Pulpo a la gallega, tranches de poulpe à la peau brun rouge sur des rondelles de pomme de terre, pimentón et huile d'olive

Entrée

Pulpo a la gallega : on le trempe trois fois avant de l'immerger, sinon la peau se décolle

Le geste galicien s'appelle asustar el pulpo, effrayer le poulpe : trois trempages brefs dans l'eau bouillante avant l'immersion. La peau se rétracte d'un coup et se soude, au lieu de se détacher en lambeaux pendant l'heure de cuisson.

  • Préparation : 20 min
  • Cuisson : 50 min
  • Repos : 20 min dans l'eau de cuisson, feu éteint
  • Moyen
  • 6 personnes
  • Moyen
  • Toute l'année
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Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • une grande marmite haute (le poulpe doit être largement immergé, en cuivre selon la tradition)
  • une longue pince ou une fourchette à rôti (pour le tenir par la tête pendant les trois trempages)
  • des ciseaux de cuisine (en Galice le poulpe se coupe aux ciseaux, jamais au couteau)
  • des assiettes de bois (elles absorbent l'excès d'eau et gardent la chaleur)
  • une pointe de couteau (le seul test de cuisson : elle doit entrer sans résistance à la base d'un tentacule)

L'astuce du chef

La peau est une membrane de collagène mal attachée au muscle. Elle porte la couleur, le moelleux et les ventouses : la perdre, c'est perdre le plat.

Une immersion brutale la déchire. À 100 °C elle se contracte violemment alors que le muscle, encore froid, ne bouge pas : la différence de tension la décolle.

Les trois trempages la rétractent progressivement. Chaque passage la resserre un peu, elle adhère au muscle, et les tentacules s'enroulent comme il faut.

C'est le geste que les Galiciens appellent asustar. Il a l'air rituel, il est purement mécanique.

L'eau ne se sale jamais. Le sel en solution durcit les fibres musculaires et attaque la peau pendant cinquante minutes : il arrive à la fin, en écailles.

La congélation remplace le battage. Les cristaux de glace rompent les fibres exactement comme les coups portés autrefois sur le rocher : un poulpe congelé est plus tendre qu'un frais.

On cuit à petits bouillons. Une eau qui bout à gros bouillons brasse le poulpe contre les parois et arrache ce que les trempages ont soudé.

Vingt minutes par kilo, et la pointe du couteau tranche. Aucun chronomètre ne remplace le test à la base du tentacule, la partie la plus épaisse.

On le laisse reposer dans son eau. Il continue de s'attendrir et se réhydrate en refroidissant ; sorti immédiatement, il se raidit.

Les pommes de terre cuisent après, dans la même eau. Elle est chargée de tout ce que le poulpe a rendu : c'est là qu'est le goût.

La coupe se fait aux ciseaux. Un couteau écrase et fait glisser la peau ; les ciseaux tranchent net et la laissent en place.

Préparation pas à pas

  1. Congeler le poulpe 48 h, puis le décongeler lentement 48 h

    Les cristaux de glace rompent les fibres musculaires et font le travail qu'on faisait autrefois en le battant sur le rocher.

  2. Porter une grande eau NON SALÉE à ébullition 15 min

    Avec un oignon entier, et rien d'autre. Le sel durcirait les fibres et attaquerait la peau pendant toute la cuisson.

  3. ASUSTAR : TROIS TREMPAGES DE 5 SECONDES 2 min

    Tenu par la tête, plongé jusqu'aux tentacules puis ressorti, trois fois. La peau se rétracte progressivement et se soude au muscle, et les tentacules s'enroulent.

  4. Immerger et cuire à petits bouillons 45 min

    Environ 20 minutes par kilo. Jamais à gros bouillons, qui brassent le poulpe et arrachent la peau.

  5. Tester à la pointe du couteau 1 min

    À la base d'un tentacule, la partie la plus épaisse. Elle doit entrer sans résistance : c'est le seul indicateur fiable.

  6. Laisser reposer 20 min, feu éteint, dans l'eau 20 min

    Il finit de s'attendrir et se réhydrate en refroidissant. Sorti tout de suite, il se raidit.

  7. Cuire les pommes de terre dans la même eau 20 min

    Une fois le poulpe sorti. Elles prennent tout le goût de la cuisson, coupées en rondelles épaisses.

  8. Couper AUX CISEAUX et assaisonner 5 min

    Des tronçons de 1 cm, posés sur les pommes de terre. Pimentón, sel en écailles, huile d'olive en filet généreux, servi tiède.

Le conseil du caviste

Le pulpo a la gallega est iodé, fumé par le pimentón, gras d'huile d'olive et servi tiède. Il demande un blanc sec, vif et bien frais.

Le Château La Verrière Bordeaux Blanc Sec à 10 °C est l'accord le plus juste : son acidité tient l'huile d'olive et sa fraîcheur répond à l'iode.

Le Moulin Caresse Le Sauvignon à 10 °C pour un accord plus tendu, si vous chargez le pimentón fort.

Le Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord à 9 °C en été, servi très frais : le rosé passe remarquablement sur le paprika fumé.

