Figues séchées ouvertes en éventail sur une grille, chair ambrée et granuleuse pleine de graines, peau ridée et souple, quelques figues fraîches violettes à côté, feuilles de figuier, verre de vin doux ambré, table de bois

Dessert

Figues séchées : la recette au four et au soleil, et comment les conserver

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 720 min
  • Repos : 1440 min
  • Faible
  • 400 g de figues sèches
  • Très facile
  • Été et automne
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Ingrédients

400 g de figues sèches

Ustensiles

  • UNE GRILLE DE FOUR (L'OUTIL DU SÉCHAGE : l'air doit circuler sous les figues, jamais une plaque pleine)
  • UNE CUILLÈRE EN BOIS (calée dans la porte du four : sans cette fente, l'humidité reste et les figues cuisent)
  • un thermomètre de four (60 °C réels, que peu de fours affichent correctement en bas de cadran)
  • un linge propre (les figues séchées reposent 24 heures dessus, pour égaliser leur humidité)
  • un bocal à joint (hermétique, à l'abri de la lumière : l'air ramène l'humidité)
  • un couteau d'office (les figues fendues en croix, sans les ouvrir complètement)

L'astuce du chef

Ce que le séchage enlève, et ce qu'il concentre. Une figue fraîche contient environ quatre-vingts pour cent d'eau et vingt pour cent de sucres. Le séchage retire l'essentiel de cette eau : le fruit perd quatre cinquièmes de son poids, et la proportion de sucre monte à près de cinquante pour cent. À ce niveau, l'eau restante est chimiquement liée aux sucres et n'est plus disponible pour les moisissures ni les bactéries. Ce n'est pas la chaleur qui conserve, c'est la concentration.

Deux kilos pour quatre cents grammes. C'est le rendement, et il surprend toujours. Il faut donc partir d'une vraie récolte, ce qui explique que le séchage soit historiquement le geste de ceux qui ont un figuier : un arbre adulte donne en quelques semaines bien plus de figues qu'on ne peut en manger fraîches. Compter le prix au kilo du produit fini aide à comprendre pourquoi les figues sèches du commerce coûtent ce qu'elles coûtent.

Soixante degrés, et pas un de plus. C'est la fenêtre du séchage. En dessous de 50 °C, l'eau part trop lentement et la surface a le temps de fermenter. Au-dessus de 70 °C, le sucre caramélise et la peau durcit en une croûte imperméable qui emprisonne l'eau au centre : la figue paraît sèche dehors et moisit un mois plus tard. À 60 °C, l'eau migre du cœur vers la surface à la même vitesse qu'elle s'en évapore, ce qui est exactement le but.

La porte entrouverte, qui n'est pas un détail. Deux kilos de figues contiennent plus d'un litre et demi d'eau, et cette eau doit sortir du four. Porte fermée, l'atmosphère se sature en quelques heures, l'évaporation s'arrête et les fruits se mettent à cuire dans leur propre vapeur : on obtient des figues confites et collantes, qui ne se conservent pas. Une cuillère en bois calée dans la porte suffit à créer le courant d'air nécessaire. Un four à chaleur tournante aide beaucoup.

Fendues, et coupe vers le haut. Une grosse figue entière met deux fois plus de temps et sèche mal à cœur, parce que sa peau est assez imperméable. On la fend donc en croix sur le dessus, ou on la coupe carrément en deux si elle dépasse cinq centimètres. Et on pose toujours la coupe vers le haut : côté coupé vers la grille, le sucre s'écoule, colle et brûle. Cela vaut aussi pour les abricots et les prunes.

Le bon point d'arrêt. C'est au toucher qu'on le juge, jamais à la montre. On presse une figue entre le pouce et l'index : elle doit être souple, un peu élastique, ridée, et ne laisser sortir aucune goutte. Si du jus perle, il reste de l'eau libre et le séchage continue. Si elle craque ou se casse, elle a trop séché : elle reste comestible mais deviendra dure comme du bois en quelques semaines.

