Morilles fraîches dans une cagette

Sauce

Sauce aux morilles : morilles séchées, vin jaune et crème

  • Préparation : 10 min
  • Cuisson : 25 min
  • Repos : 30 min de trempage des morilles
  • Coût élevé
  • 6 personnes
  • Facile
  • Hiver
Aller à la recette

Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • saladier (pour le trempage)
  • filtre à café (ou une étamine, pour filtrer l'eau de trempage)
  • passoire fine
  • sauteuse (large, pour que la réduction soit rapide)
  • cuillère en bois

Le matériel qu’on utilise

Choisi pour cette recette, pour la réussir du premier coup.

Et aussi pour cette recette :

Liens partenaires : la cave touche une petite commission si vous achetez, sans surcoût pour vous. En tant que Partenaire Amazon, la Cave Larégnère réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

L'astuce du chef

L'eau de trempage, c'est la moitié du goût. En se réhydratant, la morille libère dans l'eau une grande partie de ses composés aromatiques, ceux qui donnent ce goût fumé et boisé. Jeter cette eau revient à jeter la moitié du prix des morilles. On la garde, on la filtre, et on la réduit dans la sauce.

Eau tiède, 30 minutes, pas d'eau bouillante. L'eau bouillante réhydrate plus vite mais cuit la surface du champignon, qui devient caoutchouteuse avant que le cœur ne soit souple. L'eau tiède, autour de 35 à 40 °C, pénètre régulièrement : en 30 minutes, les morilles sont souples jusqu'au pied. Au-delà d'une heure, elles commencent à perdre leur goût dans l'eau.

Filtrer au papier, rincer une par une. Les alvéoles de la morille retiennent du sable et de la terre, qui tombent au fond pendant le trempage. Versez l'eau doucement à travers un filtre à café en laissant le dépôt au fond du bol. Rincez ensuite chaque morille sous un filet d'eau en ouvrant les alvéoles : un seul grain de sable sous la dent ruine une sauce de fête.

Faire revenir les morilles au beurre avant tout liquide. Cinq minutes à feu moyen chassent l'eau absorbée et concentrent le goût. Une morille qui va directement dans la crème reste fade et spongieuse.

Le vin jaune en deux temps. La plus grande partie est réduite de moitié avec les morilles : l'alcool s'évapore et le vin se concentre. Mais les notes de noix, qui font tout l'intérêt du vin jaune, sont volatiles et disparaissent à l'ébullition. On garde donc 2 cl crus, ajoutés hors du feu au moment de servir : c'est la signature jurassienne. Avec un vin blanc sec, le principe est le même.

Réduire les liquides avant la crème. Vin, eau de trempage et fond doivent réduire de moitié avant que la crème n'arrive. Réduits après, ils obligeraient à faire bouillir la crème longtemps, et elle deviendrait épaisse et grasse avant que le goût ne soit concentré.

La crème entière, et elle nappe en 8 minutes. Une crème à 30 % de matière grasse supporte l'ébullition sans trancher et épaissit seule par évaporation : pas de farine, pas de fécule. La sauce est prête quand elle nappe la cuillère : un doigt passé dessus laisse une trace nette qui ne se referme pas. Une crème allégée, elle, tranche à la réduction.

Le sel à la fin. La réduction concentre aussi le sel du fond. On goûte et on sale en dernier.

Préparation pas à pas

  1. Réhydrater 30 min

    Couvrez les morilles de 40 cl d'eau tiède et laissez tremper 30 minutes, en les retournant à mi-parcours.

  2. Filtrer et rincer 5 min

    Sortez les morilles à la main. Filtrez l'eau de trempage à travers un filtre à café en laissant le dépôt au fond. Rincez chaque morille sous un filet d'eau, coupez les plus grosses en deux dans la longueur, et pressez-les légèrement.

  3. Faire revenir 7 min

    Dans la sauteuse, faites fondre les échalotes dans le beurre 2 minutes sans coloration. Ajoutez les morilles et faites-les revenir 5 minutes à feu moyen.

  4. Réduire le vin 3 min

    Versez 10 cl de vin jaune et laissez réduire de moitié à feu vif.

  5. Eau de trempage et fond 7 min

    Ajoutez l'eau de trempage filtrée, environ 30 cl, et le fond. Réduisez de moitié, à bouillonnement franc.

  6. Crémer et napper 8 min

    Versez la crème et laissez réduire à feu moyen environ 8 minutes, jusqu'à ce que la sauce nappe la cuillère.

