Blanquette de veau à l'ancienne, sauce ivoire soyeuse, champignons et oignons grelots, servie avec du riz pilaf

Plat mijoté

La blanquette de veau à l'ancienne, liée aux jaunes d'œufs

Un veau poché avec douceur, un velouté ivoire monté au roux et la liaison crème-jaunes d'œufs de la tradition : la blanquette à l'ancienne, réconfort absolu des tables françaises.

  • Préparation : 30 min
  • Cuisson : 1 h 45
  • Coût modéré
  • 6 personnes
  • Intermédiaire
  • Hiver

Ingrédients

6 personnes

Ustensiles

  • cocotte (ou grand faitout)
  • casserole (pour le roux et le velouté)
  • chinois (ou passoire fine, pour un bouillon limpide)
  • fouet
  • écumoire
  • couteau (d'office)

L'astuce du chef

Blanquette = blancheur. Départ à froid puis blanchiment rapide du veau (2 minutes d'ébullition, rinçage) : les impuretés partent, le bouillon reste ivoire. Ensuite, deux liaisons successives font la sauce : un roux blond mouillé au bouillon (le velouté), puis — hors du feu — les jaunes battus à la crème. Après la liaison aux jaunes, la sauce ne doit PLUS JAMAIS bouillir : elle tranche au-delà de 80 °C environ.

Préparation pas à pas

  1. Blanchir le veau 10 min

    Couvrez les morceaux d'eau froide, portez à ébullition 2 minutes, égouttez et rincez : le futur bouillon restera clair.

  2. Pocher en douceur 1 h 30

    Remettez le veau dans la cocotte avec carottes, oignon clouté, poireau, céleri et bouquet garni. Couvrez d'eau froide à hauteur, salez peu, et laissez frémir — sans jamais bouillir — 1 h 30, en écumant au début.

  3. Préparer la garniture 15 min

    Glacez les grelots à blanc (beurre, fond d'eau, pincée de sucre, papier au contact). Cuisez les champignons 5 minutes dans une louche de bouillon citronnée pour les garder blancs.

  4. Monter le velouté 10 min

    Faites un roux blond (beurre fondu + farine, 2 minutes sans coloration), puis mouillez avec 60 cl de bouillon filtré, en fouettant. Laissez épaissir 8 minutes à petit feu : le velouté nappe la cuillère.

  5. Réunir 5 min

    Égouttez le veau, réunissez-le dans le velouté avec grelots et champignons. Réchauffez à frémissement léger.

  6. Lier à l'ancienne — hors du feu 3 min

    Battez jaunes, crème et jus du demi-citron. Hors du feu, détendez ce mélange d'une louche de sauce chaude, puis reversez dans la cocotte en remuant. La sauce devient soyeuse — n'ébouillantez plus. Servez avec un riz pilaf.

Le conseil du caviste

La blanquette est un plat de velours : il lui faut un blanc rond, mûr, à peine boisé. Le chardonnay du Domaine de Mayat est notre accord du quotidien — chair et fraîcheur, servi à 11-12 °C, il épouse la liaison crème-jaunes sans la couvrir. Pour un dîner habillé, le Pessac-Léognan blanc du Château Haut-Lagrange lui donne la réplique gastronomique, avec ce boisé fondu qui prolonge le velouté. Le bordeaux blanc sec du Château La Verrière, plus vif, réveille l'ensemble si votre sauce est très riche. Fuyez les rouges tanniques : ils durcissent au contact de la liaison.

Les bouteilles de la cave

Dépannage

La sauce a tranché (grumeaux) après la liaison

Elle a rebouilli. Sauvetage : mixeur plongeant hors du feu, puis passage au chinois. La prochaine fois : liaison hors du feu, réchauffage sous 80 °C.

Le bouillon est gris, la sauce terne

Blanchiment sauté ou écumage négligé. Filtrez le bouillon au chinois étamine ; pour la blancheur, la liaison crème-jaunes rattrape beaucoup.

La viande est ferme

Prolongez le pochage de 20 à 30 minutes : le tendron doit céder sous la cuillère. L'ébullition franche, elle, resserre — surveillez le frémissement.