Les vingt-quatre heures de repos, qui sauvent le bocal. C'est l'étape la plus souvent sautée et la plus importante. À la sortie du four, certaines figues sont un peu plus humides que d'autres. Étalées une journée sur un linge à l'air libre, elles échangent leur humidité jusqu'à s'équilibrer. Sans ce repos, la plus humide contamine ses voisines dans le bocal fermé, et tout moisit en quelques semaines. Les anciens appelaient cela la mise en sueur.

Le soleil, pour ceux qui l'ont. La méthode méditerranéenne d'origine : figues fendues posées sur des claies d'osier, rentrées chaque soir pour éviter la rosée, ressorties chaque matin, quatre à six jours selon la chaleur, sous un voile à mailles fines contre les insectes. Il faut un plein sud, plus de 30 °C et surtout un air sec : au moindre orage ou dans une région humide, la fermentation gagne de vitesse le séchage.

Le bocal, le laurier et le froid. Rangées dans un bocal hermétique, à l'abri de la lumière et de la chaleur, les figues séchées se gardent un an. Une feuille de laurier ou quelques grains de poivre découragent les mites alimentaires, qui sont le vrai danger des fruits secs de placard. Au premier doute, quarante-huit heures au congélateur tuent œufs et larves sans rien changer au fruit. Et si une fine pellicule blanche apparaît, c'est le plus souvent du sucre remonté, pas de la moisissure.

Ce qu'on en fait. Telles quelles au goûter, avec une amande glissée dedans. Réhydratées une heure dans du thé noir ou du vin doux, pour une compote ou un accompagnement de gibier. Hachées dans un pain aux figues et aux noix. En chutney avec du vinaigre et des épices, pour le foie gras. Dans un tajine d'agneau, à la place des pruneaux. Et simplement posées sur un plateau de fromages, où elles répondent au bleu et aux pâtes dures.

Préparation pas à pas

  1. Figues triées : toute figue molle, fendue ou piquée est écartée, jamais séchée 8 min

    Une seule figue abîmée moisit et contamine tout le bocal.

  2. Lavées rapidement, séchées à fond au linge, queue coupée à ras 10 min

    Séchées à fond : l'eau de surface allonge le séchage d'une heure.

  3. Petites figues fendues en croix sur le dessus ; grosses figues coupées en deux 10 min

    L'ouverture laisse sortir l'eau : entière, une grosse figue ne sèche pas à cœur.

  4. Posées coupe vers le haut sur une grille, sans se toucher ; four réglé à 60 °C 5 min

    Coupe vers le haut, sinon le sucre coule et colle.

  5. Cuillère en bois calée dans la porte pour la laisser entrouverte ; 10 à 14 h de séchage 720 min

    La fente évacue la vapeur : porte fermée, les figues cuisent au lieu de sécher.

  6. Retournées toutes les 4 h, en intervertissant les grilles du haut et du bas 5 min

    Le bas du four sèche toujours plus vite que le haut.

  7. Sorties quand la chair est souple, ridée, et ne rend plus une goutte sous le pouce 2 min

    Souple, pas cassante : une figue cassante a trop séché.

  8. Étalées 24 h sur un linge à l'air libre, puis rangées en bocal avec une feuille de laurier 1440 min

    Ces 24 heures égalisent l'humidité entre les fruits : sans elles, ça moisit.

Le conseil du caviste

Des figues séchées maison, fendues et passées 12 heures à 60 °C, souples sous le pouce, rangées au laurier.

Château du Rooy Rosette à 8 °C, le moelleux du Bergeracois, fin et peu sucré, sur les figues seules.

Château Moulin Caresse La Frangine Moelleux à 8 °C, le moelleux fruité, au goûter et sur un pain aux figues.

Château de Thénon Côtes de Bergerac Moelleux à 9 °C, le moelleux ample, sur un plateau de fromages bleus.

