Cocotte minute ouverte sur le feu, morceaux de bœuf braisés dans un jus brun court, carottes en tronçons et pommes de terre entières, thym et laurier, couvercle à soupape et joint de caoutchouc posés à côté, table de bois clair

Base

Cocotte minute : les temps de cuisson et la méthode, viandes et légumes

  • Préparation : 20 min
  • Cuisson : 55 min
  • Repos : 0 min
  • Moyen
  • 4 personnes
  • Facile
  • Toute l'année
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • UNE COCOTTE MINUTE DE 6 LITRES (L'OUTIL DE LA MÉTHODE : jamais remplie au-delà des deux tiers)
  • UNE MINUTERIE (le temps compté à partir du sifflement de la soupape, jamais de l'allumage)
  • un joint de rechange (il durcit en 2 ou 3 ans : sans lui, la pression ne monte pas)
  • une pince de cuisine (les cubes colorés en deux fois, sans entasser)
  • une cuillère en bois (le fond gratté au vin : les sucs collés sont toute la sauce)
  • un panier vapeur (les légumes tenus hors du liquide, pour qu'ils ne se délavent pas)

L'astuce du chef

Quinze degrés qui changent tout. Une soupape tarée à un bar maintient dans la cuve une pression double de celle de l'atmosphère, et l'eau y bout alors vers 115 °C. Comme la vitesse des réactions de cuisson double environ tous les dix degrés, le collagène des viandes dures se transforme en gélatine trois fois plus vite, et les parois des légumineuses cèdent dans les mêmes proportions. C'est tout le principe : rien de magique, juste de la thermodynamique.

Les temps des viandes. Paleron, macreuse ou gîte de bœuf en cubes : 30 à 35 minutes. Pot-au-feu avec os : 50 minutes. Jarret de bœuf entier : 60 minutes. Bourguignon : 35 minutes. Poulet fermier en morceaux : 25 minutes ; blancs seuls : 12. Blanquette de veau : 30 minutes. Jarret de porc : 45 minutes. Agneau en navarin : 25 minutes. Lapin : 20 minutes. Langue de bœuf : 60 minutes. Joue de bœuf : 45 minutes.

Les temps des légumes et des féculents. Pommes de terre entières moyennes : 10 minutes ; en quartiers : 8. Carottes en tronçons : 6. Haricots verts : 4. Chou-fleur en bouquets : 4. Betteraves entières : 20. Artichauts entiers : 12. Riz blanc : 6 ; riz complet : 15. Lentilles vertes non trempées : 8. Pois cassés : 12. Haricots secs trempés une nuit : 25 ; pois chiches trempés : 25. Soupe de légumes : 12 minutes.

Colorer d'abord, la règle numéro un. La réaction qui brunit et parfume exige une surface sèche et plus de 140 °C. Sous pression, l'atmosphère est saturée de vapeur et plafonne à 115 °C : il ne peut rien s'y passer. Une viande mise crue dans la cocotte en sort grise, molle et plate. On consacre donc huit à dix minutes à découvert, à feu vif, en deux fournées pour ne pas entasser, avant de fermer quoi que ce soit.

Peu de liquide, la règle numéro deux. C'est l'erreur de tous ceux qui transposent une recette classique. En cocotte ouverte, on noie parce que le liquide réduit pendant deux heures ; sous pression, le couvercle retient toute la vapeur et le volume ne bouge presque pas, tandis que la viande et les légumes rendent le leur. Vingt-cinq centilitres suffisent pour un kilo de viande. Le minimum absolu est d'environ vingt centilitres, sans quoi la pression ne peut pas s'établir.

Compter à partir du sifflement, la règle numéro trois. Tant que la soupape ne chuchote pas, l'appareil monte simplement en température et la cuisson sous pression n'a pas commencé. Compter depuis l'allumage revient à ajouter huit à douze minutes selon la quantité, et c'est ainsi qu'on obtient une viande filandreuse et des légumes en purée. Au sifflement, on baisse au minimum nécessaire pour le maintenir, et on lance la minuterie.