La sauce est trop liquide

Réduisez le velouté AVANT la liaison finale, ou refaites un petit roux et incorporez-le au fouet. Jamais de farine crue directement.

C'est fade

Le sel s'ajuste en fin de pochage, pas au début (le bouillon réduit). Et le trait de citron final n'est pas décoratif : c'est lui qui réveille le plat.

Conservation & préparation anticipée

Idéalement, conservez la blanquette AVANT liaison : 48 h au frais, réchauffage doux puis liaison minute. Déjà liée, elle se garde 24 h et se réchauffe à feu très doux sans jamais frémir. La congélation ne vaut que pour la version non liée (les liaisons à l'œuf ne supportent pas le gel).

Variantes

Aux morilles

Remplacez les champignons de Paris par des morilles réhydratées (et leur eau filtrée dans le velouté) : la blanquette des grands soirs.

Sans liaison aux jaunes

Crème seule, réduite dans le velouté : plus simple, imbouillable, un peu moins soyeux. La version « semaine ».

À l'oseille

Une poignée d'oseille ciselée fondue dans la sauce au moment de servir : l'acidité végétale remplace le citron.

De la mer

Le même velouté sur une lotte pochée 10 minutes : un autre plat, la même caresse.

Questions fréquentes

Quels morceaux pour la blanquette ?

Moitié épaule (la mâche), moitié tendron ou flanchet (le gélatineux) : c'est ce duo qui donne une sauce soyeuse et une viande fondante.

Pourquoi blanchir la viande ?

Deux minutes d'ébullition puis rinçage éliminent les impuretés qui troubleraient le bouillon : c'est le secret d'une blanquette ivoire.

Ma liaison peut-elle rattraper un excès de cuisson ?

Si la sauce a tranché : mixeur plongeant + chinois, hors du feu. Le goût est sauf, la texture presque.

Riz ou pommes vapeur ?

Le riz pilaf est le classique absolu — il boit la sauce. Pommes vapeur et tagliatelles fraîches sont d'excellents seconds.

Peut-on la préparer la veille ?

Oui, et c'est même conseillé — mais gardez la liaison crème-jaunes pour le moment du service.

La blanquette est une déclaration de tendresse : rien n'y est saisi, rien n'y est doré — tout y est poché, nacré, enveloppé. Sa réussite tient à deux liaisons et un interdit : ne plus jamais bouillir après les jaunes. La recette exacte est ci-dessus ; voici l'histoire, la méthode et les blancs que le caviste lui réserve.

Histoire : des « restes de rôti » au plat national

La blanquette apparaît au XVIIIe siècle — Vincent La Chapelle en publie une version dès 1735 dans Le Cuisinier moderne — non comme un mijoté, mais comme une façon élégante d'accommoder les restes de veau rôti en sauce blanche. C'est au XIXe siècle qu'elle devient le plat mijoté familial que l'on connaît, pochée à cru et liée à la crème et aux jaunes. Plébiscitée depuis dans tous les sondages de « plat préféré des Français », elle reste le symbole de la cuisine de mère — précise sous ses airs simples.

Quel vin servir avec la blanquette de veau ?

Sauce ivoire, vin doré : un chardonnay rond, à peine boisé, est l'accord canonique. Notre chardonnay du Domaine de Mayat le fait à merveille au quotidien, servi à 11-12 °C ; pour les grandes occasions, le Pessac-Léognan blanc du Château Haut-Lagrange apporte le supplément de race, avec un boisé fondu qui prolonge le velouté. Si votre sauce est très riche, le bordeaux blanc sec du Château La Verrière et sa nervosité de sauvignon remettent tout le monde d'aplomb. Parcourez tous nos blancs secs, et pour composer le menu entier, le guide des accords mets & vins.

Pour continuer

Restez en cuisine de cocotte : le pot-au-feu familial, le bœuf bourguignon fondant, ou changez de registre avec le tourin à l'ail du Périgord. Conseils d'accord en boutique à Sainte-Foy-la-Grande et Creysse. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

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