Quartiers de pâtisson rôtis sur une plaque, chair crème aux bords festonnés et aux pointes caramélisées, ail en chemise, thym, copeaux de comté fondus, filet d'huile d'olive, table de bois clair, lumière douce

Accompagnement

Pâtisson : la recette rôtie au four, et comment le cuisiner

  • Préparation : 15 min
  • Cuisson : 35 min
  • Repos : 0 min
  • Faible
  • 4 personnes
  • Très facile
  • Été et automne
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • UNE PLAQUE DE FOUR LARGE (L'OUTIL DU PLAT : les quartiers en une seule couche, sinon ils étuvent)
  • UN GRAND COUTEAU (un pâtisson est dur à ouvrir : lame large et main posée à plat sur le dos)
  • une cuillère (les graines retirées s'il est gros, comme dans une courge)
  • un économe (seulement si la peau a durci : sur un jeune pâtisson, on ne pèle pas)
  • du papier cuisson (la plaque chemisée : le sucre de la courge attache)
  • une râpe (le comté râpé gros, semé les 5 dernières minutes)

L'astuce du chef

C'est une courgette, pas un potiron. Le pâtisson appartient à la même espèce que la courgette, Cucurbita pepo, et se récolte jeune, avant maturité, ce qui en fait une courge d'été et non une courge d'hiver. Sa chair est donc plus proche de celle d'une courgette ferme que de celle d'un potimarron : douce, légèrement sucrée, avec une note qui rappelle le fond d'artichaut. On le cuisine exactement comme une courgette, en tenant compte du fait qu'il est plus dense et qu'il tient mieux.

Jeune, on ne l'épluche pas ; vieux, on le pèle. Le test tient en une seconde : on enfonce un ongle dans la peau. Si elle cède, le pâtisson est jeune et la peau se mange, elle apporte même de la tenue et de la couleur. Si elle résiste, la courge a mûri et la peau restera coriace : il faut alors la peler à l'économe ou au couteau, et retirer les graines et les filaments, devenus fibreux.

L'ouvrir sans se blesser. Un pâtisson est plus dur qu'il n'y paraît, et sa forme ronde et festonnée le fait rouler. On coupe d'abord une fine tranche à la base pour qu'il tienne debout, puis on enfonce un grand couteau au sommet et on descend lentement, en posant la paume à plat sur le dos de la lame pour appuyer. Jamais en forçant d'un coup sec, qui fait déraper la lame.

Le four, et pourquoi c'est la meilleure cuisson. Le pâtisson contient beaucoup d'eau et peu de goût. À l'eau ou à la vapeur, il devient fade et un peu spongieux. Au four à 200 °C, en quartiers étalés en une seule couche, l'eau s'évapore, les sucres se concentrent et les pointes caramélisent : le légume passe de discret à franchement bon. C'est la même logique que pour le brocoli ou le chou-fleur rôtis.

Une seule couche, sans chevauchement. C'est la condition du rôtissage. Des quartiers entassés se couvrent mutuellement, la vapeur ne s'échappe pas, et on obtient une courge étuvée, pâle et molle, au lieu d'une courge rôtie. Si la plaque est trop petite, on en prend deux, ou on cuit en deux fois. C'est la seule erreur vraiment irréversible de cette recette.

Assaisonner franchement, sans timidité. La chair du pâtisson n'a presque aucune acidité et très peu de caractère : elle se comporte comme une toile de fond. Elle supporte donc, et réclame, un assaisonnement appuyé : ail, thym, romarin, piment, cumin, curry, fromage affiné, anchois, lard. Et surtout un acide à la sortie, citron ou vinaigre, sans lequel le plat reste plat malgré tout le reste.

Le farci, qui est sa version la plus connue. Un pâtisson entier dont on coupe le chapeau, qu'on évide à la cuillère et qu'on précuit vingt minutes à 180 °C avant de le garnir de viande hachée, de riz ou de légumes, puis de finir trente minutes avec son chapeau. La précuisson est indispensable : farci cru, il reste dur quand la farce est cuite. C'est un beau plat de table, et le récipient se mange.

En gratin, en purée, en poêlée. Gratiné : quartiers précuits, crème, comté, quinze minutes sous le gril. En purée : cuit à la vapeur puis écrasé avec de la pomme de terre, qui lui donne la tenue qui lui manque. Poêlé : en petits dés de un centimètre, feu vif, dix minutes, comme une courgette. Et râpé cru, mariné au citron et à l'huile d'olive, ce qui surprend toujours.

Le choisir et le garder. Ferme, lourd en main, à la peau lisse et sans tache molle, et pas plus de quinze centimètres de diamètre : au-delà, la chair devient cotonneuse et les graines dures. Un pédoncule encore vert signale une récolte récente. Entier, il se garde deux à trois semaines dans un endroit frais et sec, et plusieurs mois s'il a été récolté à maturité, comme une courge d'hiver.

