Bol de soupe aigre-piquante chinoise, rubans d'œuf, champignons, verre de vin blanc

Soupe

Soupe aigre-piquante chinoise : la recette maison facile

  • Préparation : 20 min
  • Cuisson : 12 min
  • Repos : 30 min de trempage des champignons
  • Économique
  • 4 personnes
  • Facile
  • Hiver
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Ingrédients

4 personnes

Ustensiles

  • UN WOK OU UNE CASSEROLE LARGE (L'OUTIL DU PLAT : le tourbillon pour l'œuf se fait dans une surface large)
  • un couteau bien affûté (tout en filaments fins, de la même taille)
  • un bol d'eau tiède (tremper les champignons 30 min)
  • un petit bol et une fourchette (la fécule délayée, l'œuf battu sans mousse)
  • un moulin à poivre (le poivre blanc moulu au moment)
  • une cuillère à soupe chinoise (le tourbillon, puis le service)

L'astuce du chef

Une soupe du Sichuan et de Pékin, née de presque rien. Un bouillon, des champignons séchés, un reste de porc, un œuf.

Dégradée en voyageant. Trop de fécule, du sucre, du piment, du ketchup parfois : une colle brune.

Le piquant vient du poivre blanc, pas du piment. Une chaleur qui monte dans le nez et non sur les lèvres.

L'aigre vient du vinaigre noir de Chinkiang. Fermenté, malté, plus rond qu'un vinaigre de vin.

Tout est taillé en filaments fins avant le feu. La soupe cuit en douze minutes.

Le porc mêlé à la fécule et au soja. Il reste tendre dans le bouillon.

La fécule délayée à l'eau froide, remuée au moment. Elle retombe au fond en une minute.

Trente secondes d'ébullition après le liant. La fécule cuit et perd son goût de farine.

Un nappé de velouté clair, jamais une colle. Un bouillon qui a pris du corps.

L'œuf en filet mince dans un tourbillon lent, feu au plus bas. Cinq secondes sans toucher, puis un seul tour : des rubans.

Le vinaigre hors du feu, à la fin. Bouilli, il perd son parfum et ne garde que son aigreur.

Réglée au dernier moment, cuillère par cuillère. Chaque cuisinier chinois a son équilibre.

Préparation pas à pas

  1. Champignons trempés 30 min, émincés ; bambou, tofu, porc, gingembre taillés en filaments 25 min

    Tout est prêt avant le feu.

  2. Bouillon et eau des shiitakés à ébullition ; gingembre, champignons, bambou 2 min 4 min

    Le fond de la soupe.

  3. Porc en filaments, séparé aux baguettes, 1 min ; soja et sucre 1 min

    Jusqu'à ce qu'il blanchisse.

  4. Fécule remuée, versée en filet en remuant, 30 s d'ébullition 1 min

    Elle nappe à peine la cuillère.

  5. Tofu glissé, 1 min sans remuer 1 min

    Il ne se brise pas.

  6. Feu au plus bas, tourbillon, œuf versé en filet mince en tournant, 5 s, un seul tour 1 min

    Des rubans soyeux.

  7. Feu coupé ; vinaigre noir, poivre blanc, huile de sésame, goûtés et ajustés 1 min

    Hors du feu, toujours.

  8. Bols brûlants, oignon nouveau, coriandre, huile pimentée 1 min

    Elle pique dans le nez, puis fait saliver.

Le conseil du caviste

Une soupe vinaigrée et poivrée, salée par le soja, tiède en bouche par le poivre blanc.

Le Château du Rooy Rosette à 9 °C, tendre, à peine doux.

Le Château Moulin Caresse La Frangine Moelleux à 8 °C, un peu plus sucré.

Le Tour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux à 7 °C, les bulles contre le poivre.

Sur un plat qui a déjà son acidité et son piquant, le vin ne doit apporter ni l'un ni l'autre : il apporte le sucre qui manque. Une soupe aigre-piquante est un plat complet en bouche, le vinaigre fait saliver, le poivre chauffe, le soja sale. Un vin sec et vif ajoute une acidité à une acidité, et l'ensemble devient aigre ; un rouge ajoute du tanin au poivre, et l'ensemble devient dur. La seule chose que l'assiette ne contient pas, c'est le sucre, et c'est ce que le vin peut apporter : un blanc tendre, à peine doux, dont le sucre arrondit le vinaigre et éteint le poivre, comme une cuillère de sucre calme une vinaigrette trop forte. Le vin ne fait pas écho au plat, il le complète par ce qui lui manque. C'est la règle des cuisines aigres-douces et piquantes, du Sichuan à la Thaïlande.

