Morceaux de poulet dorés dans une cocotte minute ouverte, peau brune et luisante, sauce courte aux champignons et aux lardons, thym, cuillère en bois, couvercle à soupape posé à côté, table de bois clair

Plat principal

Poulet à la cocotte minute : la recette en 25 minutes, moelleux et en sauce

  • Préparation : 20 min
  • Cuisson : 45 min
  • Repos : 0 min
  • Moyen
  • 4 personnes
  • Facile
  • Toute l'année
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • UNE COCOTTE MINUTE DE 6 LITRES (L'OUTIL DU PLAT : joint souple et soupape propre, vérifiés avant de commencer)
  • UNE PINCE DE CUISINE (les morceaux retournés un à un, sans percer la peau)
  • un plat pour réserver (le poulet coloré attend pendant que la garniture revient)
  • une cuillère en bois (le fond gratté au vin blanc : les sucs sont la sauce)
  • une minuterie (25 minutes comptées à partir du sifflement, jamais de l'allumage)
  • une petite louche (la sauce dégraissée en surface avant la crème)

L'astuce du chef

Ce que la pression change vraiment. Un couvercle verrouillé et une soupape tarée à un bar font monter la température d'ébullition de l'eau de 100 °C à environ 115 °C. Ces quinze degrés n'ont l'air de rien, mais la vitesse des réactions de cuisson double à peu près tous les dix degrés : un collagène qui met une heure à se défaire en cocotte ordinaire y parvient en vingt à vingt-cinq minutes. D'où des temps divisés par trois, sans rien changer à la recette elle-même.

Colorer d'abord, et c'est non négociable. La réaction de Maillard, celle qui brunit et parfume, demande une surface sèche et plus de 140 °C. Or sous pression, l'atmosphère est saturée de vapeur et plafonne à 115 °C : rien ne peut dorer. Un poulet mis cru dans la cocotte en ressort pâle, un peu gris et sans goût de rôti. On passe donc dix minutes à découvert, à feu vif, avant de fermer quoi que ce soit.

Peu de liquide, parce que rien ne s'évapore. C'est l'erreur la plus fréquente de ceux qui transposent une recette classique. En cocotte ouverte, on met beaucoup de bouillon parce qu'il réduit pendant une heure ; sous pression, le couvercle retient toute la vapeur et le volume ne bouge presque pas, tandis que la viande rend en plus son propre jus. Vingt-cinq centilitres suffisent pour un poulet entier, là où une recette traditionnelle en demanderait le double.

Le temps se compte à partir du sifflement. Tant que la soupape n'a pas commencé à chuchoter, l'appareil monte simplement en température et rien de la cuisson sous pression n'a commencé. Compter à partir de l'allumage revient à ajouter huit à douze minutes selon la quantité, et c'est ainsi qu'on obtient un poulet filandreux. Dès le sifflement, on baisse au minimum nécessaire pour le maintenir et on lance la minuterie.

On ne goûte pas, donc on assaisonne avant. C'est la vraie contrainte de l'autocuiseur : le couvercle une fois fermé, on ne voit rien, on ne remue rien, on ne rectifie rien. Tout l'assaisonnement de fond se décide avant, et on reste un peu en dessous, parce que la réduction finale à découvert concentrera le sel. Le sel fin, le poivre et les herbes vont dans la cocotte ; la crème, le citron et le persil arrivent à la fin.

Ouvrir sans se brûler. Deux méthodes. La libération lente, feu coupé, cocotte laissée tranquille dix minutes, qui convient aux viandes et les laisse se détendre. Et la libération rapide, en tournant la soupape, qui arrête net la cuisson et convient aux légumes. Dans les deux cas, on ne force jamais le couvercle : tant que l'indicateur est levé ou que la soupape crache, la cocotte est sous pression et l'ouvrir projetterait le contenu.

