de la même façon : il devient vert kaki, terne et un peu amer.
La cause n'est pas le temps. Les feuilles de basilic contiennent une enzyme, la polyphénol oxydase, enfermée dans les cellules. Dès qu'on déchire ces cellules et qu'on chauffe, elle s'active et brunit les pigments. Or les lames d'un robot tournant en continu montent à 40 ou 50 °C en moins d'une minute : c'est exactement ce qu'il ne faut pas.
Le mortier, lui, écrase sans chauffer : c'est pour ça qu'il donne un pesto plus vert et plus parfumé, et pas seulement par tradition. À défaut, robot par à-coups très courts, cuve et lames passées au congélateur.