À éviter : un blanc sec et vif, aigre sur le vinaigre, et un rouge, dur sur le poivre blanc.

Les bouteilles de la cave

La sélection du caviste pour cette recette, en stock.

Château du Rooy RosetteChâteau du Rooy Rosette 8,80 €
Château Moulin Caresse La Frangine MoelleuxChâteau Moulin Caresse La Frangine Moelleux 6,60 €
Tour du Roy Demi-Sec Crémant de BordeauxTour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux 9,50 €
Livraison en Point de Retrait Mondial Relay dès 8,99 € Retrait gratuit à Sainte-Foy-la-Grande

Dépannage

C'est une colle épaisse

Trop de fécule. Trois cuillères pour 1,2 litre, versées en filet : elle nappe à peine. Un peu de bouillon chaud rattrape.

L'œuf a fait des grumeaux

Soupe bouillante, ou remuée aussitôt. Feu au plus bas, un tourbillon lent, l'œuf en filet mince, cinq secondes sans toucher.

Ce n'est pas piquant

Pas assez de poivre blanc, ou du poivre moulu d'avance. Une cuillère à café rase moulue au moment, hors du feu, et goûter.

C'est aigre sans parfum

Vinaigre bouilli, ou vinaigre blanc. Du vinaigre noir de Chinkiang, hors du feu, à la fin.

Ça a un goût de farine

Fécule pas assez cuite. Trente secondes d'ébullition après le liant.

Le tofu s'est effondré

Tofu soyeux, ou remué. Du tofu ferme, glissé en dernier, une minute sans remuer.

Conservation & préparation anticipée

La soupe se garde 2 jours au réfrigérateur ; réchauffée doucement sans bouillir, le vinaigre et le poivre rajoutés au moment, car ils s'affadissent.

Elle ne se congèle pas : la fécule rend de l'eau et le tofu devient spongieux.

Les filaments taillés se gardent 1 jour au réfrigérateur, chacun dans son bol : la soupe se fait alors en douze minutes.

Le vinaigre noir de Chinkiang se garde des années, à l'ombre ; il remplace le vinaigre balsamique dans bien des sauces.

Les champignons noirs séchés se gardent un an au sec.

Variantes

La soupe voisine

Notre soupe aux œufs fouettés, le même œuf en rubans, sans le vinaigre ni le poivre : la soupe douce de Canton.

En ravioli

Notre gyoza, servis dans cette soupe à la place du porc en filaments : la soupe de raviolis aigre-piquante de Pékin.

Végétarienne

Un bouillon de shiitakés et de kombu, plus de champignons noirs, plus de tofu, pas de porc : elle ne perd rien de ses deux notes.

Aux crevettes

Des crevettes crues en dés à la place du porc, une minute avant le liant : la version de la côte.

Questions fréquentes

Pourquoi le poivre blanc et pas le piment ?

C'est la signature de cette soupe : le poivre blanc chauffe dans le nez et la gorge sans brûler les lèvres, et laisse passer le vinaigre. Le piment couvre tout. On ajoute une goutte d'huile pimentée à table, pour qui veut les deux.

Quel vinaigre ?

Le vinaigre noir de Chinkiang, fermenté à partir de riz gluant, malté et rond. À défaut, du vinaigre de riz avec une goutte de balsamique. Jamais du vinaigre blanc, agressif et sans parfum.

Pourquoi le vinaigre hors du feu ?

Ses arômes sont volatils : bouilli, il ne garde que son aigreur et perd sa rondeur maltée. On l'ajoute feu coupé, on goûte, on ajuste.

Comment faire des rubans d'œuf ?

Feu au plus bas, un tourbillon lent, l'œuf battu versé en filet mince de haut, cinq secondes sans toucher, un seul tour. Soupe bouillante ou remuée trop tôt, il fait des grumeaux.

Quelle épaisseur ?

Celle d'un bouillon qui a pris du corps, qui nappe à peine la cuillère : trois cuillères de fécule pour 1,2 litre. Les restaurants en mettent le double et font une colle.