Réduire à découvert, la règle numéro quatre. À l'ouverture, le jus est plus abondant et plus clair qu'une sauce mijotée, faute d'avoir réduit. On sort donc la garniture, on remet la cocotte à feu vif sans couvercle et on laisse bouillonner cinq à dix minutes : la sauce se concentre, fonce et lie. C'est l'étape que la plupart des déçus de l'autocuiseur oublient, et elle explique à elle seule la réputation de sauces pâles qu'on lui fait.

Les deux façons d'ouvrir, et ce qu'elles changent. La libération lente, feu coupé et cocotte laissée tranquille dix minutes, poursuit doucement la cuisson et détend les viandes : c'est celle des braisés et des bouillons. La libération rapide, en tournant la soupape, arrête net et préserve la tenue : c'est celle des légumes, du riz et du poisson. On ne force jamais le couvercle tant que l'indicateur est levé.

Cuire en deux temps, quand les temps diffèrent. Un braisé de bœuf demande trente-cinq minutes, ses carottes six et ses pommes de terre huit. Tout mettre ensemble donne une viande juste cuite et des légumes en bouillie. On cuit donc la viande seule, on ouvre, on ajoute les légumes, on referme pour le complément. C'est deux minutes de plus et cela change complètement le plat. Le panier vapeur permet la même chose en les tenant hors du liquide.

Le remplissage, le joint et la soupape. La cuve ne se remplit jamais au-delà des deux tiers, et de la moitié seulement pour ce qui mousse ou gonfle : légumineuses, riz, soupes. Le joint se remplace tous les deux ou trois ans et se range hors du couvercle pour ne pas s'écraser. La soupape et son conduit se rincent après chaque usage. Une soupape encrassée qui se bloque est la seule situation réellement dangereuse avec un appareil moderne.

Ce qui ne va pas en cocotte minute. Les poissons délicats, qui se défont ; les viandes blanches maigres, qui se dessèchent ; les pâtes, qui moussent et peuvent boucher la soupape ; les gratins et les rôtis, qui réclament une chaleur sèche ; les légumes verts qu'on veut croquants et brillants, la pression ternissant la chlorophylle. L'autocuiseur est l'outil des morceaux durs, des légumineuses et des bouillons, rien d'autre.

Préparation pas à pas

  1. Joint vérifié, souple et bien logé ; soupape et son conduit rincés et soufflés 2 min

    Un joint durci, et la cocotte ne montera jamais en pression.

  2. Cubes de bœuf séchés au papier, salés et poivrés ; cocotte ouverte chauffée à feu vif 5 min

    Séchés : une viande humide bout au lieu de dorer.

  3. Viande colorée 8 min à découvert, en deux fois, sans entasser ; réservée 8 min

    Sous pression rien ne dore : tout le brun se fait maintenant.

  4. Oignons revenus 4 min ; farine saupoudrée et remuée 1 min ; vin versé, fond gratté 6 min

    La farine se cuit avant le liquide, sinon elle donne un goût de colle.

  5. Viande remise, ail, bouquet garni et 25 cl de bouillon seulement ; cocotte aux deux tiers au plus 3 min

    Deux tiers maximum : au-delà, la soupape peut se boucher.

  6. Couvercle verrouillé, soupape posée ; feu vif jusqu'au sifflement, puis feu doux, 30 min minutées 38 min

    Le temps part du sifflement, pas du feu : sinon on ajoute 10 minutes.

  7. Pression relâchée, couvercle ouvert loin du visage ; carottes et pommes de terre ajoutées ; 8 min 12 min

    Les légumes entrent à la fin, sinon ils se défont.

  8. Viande et légumes sortis ; sauce réduite 5 min à découvert, à feu vif ; goûtée et salée 6 min

    Sans cette réduction, la sauce reste claire et délavée.

Le conseil du caviste

Un braisé de bœuf à la cocotte minute, coloré à découvert, 30 minutes sous pression, légumes ajoutés à la fin et sauce réduite ouverte.

Château Tour de Biot Malbec à 16 °C, le malbec charnu, sur le bœuf braisé et sa sauce réduite.