Les autres courges qui se traitent pareil. Le pâtisson n'est qu'une des formes de la même espèce : la courge à cou tors, la courgette ronde de Nice, la courgette jaune et la sunburst se cuisinent toutes selon cette méthode, rôties en quartiers ou farcies. Les temps varient seulement avec la densité de la chair, qu'on juge à la résistance du couteau au moment de la coupe.

Préparation pas à pas

  1. Four préchauffé à 200 °C ; plaque chemisée de papier cuisson 10 min

    Le sucre de la courge attache sur le métal nu.

  2. Pâtisson lavé et coupé en deux, main posée à plat sur le dos du couteau 3 min

    Il est dur : on coupe lentement, jamais en forçant d'un coup.

  3. Graines et filaments retirés à la cuillère s'il fait plus de 15 cm ; gardés s'il est jeune 3 min

    Jeune, tout se mange, graines comprises.

  4. Coupé en quartiers de 2 cm, peau gardée si elle cède sous l'ongle 5 min

    On ne pèle un pâtisson que si sa peau a durci.

  5. Quartiers mêlés à l'huile, au thym, à l'ail en chemise, au sel et au poivre, dans un saladier 3 min

    On assaisonne franchement : la chair est très douce.

  6. Étalés en une seule couche sur la plaque, sans se chevaucher ; 20 min à 200 °C 20 min

    Une seule couche : entassés, ils rendent leur eau et bouillent.

  7. Retournés à la spatule, 10 min de plus, jusqu'à ce que les pointes caramélisent 10 min

    Le brun des pointes, c'est le goût.

  8. Comté râpé semé dessus, 5 min ; muscade, filet de citron et ail écrasé à la sortie 6 min

    Le citron réveille un légume sans acidité propre.

Le conseil du caviste

Un pâtisson rôti en quartiers à 200 °C, ail en chemise et thym, comté fondu sur la fin, citron à la sortie.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc à 10 °C, le montravel blanc sec, dont la rondeur soutient un légume discret.

Château Moulin Caresse Cœur de Roche à 16 °C, le montravel rouge élevé en fût, sur le pâtisson farci à la viande.

Bergerac Domaine de Mayat à 15 °C, le bergerac rouge rond et fruité, sur la version gratinée au comté.

Un légume sans caractère propre ne commande jamais l'accord : le pâtisson est doux, peu acide et très discret, si bien que c'est l'assaisonnement et la garniture qui décident, et la première règle est de ne pas choisir un vin qui l'écrase ; rôti simplement avec de l'ail, du thym et un peu de comté, il appelle un blanc sec et rond servi à 10 °C, montravel ou bergerac blanc, dont le gras compense la maigreur du légume et dont le fruit lui prête ce qu'il n'a pas ; dès qu'il est gratiné au fromage affiné, le salé et le fondu ouvrent la porte à un rouge souple et fruité servi à 15 °C, sans tanin dur ; et farci de viande hachée, c'est franchement la farce qui commande, et un montravel rouge élevé en fût, servi à 16 °C, tient alors sa place ; un blanc boisé et un rouge tannique feraient tous deux disparaître le légume. C'est la règle des légumes doux : le verre suit la garniture, jamais la courge. Le Magie d'Automne blanc, à 10 °C, est le verre du pâtisson rôti ; le Mayat rouge, à 15 °C, sur le gratin ; et le Cœur de Roche, à 16 °C, sur le farci.

À éviter : un blanc boisé et un rouge tannique, qui font disparaître un légume discret.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château Moulin Caresse Magie d'Automne BlancChâteau Moulin Caresse Magie d'Automne Blanc 9,90 €
Château Moulin Caresse Cœur de RocheChâteau Moulin Caresse Cœur de Roche 41,00 €
Bergerac Domaine de MayatBergerac Domaine de Mayat 5,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

C'est fade

Le pâtisson n'a presque aucun goût propre. Il faut l'assaisonner franchement, ail, thym, fromage affiné, et surtout un filet de citron à la sortie.

C'est mou et pâle

Quartiers entassés sur la plaque. Une seule couche sans chevauchement, quitte à prendre deux plaques ou à cuire en deux fois.

La peau est immangeable

Pâtisson trop mûr. Le test de l'ongle : si la peau résiste, on la pèle à l'économe et on retire les graines, devenues fibreuses.

C'est spongieux au centre

Courge trop grosse. Au-delà de 15 cm de diamètre, la chair devient cotonneuse : on choisit petit et lourd en main.

Le farci est cuit mais la courge est dure

Elle n'a pas été précuite. Un pâtisson évidé passe 20 minutes à 180 °C avant d'être garni, puis 30 minutes avec sa farce.

Ça a attaché sur la plaque

Plaque nue. Le sucre de la courge caramélise et colle : on chemise toujours de papier cuisson.

Conservation & préparation anticipée

Le pâtisson entier se garde 2 à 3 semaines dans un endroit frais, sec et ventilé, et plusieurs mois s'il a été récolté à maturité, comme une courge d'hiver.