Vingt-cinq minutes, et les autres temps utiles. Pour un poulet fermier en morceaux, vingt-cinq minutes ; pour des blancs seuls, douze. Un bœuf bourguignon demande trente-cinq minutes, un pot-au-feu cinquante, un jarret une heure. Des pommes de terre en quartiers, huit minutes ; des carottes, six ; des haricots secs trempés, vingt-cinq ; du riz complet, quinze ; des lentilles, huit. Un poulet entier non découpé, vingt-huit minutes, mais il se tient moins bien.

La sauce se finit toujours à découvert. À l'ouverture, le jus est plus abondant et plus clair qu'une sauce mijotée, parce qu'il n'a pas réduit. On sort donc la viande, on remet la cocotte à feu vif sans son couvercle et on laisse bouillonner cinq à dix minutes : la sauce se concentre, prend de la couleur et lie légèrement toute seule. C'est cette étape que la plupart des déçus de la cocotte minute oublient.

Le joint et la soupape, qui décident de tout. Un joint durci ou craquelé laisse échapper la vapeur, la pression ne monte pas et les temps ne veulent plus rien dire. Il se remplace tous les deux ou trois ans, et se range hors du couvercle pour ne pas s'écraser. La soupape et son conduit se rincent après chaque usage : une soupape encrassée se bloque, et c'est l'unique situation réellement dangereuse avec un appareil moderne.

Ce qui ne va pas en cocotte minute. Tout ce qui cuit vite et se défait : un poisson, qui part en morceaux ; une viande blanche maigre, qui se dessèche ; des pâtes, qui moussent et bouchent la soupape ; un gratin ou un rôti, qui demandent une chaleur sèche. L'autocuiseur est l'outil des morceaux durs, des légumineuses et des bouillons, c'est-à-dire de tout ce qui contient du collagène ou de l'amidon à attendrir.

Préparation pas à pas

  1. Poulet découpé en 8, séché au papier, salé et poivré sur toutes les faces 8 min

    Séché : une peau humide ne dore pas, elle blanchit.

  2. Cocotte ouverte sur feu vif ; morceaux colorés 6 min peau vers le fond, 4 min de l'autre côté 10 min

    On colore toujours à découvert : sous pression, rien ne dore.

  3. Poulet réservé ; lardons, échalotes puis champignons revenus 6 min dans la même graisse 6 min

    Les champignons attendent que l'eau des échalotes soit partie.

  4. Vin blanc versé, fond gratté à la cuillère en bois, réduit de moitié à découvert 4 min

    Les sucs collés au fond sont toute la sauce : on les décolle.

  5. Poulet remis avec son jus, ail, thym, laurier et 25 cl de bouillon seulement 2 min

    Peu de liquide : sous pression, rien ne s'évapore.

  6. Couvercle verrouillé, soupape posée ; feu vif jusqu'au sifflement, puis feu doux 25 min 30 min

    Le temps se compte à partir du sifflement.

  7. Feu coupé ; pression relâchée à la soupape ; couvercle ouvert loin du visage ; poulet sorti 3 min

    Jamais de couvercle forcé : on attend que la soupape retombe.

  8. Sauce réduite 5 min à découvert, dégraissée ; crème versée hors du feu ; poulet remis dedans 6 min

    La crème hors du feu : bouillie, elle tranche.

Le conseil du caviste

Un poulet à la cocotte minute, doré à découvert puis 25 minutes sous pression avec lardons, champignons et vin blanc, sauce réduite à la fin.

Moulin Caresse Le Sémillon à 10 °C, le blanc rond et gras, taillé pour une sauce à la crème.

Château Moulin Caresse Cent pour 100 Rouge à 15 °C, le rouge souple et fruité, servi frais, sur la version aux lardons.

Domaine de Mayat Chardonnay à 10 °C, le chardonnay du Bergeracois, sur la sauce aux champignons.