Château Beynat Castillon Côtes de Bordeaux à 16 °C, le castillon de garde, sur un pot-au-feu ou un jarret.

Château Tour de Biot Blanc Sec à 10 °C, le blanc sec, sur une blanquette ou une volaille menée de la même façon.

Un plat de cocotte minute est un plat braisé, et il se traite au verre comme tel : la pression change la durée, pas la nature du plat, et une viande longuement attendrie dont la sauce a été réduite à découvert réclame exactement le même rouge qu'un mijoté de trois heures, charnu, servi à 16 °C, avec des tanins déjà fondus qui accompagnent la gélatine au lieu de la combattre ; dès qu'il y a de l'os et du bouillon, comme dans un pot-au-feu ou un jarret, la sauce gagne en profondeur et un rouge de garde à la trame plus serrée, toujours à 16 °C, tient la longueur ; si la même méthode sert une blanquette ou une volaille, le plat devient blanc et crémé et c'est un blanc sec servi à 10 °C qui prend le relais ; à éviter dans tous les cas, un rouge jeune et dur, qui n'a pas le fondu que demande une viande braisée. C'est la règle des braisés : le verre suit la sauce, pas la durée. Le Tour de Biot malbec, à 16 °C, est le verre du bœuf ; le Beynat, à 16 °C, celui du pot-au-feu ; et le Tour de Biot blanc, à 10 °C, sur la blanquette.

À éviter : un rouge jeune et dur, sans fondu, qui se heurte à une viande braisée.

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Dépannage

La cocotte ne siffle pas

Joint durci ou mal logé, soupape encrassée, couvercle mal verrouillé, ou pas assez de liquide. Il en faut au moins 20 cl pour que la pression s'établisse.

La viande est filandreuse

Temps compté depuis l'allumage et non depuis le sifflement, ce qui ajoute 10 minutes. On minute au chuchotement de la soupape.

Les légumes sont en bouillie

Ils ont cuit avec la viande. On cuit la viande seule, on ouvre, puis on ajoute carottes et pommes de terre pour 6 à 8 minutes.

La sauce est claire et fade

Trop de liquide au départ, et pas de réduction. 25 cl suffisent, et on fait bouillonner 5 à 10 minutes à découvert après avoir sorti la garniture.

La viande est grise

Elle n'a pas été colorée. Rien ne dore sous pression : 8 à 10 minutes à découvert, à feu vif, en deux fournées pour ne pas entasser.

De la mousse est sortie par la soupape

Cuve trop remplie de légumineuses ou de riz. On ne dépasse pas la moitié pour tout ce qui mousse, les deux tiers pour le reste.

Conservation & préparation anticipée

Un plat braisé se garde 3 jours au réfrigérateur dans sa sauce, et il est meilleur le lendemain : la gélatine prend et la sauce pénètre la viande.

Il se réchauffe 15 min à feu doux, cocotte ouverte et sans pression ; une seconde cuisson sous pression déferait la viande.

Il se congèle 3 mois avec sa sauce, en portions, mais les pommes de terre s'y délitent : on les ajoute au réchauffage.

Le joint se range hors du couvercle, à plat, pour ne pas s'écraser, et se remplace tous les 2 ou 3 ans, dès qu'il durcit ou se craquelle.

Variantes

Le pot-au-feu

Notre pot-au-feu, le grand bouilli de trois heures que la cocotte minute ramène à cinquante minutes.

Le bœuf bourguignon

Notre bœuf bourguignon, le mijoté de référence, dont la sauce demande de la patience.

La blanquette de veau

Notre blanquette de veau, la même méthode en version blanche, sans coloration.

Les pois chiches et les haricots secs

Trempés une nuit puis couverts de 3 cm d'eau non salée, sans matière grasse, ils cuisent 25 minutes sous pression contre 2 heures en casserole ; on sale seulement à l'ouverture, le sel en cours de cuisson durcissant la peau.

Questions fréquentes

Combien de temps pour du bœuf à la cocotte minute ?