Quel vin servir avec ?

Un blanc tendre à peine doux à 9 °C, ou un demi-sec pétillant : sur un plat déjà acide et piquant, le vin apporte le sucre qui manque, jamais une acidité ni un tanin de plus.

Suan la tang, la soupe aigre et piquante, est une soupe du Sichuan et de Pékin, née dans les cuisines populaires comme un moyen de réchauffer et de nourrir avec presque rien : un bouillon, des champignons séchés, un reste de porc, un œuf. Elle a voyagé avec les restaurants chinois du monde entier et s'est dégradée en chemin : trop de fécule, du sucre, du piment rouge, du ketchup parfois. La recette de Chine est plus sèche, plus nette, et bien meilleure. Elle se distingue par ce qui pique : le poivre blanc, moulu au moment, en quantité qui surprend, une demi-cuillère à café par bol.

Les filaments d'abord, parce que tout doit être taillé avant que la soupe ne commence, elle va vite. 20 g de champignons noirs séchés, les oreilles de Judas, trempés trente minutes dans l'eau tiède, égouttés, le pied dur ôté, émincés en fines lanières. 4 shiitakés séchés, trempés de même, l'eau de trempage gardée et filtrée pour le bouillon, émincés. 100 g de pousses de bambou en conserve, rincées, en allumettes. 200 g de tofu ferme en bâtonnets de 5 mm, la pièce la plus fragile, ajoutée en dernier. 150 g de filet de porc ou de blanc de poulet en filaments, mêlés à une cuillère de sauce soja et une cuillère à café de fécule, ce qui les garde tendres. Une cuillère de gingembre en julienne. Le liant : 3 cuillères de fécule de maïs délayées dans 6 cuillères d'eau froide, remuées au moment de verser, parce qu'elle retombe. 2 œufs battus à la fourchette, sans mousse. Et l'assaisonnement, pesé d'avance : 4 cuillères de vinaigre noir de Chinkiang, 2 cuillères de sauce soja, 1 cuillère à café de sucre, 1 cuillère à café rase de poivre blanc moulu, une cuillère à café d'huile de sésame.

La soupe : 1,2 litre de bouillon de poulet, maison si possible, et l'eau des shiitakés, portés à ébullition. Le gingembre, les champignons noirs, les shiitakés, le bambou, deux minutes. Le porc en filaments, séparés aux baguettes, une minute, jusqu'à ce qu'ils blanchissent. La sauce soja et le sucre. Puis le liant, remué et versé en filet en remuant, et la soupe reprend l'ébullition trente secondes pour que la fécule cuise et perde son goût de farine : elle nappe la cuillère, à peine, comme un velouté très clair. Trop épaisse, c'est la colle des restaurants ; on vise un bouillon qui a pris du corps, pas une sauce. Le tofu, glissé délicatement, une minute, sans remuer, pour qu'il ne se brise pas.

L'œuf : le feu au plus bas, la soupe à peine frémissante, on crée un tourbillon lent avec la cuillère, et les œufs battus sont versés en filet mince, de haut, en tournant, sur toute la surface. On attend cinq secondes sans toucher, puis un seul tour de cuillère : l'œuf a fait des rubans fins et soyeux, pas des grumeaux. Versé dans une soupe bouillante, il fait des grumeaux ; remué trop tôt, il trouble tout. Le feu coupé. Alors seulement, hors du feu, le vinaigre noir, le poivre blanc et l'huile de sésame, goûtés et ajustés : la soupe doit d'abord piquer dans le nez, puis faire saliver par l'aigre, et l'équilibre se règle au dernier moment, vinaigre par cuillère, poivre par pincée, chaque cuisinier chinois ayant le sien. Servie brûlante dans des bols, avec un peu d'oignon nouveau émincé, de coriandre, et une goutte d'huile pimentée pour qui veut le piment en plus du poivre.

Avant de partir

Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.

Château du Rooy RosetteChâteau du Rooy Rosette 8,80 €
Château Moulin Caresse La Frangine MoelleuxChâteau Moulin Caresse La Frangine Moelleux 6,60 €
Tour du Roy Demi-Sec Crémant de BordeauxTour du Roy Demi-Sec Crémant de Bordeaux 9,50 €

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