Une volaille en sauce est l'un des rares plats qui acceptent aussi bien un blanc qu'un rouge, et c'est la sauce qui tranche, pas la viande : dès qu'il y a de la crème et des champignons, un blanc rond et gras servi à 10 °C répond exactement, son volume en bouche épousant celui de la sauce et son acidité empêchant l'ensemble de devenir lourd ; si la recette est menée aux lardons fumés, au vin et sans crème, le fumé et les sucs de coloration appellent alors un rouge souple et fruité, servi frais à 15 °C, dont les tanins fondus ne viennent pas se heurter à la chair blanche ; un chardonnay travaillé, toujours à 10 °C, est le compromis quand les champignons dominent, parce qu'il partage avec eux la même note de sous-bois ; ce qu'il faut écarter, c'est un rouge tannique et jeune, qui assèche le poulet, et un blanc très boisé, qui couvre une sauce déjà crémée. C'est la règle des volailles en sauce : le verre suit la sauce. Le Sémillon, à 10 °C, est le verre de la version à la crème ; le Cent pour 100 rouge, à 15 °C, celle aux lardons ; et le Mayat chardonnay, à 10 °C, sur les champignons.

À éviter : un rouge jeune et tannique, qui assèche la chair blanche, et un blanc très boisé.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €
Château Moulin Caresse Cent pour 100 RougeChâteau Moulin Caresse Cent pour 100 Rouge 16,00 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

Le poulet est pâle et fade

Il n'a pas été coloré. Sous pression rien ne dore : 10 minutes à découvert, à feu vif, avant de fermer le couvercle.

C'est filandreux

Trop cuit. Le temps se compte à partir du sifflement, pas de l'allumage : 25 minutes pour des morceaux, 12 pour des blancs seuls.

La sauce est trop liquide

Elle n'a pas réduit. On sort la viande et on laisse bouillonner 5 à 10 minutes à découvert, à feu vif : elle se lie toute seule.

Il y avait trop de jus

Trop de bouillon au départ. 25 cl suffisent pour un poulet entier : sous pression rien ne s'évapore et la viande rend le sien.

La cocotte n'a jamais sifflé

Joint durci, soupape encrassée ou couvercle mal verrouillé. On vérifie le joint, on rince la soupape, et on remplace le joint tous les 2 ou 3 ans.

La crème a tranché

Elle a bouilli. On la verse hors du feu, une fois la réduction terminée, et on ne fait plus bouillir ensuite.

Conservation & préparation anticipée

Le poulet en sauce se garde 3 jours au réfrigérateur dans sa sauce, et il est meilleur le lendemain, la sauce ayant fini de pénétrer la chair.

Il se réchauffe 15 min à feu doux, à couvert, cocotte ouverte et sans pression ; jamais une seconde fois sous pression, ce qui le déferait.

Il se congèle 3 mois avec sa sauce, mais sans la crème, qui tranche à la décongélation : on la remet au réchauffage.

La carcasse fait un bouillon en 30 min sous pression avec un oignon, une carotte et un bouquet garni, contre 3 heures en casserole.

Variantes

Le poulet rôti au beurre

Notre poulet rôti au beurre, l'école inverse, où c'est la chaleur sèche qui fait tout.

La blanquette de veau

Notre blanquette de veau, le mijoté blanc, que l'autocuiseur ramène à 30 minutes.

La poule au pot

Notre poule au pot, la volaille pochée du Sud-Ouest, longue en cocotte ordinaire.

Le poulet chasseur à la cocotte minute

La même base, mais le vin blanc remplacé par 20 cl de vin rouge et 400 g de tomates concassées ajoutées avant de fermer, l'estragon en fin de cuisson : 25 minutes sous pression donnent une sauce brune déjà liée, qu'on réduit 5 minutes à découvert.

Questions fréquentes

Combien de temps cuit un poulet à la cocotte minute ?

Vingt-cinq minutes pour un poulet fermier découpé en huit morceaux, comptées à partir du sifflement de la soupape et non de l'allumage du feu. Des blancs seuls demandent douze minutes, un poulet entier non découpé vingt-huit, mais il se tient moins bien. C'est environ trois fois moins qu'en cocotte de fonte, parce que l'eau y bout à 115 °C au lieu de 100 °C.

Faut-il dorer la viande avant ?

