Cocktail au coing en coupe de cristal, robe ambrée, lamelle de coing poché, sur le comptoir de chêne clair d'une boutique de caviste

Cocktail · Au shaker, sur sirop de coing poché

Cocktail au coing : sirop de coing poché et calvados

Le coing ne se boit pas cru : il se poche. Ce sirop parfumé au vieux calvados donne un verre ambré, tendu par le citron, qui sent la pâte de coing sans en avoir le sucre.

  • Préparation : 50 min dont 40 min de pochage
  • Verre : Coupette passée au congélateur
  • Glace : Cubes au shaker uniquement, servi sans glace
  • Au shaker, sur sirop de coing poché
  • 1 verre (sirop pour 8)
  • Intermédiaire

Ingrédients

1 verre (sirop pour 8)

Les bouteilles de la cave

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Ustensiles

  • couteau d'office solide (le coing cru résiste : lame courte et robuste, pas un couteau à filet)
  • casserole à fond épais
  • passoire fine (pour filtrer le sirop)
  • shaker
  • presse-agrumes
  • coupette

La méthode

Tout tient au pochage, et le pochage tient à ce qu'on n'y jette rien. Le coing se coupe en quartiers, on ôte le trognon dur mais on garde la peau et les pépins : ils sont chargés en pectine et en composés qui donnent au sirop sa tenue en bouche et sa couleur rosée. Ficelez-les dans une gaze si vous ne voulez pas les filtrer plus tard.

Le frémissement, jamais l'ébullition. Quarante minutes à petits bouillons, les lamelles à peine couvertes. Au-delà, le coing se défait et le sirop se trouble ; en deçà, il reste crayeux et le sirop n'a pas pris ses arômes.

La couleur est le chronomètre. Le coing entre blanc cassé dans la casserole et vire progressivement au rose ambré : c'est le signe que les tanins se transforment. Tant qu'il est pâle, il n'est pas prêt, même s'il est tendre à la pointe du couteau.

Au shaker ensuite, très court : douze secondes suffisent. Le sirop est dense, il demande de l'énergie mais peu de temps — trop de dilution et le coing s'efface derrière l'eau.

Préparation pas à pas

  1. Tailler le coing 5 min

    Frottez le duvet du fruit sous l'eau. Coupez-le en quartiers avec un couteau solide, retirez le trognon dur, gardez la peau et les pépins. Détaillez en lamelles d'un demi-centimètre.

  2. Pocher 40 min

    Mettez lamelles, peau, pépins, eau et sucre dans la casserole. Portez à frémissement et laissez quarante minutes à découvert, sans jamais faire bouillir, jusqu'à ce que la chair vire au rose ambré.

  3. Filtrer et refroidir 10 min

    Récupérez les lamelles à l'écumoire et réservez-en une. Passez le liquide à la passoire fine : c'est votre sirop. Laissez-le tiédir puis refroidir au réfrigérateur.

  4. Shaker 1 min

    Dans un shaker rempli de glace, versez le calvados, le sirop refroidi, le jus de citron et les bitters. Secouez douze secondes, franchement.

  5. Servir 30 s

    Filtrez dans la coupette sortie du congélateur. Posez la lamelle de coing réservée à la surface : elle flotte si le sirop est assez concentré.

Le conseil du caviste

Le vrai produit de cette recette n'est pas le cocktail, c'est le sirop. Ne le jetez jamais et ne le remplacez pas par un sirop industriel : ce qu'on achète sous le nom de coing est presque toujours du sucre parfumé, sans l'acidité ni la pectine du fruit.

Sur le calvados, prenez une fine plutôt qu'un long élevage. Le coing poché a un parfum discret, floral, qui se fait recouvrir par la vanille et le bois d'un vieux millésime. Gardez les 8 ans et les XO pour le verre d'après, servis seuls.

Si votre coing est tombé de l'arbre depuis quinze jours et qu'il commence à se tacher de brun, il n'est pas perdu : ce blettissement concentre les sucres et fait un meilleur sirop qu'un fruit dur acheté trop tôt. Coupez simplement les parties molles.