  7. Finir hors du feu 1 min

    Hors du feu, ajoutez les 2 cl de vin jaune cru. Goûtez, salez, poivrez. Servez aussitôt, ou gardez au chaud sans faire bouillir.

Pour la refaire facilement : Poêle De Buyer Mineral B 28 cm (lien partenaire)

Le conseil du caviste

La sauce aux morilles est riche, crémeuse et boisée : il lui faut un blanc qui ait autant de matière qu'elle, et assez d'acidité pour ne pas saturer le palais.

L'accord le plus juste reste le vin jaune lui-même, celui de la cuisson, servi à 13 °C. Nous n'en avons pas en ce moment, mais la Bourgogne fait magnifiquement l'affaire.

Le Meursault Les Pellans du Domaine d'Ardhuy est notre premier choix : le meursault a ce gras, ces notes de noisette et de beurre frais qui épousent la crème, et sa fraîcheur tranche la richesse de la sauce. Servez-le à 12 °C.

Le Bourgogne Chardonnay du Domaine d'Ardhuy est l'alternative plus abordable, et un excellent vin de cuisson si vous remplacez le vin jaune : avec la même bouteille dans la sauce et dans le verre, l'accord est assuré.

Sur un filet de bœuf, passez au rouge avec le Ladoix Les Combottes du Domaine d'Ardhuy, à 16 °C : le pinot noir de Côte de Beaune a des notes de sous-bois qui répondent à la morille et des tanins assez fins pour ne pas heurter la crème.
Le guide du cavisteQuel vin avec des morilles ? Poulet, veau, crème ou vin jaune

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Domaine d'Ardhuy Meursault Les PellansDomaine d'Ardhuy Meursault Les Pellans 85,00 €
Domaine d'Ardhuy Bourgogne ChardonnayDomaine d'Ardhuy Bourgogne Chardonnay 26,00 €
Domaine d'Ardhuy Ladoix Les CombottesDomaine d'Ardhuy Ladoix Les Combottes 43,00 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Il y a du sable dans la sauce

L'eau de trempage a été versée avec son dépôt, ou les morilles n'ont pas été rincées. Filtrez au papier en laissant le fond du bol, et rincez chaque morille en ouvrant les alvéoles.

La sauce manque de goût

L'eau de trempage a été jetée, ou les liquides n'ont pas assez réduit. Elle porte la moitié des arômes : réduisez-la de moitié avec le fond avant d'ajouter la crème.

Les morilles sont caoutchouteuses

Elles ont trempé dans de l'eau bouillante. Eau tiède, 30 minutes, puis 5 minutes au beurre avant tout liquide.

La sauce est trop liquide

La réduction a été écourtée. Poursuivez à feu moyen jusqu'à ce qu'elle nappe la cuillère, sans ajouter de farine.

La sauce a tranché

La crème était allégée. Rattrapez avec 5 cl de crème entière froide en fouettant hors du feu, et utilisez de la crème à 30 % la prochaine fois.

Le vin jaune ne se sent plus

Tout a été réduit. Les notes de noix sont volatiles : gardez 2 cl de vin cru à ajouter hors du feu au moment de servir.

Conservation & préparation anticipée

2 jours au réfrigérateur, dans une boîte fermée.

Réchauffez à feu doux en remuant, avec une cuillère de crème ou de fond si elle a trop épaissi au froid. Ne la faites pas bouillir longtemps : elle réduirait encore et deviendrait grasse.

Elle se prépare le matin pour le soir sans perdre en qualité. Ajoutez seulement le vin jaune cru au dernier moment.

Les morilles séchées se gardent un an dans un bocal fermé, au sec et à l'abri de la lumière.

La sauce à la crème se congèle mal : elle a tendance à trancher à la décongélation.

Variantes

Au vin blanc

Remplacez le vin jaune par un chardonnay sec, de préférence élevé en fût. Même méthode, même réserve de 2 cl crus pour la fin. La sauce est moins typée, mais très fine.

Au cognac

Flambez les morilles avec 3 cl de cognac avant le vin. C'est la version de la cuisine bourgeoise, plus ronde, parfaite avec un filet de bœuf.

Aux morilles fraîches

Au printemps, 300 g de morilles fraîches, lavées soigneusement, remplacent les séchées. Sans eau de trempage, utilisez 30 cl de fond au lieu de 15 cl.