Oui, et c'est la règle la plus importante. La coloration demande une surface sèche et plus de 140 °C, or sous pression l'atmosphère saturée de vapeur plafonne à 115 °C : rien ne peut dorer. Un poulet mis cru dans la cocotte en ressort pâle, un peu gris et sans goût de rôti. Dix minutes à découvert, à feu vif, avant de fermer quoi que ce soit.

Combien de liquide faut-il mettre ?

Beaucoup moins qu'en cuisson classique : vingt-cinq centilitres pour un poulet entier, là où une recette traditionnelle en demande le double. Le couvercle retient toute la vapeur, le volume ne bouge presque pas, et la viande rend en plus son propre jus. Trop de liquide donne une sauce claire et délavée, qu'il faudra ensuite réduire longuement à découvert.

Comment ouvrir une cocotte minute sans danger ?

Deux méthodes. La libération lente, feu coupé et cocotte laissée tranquille dix minutes, qui convient aux viandes et les laisse se détendre. La libération rapide, en tournant la soupape, qui arrête net la cuisson et convient aux légumes. Dans les deux cas on ne force jamais le couvercle : tant que l'indicateur est levé ou que la soupape crache, la cocotte est sous pression.

Que ne faut-il pas cuire à la cocotte minute ?

Tout ce qui cuit vite ou se défait : un poisson, qui part en morceaux ; une viande blanche maigre, qui se dessèche ; des pâtes, qui moussent et peuvent boucher la soupape ; un gratin ou un rôti, qui demandent une chaleur sèche. L'autocuiseur est l'outil des morceaux durs, des légumineuses et des bouillons, c'est-à-dire de ce qui contient du collagène ou de l'amidon à attendrir.

Quel vin servir avec ?

La sauce décide, pas la viande. Avec de la crème et des champignons, un blanc rond et gras à 10 °C, dont le volume épouse celui de la sauce. Aux lardons fumés et au vin, sans crème, un rouge souple et fruité servi frais à 15 °C. Quand les champignons dominent, un chardonnay à 10 °C, qui partage leur note de sous-bois. Ni rouge tannique, ni blanc très boisé.

La cocotte minute a mauvaise réputation dans les cuisines où l'on aime prendre son temps, et c'est injuste : sur une volaille, elle fait exactement ce qu'il faut. Sous un bar de pression, l'eau bout à 115 °C et non à 100 °C, le collagène se défait trois fois plus vite, et un poulet qui demanderait une heure et quart en cocotte de fonte est prêt en vingt-cinq minutes, la chair détachée de l'os et la sauce déjà liée. La seule chose qu'elle ne sait pas faire, c'est colorer : on s'en charge avant, à découvert, et tout le reste suit.

Les ingrédients, pour 4 : 1 poulet fermier de 1,5 kg découpé en 8 morceaux ; 2 cuillères à soupe d'huile ; 30 g de beurre ; 150 g de lardons fumés ; 250 g de champignons de Paris ; 2 échalotes ; 2 gousses d'ail ; 20 cl de vin blanc sec ; 25 cl de bouillon de volaille ; 1 branche de thym ; 1 feuille de laurier ; 10 cl de crème liquide entière ; sel et poivre.

La méthode : poulet découpé, séché et salé ; cocotte ouverte, morceaux colorés 10 minutes dans l'huile et le beurre, peau vers le fond, puis réservés ; lardons, échalotes et champignons revenus dans la même graisse ; vin blanc versé et gratté au fond, réduit de moitié à découvert ; poulet remis avec le bouillon, le thym et le laurier ; couvercle fermé, soupape posée, 25 minutes comptées à partir du sifflement, à feu doux ; pression relâchée, poulet sorti ; sauce réduite 5 minutes à découvert, crème ajoutée hors du feu.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Moulin Caresse Le SémillonMoulin Caresse Le Sémillon 7,90 €
Château Moulin Caresse Cent pour 100 RougeChâteau Moulin Caresse Cent pour 100 Rouge 16,00 €
Domaine de Mayat ChardonnayDomaine de Mayat Chardonnay 5,90 €

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