Devant un fruit sec, la règle d'accord est arithmétique avant d'être gustative : le vin doit être au moins aussi sucré que ce qu'on mange, sinon il paraît acide et creux, et une figue séchée titre environ cinquante pour cent de sucre, ce qui met la barre haut ; un moelleux fin et peu chargé servi à 8 °C convient aux figues mangées seules, parce que sa fraîcheur empêche l'ensemble d'écœurer tout en tenant la comparaison ; un moelleux plus fruité, à la même température, accompagne mieux un goûter ou un pain aux figues et aux noix, où le pain absorbe une partie du sucre ; dès qu'un fromage bleu entre en scène, c'est le sel qui commande et il faut un moelleux plus ample, servi à 9 °C, dont la rondeur répond au sel autant qu'au sucre ; un vin sec, lui, est ici perdu d'avance, le sucre du fruit le faisant paraître vert et métallique. C'est la règle des fruits secs : au moins aussi sucré que l'assiette, et servi frais. Le Rooy rosette, à 8 °C, est le verre des figues seules ; la Frangine moelleux, à 8 °C, celui du goûter ; et le Thénon, à 9 °C, sur les fromages.

À éviter : tout vin sec, que le sucre du fruit rend vert et métallique.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château du Rooy RosetteChâteau du Rooy Rosette 8,80 €
Château Moulin Caresse La Frangine MoelleuxChâteau Moulin Caresse La Frangine Moelleux 6,60 €
Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Elles ont moisi dans le bocal

Séchage incomplet, ou repos de 24 heures sauté. On presse chaque figue : aucune goutte ne doit perler, et on les étale un jour sur un linge avant le bocal.

Elles sont dures comme du bois

Trop séchées, ou four trop chaud. 60 °C réels au thermomètre, et on sort les figues dès qu'elles sont souples sous le pouce.

La peau est dure et le cœur mou

Température au-delà de 70 °C. Le sucre a caramélisé en croûte imperméable qui emprisonne l'eau : on redescend à 60 °C et on allonge le temps.

Elles sont collantes et confites

Porte du four fermée. L'air s'est saturé et les figues ont cuit dans leur vapeur : une cuillère en bois calée dans la porte suffit à régler cela.

Il y a des petits vers dans le bocal

Mites alimentaires. 48 heures au congélateur, puis un bocal à joint avec une feuille de laurier ; les sachets papier ne les arrêtent pas.

Elles ont noirci

Oxydation des variétés blanches. Un bain de 5 minutes dans un litre d'eau citronnée avant le séchage garde la chair claire.

Conservation & préparation anticipée

En bocal hermétique, à l'abri de la lumière et de la chaleur, elles se gardent 1 an, avec une feuille de laurier contre les mites alimentaires.

Les 24 heures de repos à l'air libre avant la mise en bocal ne se sautent pas : elles égalisent l'humidité entre les fruits et évitent qu'un seul ne fasse moisir tout le reste.

Au moindre doute sur les mites, 48 heures au congélateur tuent œufs et larves sans rien changer au fruit ; la pellicule blanche qui apparaît parfois est du sucre remonté, pas une moisissure.

Elles se congèlent 2 ans en sachet, ce qui est la méthode la plus sûre dans une maison humide.

Variantes

La confiture de figues

Notre confiture de figues, l'autre façon de sauver une récolte entière en quelques heures.

Les figues rôties au vin rouge

Nos figues rôties au vin rouge et au miel, quand les figues sont fraîches et qu'il faut aller vite.

Les tomates séchées à l'huile

Nos tomates séchées à l'huile, exactement le même principe appliqué au salé.

Les figues séchées à l'amande et au laurier

Chaque figue ouverte en deux sans la séparer, une amande grillée glissée dedans, refermée et aplatie à la main, puis rangée en couches séparées de feuilles de laurier et de graines de fenouil : c'est la figue de Noël provençale, l'un des treize desserts, et elle se garde toute la saison.

Questions fréquentes

Combien de figues fraîches pour un kilo de figues sèches ?