Dernier point de service : refroidissez le sirop complètement avant de shaker. Tiède, il fait fondre la glace trois fois plus vite et le verre part dilué.

Dépannage

Le sirop est trouble

Le pochage a bouilli : les lamelles se sont défaites en purée. Refiltrez à la passoire fine doublée d'une gaze, et tenez le feu au frémissement la prochaine fois.

Le coing reste blanc et crayeux

Il n'a pas assez cuit. La couleur rosée, pas la tendreté, est le signal : prolongez de quinze minutes à petits bouillons.

Le cocktail est plat, trop sucré

Le citron manque. Ajoutez un demi-centilitre à la fois : le sirop de coing est dense et demande plus d'acidité qu'un sirop de sucre simple.

La lamelle de garniture coule au fond

Le sirop n'est pas assez réduit, ou la lamelle est trop épaisse. Égouttez-la bien et taillez-la fine, autour de trois millimètres.

Variantes

Sans alcool

Sirop de coing, jus de citron et eau pétillante bien froide, à parts d'un pour un pour six. Le coing porte le verre tout seul, c'est un des rares fruits qui n'a pas besoin d'alcool pour avoir de la longueur.

Au whisky

Un single malt non tourbé à la place du calvados : le malté et le coing partagent une note de pomme cuite qui fonctionne, avec une finale plus sèche.

Version longue

Mêmes proportions, allongées de 8 cl de tonic sec dans un verre haut. La quinine rallonge l'astringence naturelle du coing au lieu de la masquer.

Sirop épicé

Un bâton de cannelle et deux clous de girofle dans le pochage. À réserver aux mois de novembre et décembre : en octobre, l'épice écrase le fruit.

Questions fréquentes

Peut-on boire du coing cru ?

Non. Cru, le coing est dur, astringent et pratiquement sans jus : ses tanins saturent la bouche. Il doit être poché, cuit ou macéré longuement pour devenir buvable.

Comment faire un sirop de coing maison ?

On poche des lamelles de coing avec leur peau et leurs pépins dans de l'eau sucrée, quarante minutes à frémissement, jusqu'à ce que la chair rosisse. Le liquide filtré est le sirop ; il se garde dix jours au réfrigérateur.

Quel alcool se marie avec le coing ?

Le calvados en premier, pour la parenté des fruits à pépins. Ensuite un whisky non tourbé, une eau-de-vie de poire ou un rhum agricole vieux. Les alcools très aromatiques comme le gin floral entrent en concurrence avec lui.

Combien de temps se conserve le sirop de coing ?

Dix jours au réfrigérateur dans un bocal fermé. Il fonce légèrement avec le temps sans perdre son parfum ; s'il mousse ou sent l'aigre, jetez-le.

Le coing est le seul fruit d'automne qui refuse d'être mangé tel quel. Cru, il est dur, râpeux, franchement astringent : les tanins et l'acidité malique saturent la bouche et la pulpe reste sèche. Il faut la chaleur pour qu'il se rende — c'est en pochant que ses arômes de pomme, de poire et de rose se libèrent, et que la chair passe du blanc cassé au rosé ambré.

La saison est courte : de la mi-octobre à la fin novembre, sur les marchés du Sud-Ouest et chez qui possède un cognassier. On reconnaît un coing mûr à son duvet gris qui se détache sous le pouce et à son parfum, qui embaume une pièce entière depuis la corbeille. Un fruit sans odeur n'est pas prêt.

Le pochage produit deux choses, et c'est là que se joue la recette : des lamelles fondantes, et un sirop. Le sirop est ce qu'on met dans le verre. Il se conserve dix jours au réfrigérateur, se prépare le dimanche pour toute la semaine, et vaut mieux que n'importe quel sirop de coing du commerce, qui n'est le plus souvent qu'un sucre aromatisé.

Côté alcool, le calvados est le voisin naturel du coing : même famille de fruits à pépins, même acidité de fond, avec l'élevage sous bois en plus. On sert ce verre bien froid, en début de repas d'automne ou après un plat de gibier, jamais en digestif — l'acidité du citron le rend trop tendu pour clore une table.

Avant de partir

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