Un plat tiède se boit frais : à température de pièce, le vin paraîtrait lourd derrière un plat qui ne l'est pas.

À éviter : un rouge, dont les tanins tournent au métallique sur le poulpe et l'iode.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

La peau est partie en lambeaux

Le poulpe a été plongé directement dans l'eau bouillante. Trois trempages de cinq secondes d'abord : la peau se rétracte progressivement au lieu de se déchirer.

C'est caoutchouteux

La cuisson était trop courte, ou le poulpe n'a pas été congelé. Vingt minutes par kilo, et la pointe du couteau doit entrer sans résistance.

C'est ferme et sec

L'eau était salée. Le sel durcit les fibres pendant toute la cuisson : il ne se met qu'à la fin, sur le plat.

Le poulpe s'est raidi après cuisson

Il a été sorti immédiatement. On éteint le feu et on le laisse vingt minutes dans son eau : il se réhydrate en refroidissant.

Le pimentón est amer

Il a été versé sur une huile brûlante. Ici il se saupoudre sur le plat tiède, jamais chauffé.

Les tranches s'effritent

Le poulpe a été coupé au couteau. En Galice on le coupe aux ciseaux : ils tranchent sans écraser ni faire glisser la peau.

Conservation & préparation anticipée

Le poulpe cuit se garde 2 jours au réfrigérateur, entier et immergé dans un peu de son eau de cuisson.

Il se congèle cuit 3 mois, et il reste étonnamment bon : c'est une préparation qui supporte le froid.

On ne le tranche qu'au moment de servir : coupé à l'avance, il sèche et sa peau se ternit.

Il se sert tiède, jamais froid : sorti du réfrigérateur, l'huile d'olive fige et le pimentón ne se sent plus.

L'eau de cuisson se garde 3 jours et fait un fond remarquable pour un riz ou une soupe de poisson.

Variantes

Pulpo a feira

Le nom d'origine, celui des foires galiciennes, où il se sert sans pommes de terre, directement sur l'assiette de bois.

Au four, ensuite

Les tronçons passés cinq minutes à four très chaud après la cuisson à l'eau, pour une peau laquée.

L'autre poulpe du blog

Cuit puis grillé, dans un tout autre registre : notre poulpe grillé à la grecque.

Le même pimentón ailleurs

Le paprika fumé y fait aussi tout le travail : nos patatas bravas.

Questions fréquentes

Pourquoi tremper le poulpe trois fois ?

Pour que sa peau se rétracte progressivement et se soude au muscle. Plongée d'un coup à 100 °C, elle se contracte alors que le muscle est encore froid, et elle se déchire.

Faut-il saler l'eau de cuisson ?

Jamais. Le sel en solution durcit les fibres et attaque la peau pendant cinquante minutes. Il arrive à la fin, en écailles, sur le plat.

Faut-il congeler le poulpe ?

Oui, quarante-huit heures. Les cristaux de glace rompent les fibres exactement comme le battage sur le rocher : un poulpe congelé est plus tendre qu'un frais.

Combien de temps cuire un poulpe ?

Environ vingt minutes par kilo, à petits bouillons. Le seul test fiable est la pointe du couteau à la base d'un tentacule : elle doit entrer sans résistance.

Pourquoi le couper aux ciseaux ?

Un couteau écrase le tronçon et fait glisser la peau ; les ciseaux tranchent net et la laissent en place, avec ses ventouses.

Quel vin servir avec un pulpo a la gallega ?

Un bordeaux blanc sec à 10 °C, dont l'acidité tient l'huile d'olive et répond à l'iode. Aucun rouge : les tanins deviennent métalliques sur le poulpe.

Le pulpo a la gallega est un plat de trois ingrédients : du poulpe, du pimentón, de l'huile d'olive. Tout se joue donc sur la cuisson, et sur un détail que les recettes écrites hors de Galice oublient presque toujours : on ne plonge jamais le poulpe directement dans l'eau bouillante.

On le tient par la tête et on trempe ses tentacules trois fois, quelques secondes chacune, en le ressortant entre deux. Les Galiciens appellent cela asustar el pulpo, effrayer le poulpe. Le geste a l'air folklorique, il est mécanique.

La peau du poulpe est une membrane riche en collagène, faiblement attachée au muscle. Plongée d'un coup dans une eau à 100 °C, elle se contracte violemment pendant que le muscle, encore froid, ne bouge pas : elle se déchire et se décolle, et une heure de cuisson achève de la détacher en lambeaux. Or c'est elle qui porte la couleur, le moelleux et les ventouses.

Les trois trempages font l'inverse : ils rétractent la peau progressivement, la font adhérer au muscle et recroquevillent les tentacules. Deuxième règle du même ordre, et tout aussi peu connue : l'eau ne se sale jamais. Le sel arrive à la fin, en écailles, sur le plat.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château La Verrière Bordeaux Blanc SecChâteau La Verrière Bordeaux Blanc Sec 6,90 €
Moulin Caresse Le SauvignonMoulin Caresse Le Sauvignon 7,90 €
Moulin Caresse La Frangine Rosé VDP PérigordMoulin Caresse La Frangine Rosé VDP Périgord 6,60 €

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