Entamé, il se garde 4 jours au réfrigérateur, filmé au contact sur la tranche.

Rôti, il se garde 3 jours et se réchauffe 8 min à 180 °C sur une plaque, jamais au micro-ondes, qui le ramollit.

Il se congèle 8 mois en dés blanchis 3 minutes, ou en purée déjà faite ; cru, il rend trop d'eau à la décongélation.

Variantes

La courge farcie

Notre courge farcie, le même principe du récipient qui se mange, en version de fête.

Le gratin de potimarron au comté

Notre gratin de potimarron au comté, la cuisson au four appliquée à une courge d'hiver.

Les courgettes farcies

Nos courgettes farcies, sa cousine directe, avec la même farce.

Le pâtisson farci à la viande et au riz

Chapeau coupé, courge évidée et précuite 20 minutes à 180 °C, puis garnie de 300 g de viande hachée revenue avec un oignon, 100 g de riz à demi cuit et la chair prélevée, et refermée pour 30 minutes : le récipient se mange, et le plat demande alors un rouge souple.

Questions fréquentes

Faut-il éplucher le pâtisson ?

Cela dépend de son âge, et le test tient en une seconde : on enfonce un ongle dans la peau. Si elle cède, le pâtisson est jeune, la peau se mange et elle apporte même de la tenue et de la couleur. Si elle résiste, la courge a mûri et la peau restera coriace : il faut la peler à l'économe et retirer aussi les graines et les filaments, devenus fibreux.

Quel goût a le pâtisson ?

Doux, légèrement sucré, avec une note qui rappelle le fond d'artichaut, et une chair plus ferme qu'une courgette. C'est un légume discret, presque une toile de fond, et c'est son principal défaut : il faut l'assaisonner franchement, à l'ail, au thym, au fromage affiné ou aux épices, et toujours finir par un acide, citron ou vinaigre.

Quelle est la meilleure cuisson du pâtisson ?

Le four, sans hésiter. À l'eau ou à la vapeur, il devient fade et spongieux, parce qu'il contient beaucoup d'eau et peu de goût. En quartiers de deux centimètres étalés en une seule couche et rôtis trente minutes à 200 °C, l'eau s'évapore, les sucres se concentrent et les pointes caramélisent. Il passe alors de discret à franchement bon.

Comment le couper sans se blesser ?

Il est plus dur qu'il n'y paraît et sa forme ronde le fait rouler. On coupe d'abord une fine tranche à la base pour qu'il tienne debout, puis on enfonce un grand couteau au sommet et on descend lentement, en posant la paume à plat sur le dos de la lame pour appuyer. Jamais en forçant d'un coup sec, qui fait déraper la lame.

Comment le choisir et le conserver ?

Ferme, lourd en main, la peau lisse et sans tache molle, et pas plus de quinze centimètres de diamètre : au-delà, la chair devient cotonneuse et les graines dures. Un pédoncule encore vert signale une récolte récente. Entier, il se garde deux à trois semaines au frais et au sec, et plusieurs mois s'il a été récolté à maturité.

Quel vin servir avec ?

C'est la garniture qui décide, jamais la courge, qui n'a aucun caractère propre. Rôti à l'ail et au comté, un blanc sec et rond à 10 °C, dont le gras compense la maigreur du légume. Gratiné au fromage affiné, un rouge souple et fruité à 15 °C. Farci de viande, un montravel rouge élevé en fût à 16 °C. Ni blanc boisé, ni rouge tannique.

Blanc, jaune ou vert pâle, festonné comme une soucoupe, le pâtisson est la courge qu'on achète pour la poser sur la table et qu'on finit par ne pas savoir cuisiner. C'est pourtant une cucurbitacée d'été, cousine directe de la courgette, qu'on récolte jeune et qu'on traite exactement de la même façon, avec une chair un peu plus ferme et un goût entre l'artichaut et le fond de courgette. Son défaut est d'être discret : il faut l'assaisonner sans timidité. Sa qualité est de tenir la cuisson sans s'effondrer.

Les ingrédients, pour 4 : 1 pâtisson de 800 g à 1 kg ; 3 cuillères à soupe d'huile d'olive ; 2 gousses d'ail ; 1 branche de thym ; 80 g de comté ou de parmesan ; 1 pincée de muscade ; 1 filet de jus de citron ; sel et poivre.

La méthode : four à 200 °C ; pâtisson lavé, coupé en deux puis en quartiers de 2 cm, graines retirées s'il est gros ; quartiers mêlés à l'huile, à l'ail en chemise, au thym, au sel et au poivre ; étalés en une seule couche sur une plaque ; 30 minutes en les retournant à mi-cuisson, jusqu'à ce que les pointes caramélisent ; comté râpé semé dessus, 5 minutes de plus ; muscade et filet de citron à la sortie.

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