Pour les ris de veau

Remplacez le fond de volaille par du fond de veau, et terminez la sauce avec le jus de cuisson des ris déglacé au vin jaune.

Questions fréquentes

Combien de temps faire tremper des morilles séchées ?

30 minutes dans de l'eau tiède, autour de 35 à 40 °C. L'eau bouillante les rend caoutchouteuses, et au-delà d'une heure elles perdent leur goût dans l'eau.

Faut-il garder l'eau de trempage des morilles ?

Oui, absolument : elle contient une grande partie de leurs arômes. Filtrez-la à travers un filtre à café en laissant le dépôt de sable au fond, puis réduisez-la dans la sauce.

Quelle quantité de morilles séchées par personne ?

Environ 5 g de morilles séchées par personne pour une sauce, soit 30 g pour 6. Elles prennent 8 à 10 fois leur poids à la réhydratation.

Par quoi remplacer le vin jaune ?

Par un vin blanc sec de chardonnay, idéalement élevé en fût. Gardez le même principe : l'essentiel réduit avec les morilles, et 2 cl crus ajoutés hors du feu à la fin.

Peut-on préparer la sauce aux morilles à l'avance ?

Oui, le matin pour le soir, ou jusqu'à 2 jours au réfrigérateur. Réchauffez à feu doux avec une cuillère de crème et ajoutez le vin jaune cru au dernier moment.

Quel vin servir avec une sauce aux morilles ?

Un grand blanc riche, comme un meursault servi à 12 °C, ou le vin jaune lui-même. Avec un filet de bœuf, un pinot noir de Bourgogne à 16 °C.

On achète des morilles séchées à prix d'or, on les fait tremper, et on jette l'eau. C'est l'erreur la plus coûteuse de la cuisine de fête : pendant le trempage, une bonne partie des arômes du champignon est passée dans cette eau brune, et c'est elle qui donne à la sauce sa profondeur. La recette exacte est ci-dessus ; elle repose sur cette idée simple, récupérer tout le goût que la morille a à donner, puis le porter avec du vin jaune et de la crème.

La morille et le vin jaune, une histoire jurassienne

La morille pousse au printemps, dans les sous-bois, les vergers et les zones récemment brûlées, et on ne sait toujours pas la cultiver à grande échelle avec la régularité d'un champignon de Paris. C'est ce qui explique son prix, et le fait qu'on la consomme surtout séchée : le séchage concentre ses arômes et permet de la garder jusqu'aux fêtes.

Son mariage avec la crème et le vin jaune est la grande signature de la cuisine du Jura et de la Franche-Comté, où le poulet au vin jaune et aux morilles est le plat des grandes occasions. Le vin jaune, élevé plus de six ans sous un voile de levures, développe des notes de noix et d'épices qui répondent exactement au goût fumé et boisé de la morille. La sauce seule, détachée de la volaille, est devenue un classique de la cuisine bourgeoise, servie avec le filet de bœuf ou les ris de veau.

Quel vin choisir chez Cave Larégnère ?

La sauce aux morilles appelle un grand blanc qui a de la matière, du gras et un peu d'élevage. Le Meursault Les Pellans du Domaine d'Ardhuy est l'accord rêvé : le meursault est sans doute le chardonnay le plus riche de Bourgogne, et ses notes de noisette et de beurre frais prolongent la crème. Pour un budget plus doux, le Bourgogne Chardonnay du Domaine d'Ardhuy joue la même partition, et c'est aussi un très bon vin blanc pour la cuisson si vous n'avez pas de vin jaune. Si la sauce accompagne un filet de bœuf, passez au pinot noir avec le Ladoix Les Combottes du Domaine d'Ardhuy, un rouge de Côte de Beaune aux tanins fins et aux notes de sous-bois.

Tous les accords dans notre guide quel vin avec des morilles.

Les accords

Avec une volaille rôtie, la sauce se sert à part, en saucière, pour ne pas ramollir la peau. Sur un filet de bœuf, nappez à côté de la tranche et non dessus. Avec des ris de veau, elle est dans son élément : voyez les accords des ris de veau. En garniture, des pâtes fraîches, du riz pilaf ou une purée nature laissent toute la place à la sauce.

Pour continuer

La sauce aux morilles est le meilleur compagnon du chapon rôti de Noël. Pour une autre sauce de champignons, plus simple et plus rustique, essayez la sauce forestière, et pour la base crémée classique, la sauce suprême. Et pour le vin du réveillon, le guide quel vin pour le repas de Noël.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

Retour