Trente à trente-cinq minutes pour du paleron, de la macreuse ou du gîte en cubes, comptées à partir du sifflement de la soupape. Un pot-au-feu avec os demande cinquante minutes, un jarret entier soixante, une joue quarante-cinq, une langue soixante. C'est environ trois fois moins qu'en cocotte de fonte, parce que l'eau y bout à 115 °C au lieu de 100 °C.

Combien de liquide mettre dans une cocotte minute ?

Beaucoup moins qu'en cuisson classique : vingt-cinq centilitres pour un kilo de viande, là où une recette traditionnelle en demande le double. Le couvercle retient toute la vapeur et le volume ne bouge presque pas. Le minimum absolu est d'environ vingt centilitres, sans quoi la pression ne peut pas s'établir, et la cuve ne se remplit jamais au-delà des deux tiers.

À partir de quand compte-t-on le temps ?

À partir du moment où la soupape commence à chuchoter, jamais de l'allumage du feu. Tant qu'elle est muette, l'appareil monte simplement en température et la cuisson sous pression n'a pas commencé. Compter depuis le feu revient à ajouter huit à douze minutes selon la quantité, ce qui donne une viande filandreuse et des légumes défaits.

Pourquoi ma sauce est-elle pâle et liquide ?

Parce qu'elle n'a pas réduit. Sous pression, rien ne s'évapore : à l'ouverture, le jus est aussi abondant qu'au départ, augmenté de ce que la viande a rendu. Il faut sortir la garniture, remettre la cocotte à feu vif sans couvercle et laisser bouillonner cinq à dix minutes. C'est l'étape oubliée qui vaut à l'autocuiseur sa réputation de sauces délavées.

Peut-on tout cuire à la cocotte minute ?

Non. Les poissons délicats s'y défont, les viandes blanches maigres s'y dessèchent, les pâtes moussent et peuvent boucher la soupape, les gratins et les rôtis réclament une chaleur sèche, et les légumes verts y perdent leur couleur, la pression ternissant la chlorophylle. C'est l'outil des morceaux durs, des légumineuses et des bouillons, c'est-à-dire de ce qui demande à être attendri.

Quel vin servir avec ?

La pression change la durée, pas la nature du plat : un braisé de cocotte minute se traite comme un mijoté. Sur un bœuf à la sauce réduite, un rouge charnu à 16 °C, aux tanins fondus. Sur un pot-au-feu ou un jarret, où l'os apporte de la profondeur, un rouge de garde à la trame plus serrée, toujours à 16 °C. Sur une blanquette, un blanc sec à 10 °C. Jamais de rouge jeune et dur.

L'autocuiseur passe pour un appareil de dépannage, et c'est un malentendu : c'est un outil de cuisson lente, simplement accéléré. Sous un bar de pression, l'eau ne bout plus à 100 °C mais à 115 °C, et ces quinze degrés suffisent à défaire un collagène trois fois plus vite. Un bœuf braisé de trois heures est prêt en trente-cinq minutes, un pot-au-feu en cinquante, des pois chiches trempés en vingt-cinq. Ce qu'il faut accepter, c'est de ne plus rien voir ni goûter pendant la cuisson : tout se décide avant de fermer le couvercle, et se rattrape après l'avoir ouvert.

Le plat de démonstration, pour 4 : 1 kg de paleron de bœuf en gros cubes ; 2 cuillères à soupe d'huile ; 2 oignons ; 4 carottes ; 6 pommes de terre ; 2 gousses d'ail ; 1 cuillère à soupe de farine ; 25 cl de bouillon de bœuf ; 10 cl de vin rouge ; 1 bouquet garni ; sel et poivre.

La méthode : cubes séchés et salés, colorés 8 minutes à découvert dans la cocotte ouverte, en deux fois ; réservés ; oignons revenus, farine saupoudrée et cuite 1 minute ; vin versé et fond gratté ; viande remise avec 25 cl de bouillon, l'ail et le bouquet garni ; couvercle fermé, 30 minutes comptées à partir du sifflement ; pression relâchée, carottes et pommes de terre ajoutées, 8 minutes de plus ; viande et légumes sortis ; sauce réduite 5 minutes à découvert.

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