Canelazo servi chaud dans un verre à anse, bâton de cannelle et rondelle de citron vert

Cocktail · Décoction, alcool hors du feu

Canelazo : la cannelle se décoctionne dans l'eau, jamais dans l'alcool

Le verre chaud des Andes : cannelle, sucre de canne non raffiné et alcool blanc. La cannelle demande quinze minutes de décoction dans l'eau, ce qu'un vin chaud ne permet jamais.

  • Préparation : 20 min
  • Verre : Verre à anse ou petite tasse, préchauffé
  • Glace : Aucune : servi chaud, autour de 60 degrés
  • Décoction, alcool hors du feu
  • 4 verres
  • Facile

Ingrédients

4 verres

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

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Ustensiles

  • casserole
  • thermomètre de cuisine (utile : au-delà de 65 degrés l'alcool part au nez)
  • passoire
  • verres à anse (préchauffés à l'eau chaude)

La méthode

Quinze minutes de décoction, dans l'eau seule. Le cinnamaldéhyde, qui porte le parfum de la cannelle, se libère lentement et demande une chaleur soutenue. Quinze minutes d'eau frémissante avec les bâtons donnent une base dense, presque sirupeuse de parfum. C'est ce qu'un vin chaud ne peut pas faire, puisqu'on n'y chauffe jamais franchement.

La panela n'est pas un sucre comme un autre. C'est du jus de canne séché, non raffiné, qui garde sa mélasse et ses minéraux. Elle donne au canelazo son corps et sa couleur ambrée. Avec du sucre blanc, on obtient une tisane de cannelle sucrée, ce qui n'est pas la même chose. À défaut, une cassonade brune très foncée s'en approche.

L'alcool hors du feu, toujours. Versé dans une casserole sur la plaque, il s'évapore et le nez devient piquant. On retire la casserole, on attend une minute, puis on verse. La boisson doit être chaude, pas brûlante.

Soixante degrés, pas davantage. Au-delà, on ne goûte plus : la chaleur endort les papilles et l'alcool volatil pique le nez avant d'arriver en bouche. Un verre préchauffé à l'eau chaude permet de servir moins chaud sans que ça refroidisse en deux minutes.

Préparation pas à pas

  1. Décoction de cannelle 15 min

    Porter l'eau et les bâtons de cannelle à frémissement et maintenir quinze minutes à petits bouillons. Le liquide doit prendre une couleur ambrée et sentir fortement.

  2. Fondre la panela 3 min

    Ajouter la panela et remuer jusqu'à dissolution complète. Goûter : la base doit être franchement sucrée, elle sera diluée par l'alcool.

  3. Préchauffer les verres 1 min

    Remplir les verres à anse d'eau très chaude et les vider au moment de servir. Un verre froid fait perdre dix degrés d'un coup.

  4. Hors du feu 2 min

    Retirer la casserole du feu, attendre une minute, ajouter le jus de citron vert puis le rhum. Ne jamais remettre sur la plaque.

  5. Servir 1 min

    Filtrer dans les verres préchauffés, poser une rondelle de citron vert et un bâton de cannelle. Servir chaud, pas brûlant.

Le conseil du caviste

Le canelazo se fait aux Andes à l'aguardiente, un alcool blanc de canne anisé que je n'ai pas en rayon. Le plus proche de ce que j'ai est un rhum blanc agricole, qui vient de la même matière première et garde ce côté végétal.

Le Chantal Comte Caribaea est mon choix : franc, poivré, il traverse la cannelle sans disparaître. Le Fighting Spirit Gold est plus large et plus rond, il convient si vous aimez les boissons chaudes plus douces. Et pour une version plus profonde, presque de fin de soirée, le Longueteau Symphonie, vieux, apporte un bois qui prolonge l'épice ; c'est moins fidèle à l'original mais franchement bon.

Un point d'organisation : la décoction se prépare très bien à l'avance et se garde trois jours au réfrigérateur. Le soir venu, on la réchauffe doucement et on ajoute l'alcool hors du feu. C'est ce qui rend ce verre praticable quand on reçoit.

Dépannage

La cannelle ne ressort pas

La décoction a été trop courte. Quinze minutes à petits bouillons dans l'eau seule sont nécessaires : le parfum de la cannelle se libère lentement.

Ça pique le nez

L'alcool a été versé sur le feu ou dans un liquide trop chaud. Hors du feu, une minute d'attente, et on sert autour de soixante degrés.

La boisson est maigre

Vous avez utilisé du sucre blanc. La panela garde sa mélasse et fait le corps du verre ; à défaut, une cassonade très foncée.

C'est trouble

La cannelle était moulue. Il faut des bâtons entiers, retirés au filtrage.

Variantes

Canelazo au fruit

Remplacer un tiers de l'eau par du jus de fruit de la passion ou de mûre. C'est le canelazo de fête, plus acide et plus coloré.

Version sans alcool

La décoction seule, citronnée, est déjà une excellente boisson chaude. Ajouter un peu de gingembre frais dans l'eau pour lui donner du mordant.

Au clou de girofle

Quatre clous ajoutés aux cinq dernières minutes de décoction seulement. Mis dès le départ, ils dominent tout.

En carafe pour douze

Multiplier la décoction par trois et la garder au chaud dans une bouteille isotherme. L'alcool s'ajoute alors verre par verre, pour qu'il ne cuise jamais.

Questions fréquentes

Pourquoi faire décoctionner la cannelle dans l'eau et pas dans l'alcool ?

Parce que son parfum se libère lentement et demande une chaleur soutenue, quinze minutes à petits bouillons. Un liquide alcoolisé ne peut pas être chauffé aussi franchement sans perdre son alcool.

Peut-on utiliser du sucre blanc ?

C'est possible mais le verre y perd son corps et sa couleur. La panela est du jus de canne séché non raffiné : sa mélasse fait la moitié du goût. Une cassonade très foncée s'en approche.

À quelle température servir ?

Autour de soixante degrés, chaud mais pas brûlant. Au-delà, la chaleur endort les papilles et l'alcool volatil pique le nez avant d'arriver en bouche.

Peut-on le préparer à l'avance ?

La décoction sucrée se garde trois jours au réfrigérateur. On la réchauffe doucement et on ajoute le citron vert et l'alcool hors du feu, au moment de servir.

Le canelazo se boit à Quito et à Bogota les soirs où l'altitude fait tomber la température d'un coup. C'est une décoction de cannelle sucrée à la panela, relevée de citron vert, dans laquelle on verse un alcool blanc de canne au dernier moment. Rien de plus.

Sa différence avec nos boissons chaudes tient à l'ordre des opérations. Un vin chaud infuse ses épices dans le vin, donc à chaleur douce et pendant peu de temps, sous peine de faire partir l'alcool et de cuire le fruit. Le canelazo, lui, commence par une vraie décoction : quinze minutes d'eau frémissante avec les bâtons de cannelle, sans une goutte d'alcool.

Ce n'est pas un détail de tradition. Le cinnamaldéhyde, qui porte l'essentiel du parfum de la cannelle, se libère lentement et demande une chaleur soutenue. Quinze minutes dans l'eau donnent une base dense et parfumée ; les mêmes bâtons dix minutes dans un liquide alcoolisé qu'on n'ose pas chauffer donnent une eau à peine teintée.

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