Environ cinq kilos, parce que le fruit perd quatre cinquièmes de son poids en séchant. Deux kilos de figues fraîches donnent quatre cents grammes de figues sèches. C'est ce rendement qui explique le prix des figues séchées du commerce, et aussi pourquoi le séchage est historiquement le geste de ceux qui possèdent un figuier et croulent sous la récolte.

À quelle température sécher des figues ?

À 60 °C, vérifiés au thermomètre de four, car peu de fours sont justes en bas de cadran. En dessous de 50 °C, l'eau part trop lentement et la surface fermente. Au-dessus de 70 °C, le sucre caramélise et forme une croûte imperméable qui emprisonne l'eau au centre : la figue semble sèche et moisit un mois plus tard.

Combien de temps faut-il ?

Dix à quatorze heures au four à 60 °C, porte entrouverte, selon la taille des fruits et leur teneur en eau. Au déshydrateur, huit à douze heures à 60 °C. Au soleil, quatre à six jours, les claies rentrées chaque soir pour éviter la rosée. Dans tous les cas, c'est le toucher qui décide et non la montre.

Comment savoir qu'elles sont prêtes ?

On presse une figue entre le pouce et l'index. Elle doit être souple, un peu élastique et ridée, sans laisser perler une seule goutte de jus. Si du jus sort, il reste de l'eau libre et le séchage continue. Si elle craque ou se casse, elle a trop séché : elle reste comestible mais durcira comme du bois en quelques semaines.

Pourquoi faut-il les laisser reposer 24 heures ?

Parce qu'à la sortie du four, certaines figues sont plus humides que d'autres. Étalées une journée sur un linge à l'air libre, elles échangent leur humidité jusqu'à s'équilibrer. Sans ce repos, que les anciens appelaient la mise en sueur, la plus humide contamine ses voisines dans le bocal fermé et tout moisit en quelques semaines. C'est l'étape la plus souvent sautée.

Quel vin servir avec ?

Un vin au moins aussi sucré que le fruit, faute de quoi il paraît vert et métallique : une figue séchée titre environ cinquante pour cent de sucre. Sur les figues seules, un moelleux fin et frais à 8 °C. Au goûter ou avec un pain aux figues et aux noix, un moelleux plus fruité, à la même température. Sur un plateau de bleus, un moelleux plus ample à 9 °C. Jamais de vin sec.

La figue est un fruit de quelques jours : cueillie mûre, elle fermente en quarante-huit heures. Le séchage est donc sa forme de conservation historique, connue de toute la Méditerranée, et il ne demande rien d'autre que de la chaleur douce et du temps. En retirant quatre cinquièmes de l'eau, on concentre le sucre jusqu'à environ cinquante pour cent du poids, ce qui bloque les micro-organismes et fait passer le fruit de trois jours à un an. Et le goût change complètement : la figue fraîche est fraîche et fleurie, la figue sèche devient dense, caramélisée, presque confite.

Les ingrédients : 2 kg de figues fraîches bien mûres, qui donneront 400 g de figues sèches ; 1 litre d'eau et 1 cuillère à soupe de jus de citron pour le bain facultatif ; quelques feuilles de laurier pour la conservation ; 1 pincée de graines de fenouil, facultative.

La méthode : figues lavées et séchées à fond, queue coupée à ras ; fendues en croix sur le dessus ou coupées en deux selon la taille ; posées coupe vers le haut sur une grille, sans se toucher ; four à 60 °C, porte calée entrouverte sur une cuillère en bois, 10 à 14 heures ; retournées toutes les 4 heures ; sorties quand la chair est souple et ne rend plus de jus sous le pouce ; laissées 24 heures à l'air libre sur un linge ; rangées en bocal avec une feuille de laurier.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château du Rooy RosetteChâteau du Rooy Rosette 8,80 €
Château Moulin Caresse La Frangine MoelleuxChâteau Moulin Caresse La Frangine Moelleux 6,60 €
Château de Thenon Côtes de Bergerac MoelleuxChâteau de Thenon Côtes de Bergerac Moelleux 6,90 €

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