Cocktail miel et épices au whisky en verre bas de cristal taillé, robe ambre doré, zeste d'orange et bâton de cannelle, sur le guéridon de marbre d'une brasserie ancienne

Cocktail · Remué au verre, sur sirop de miel épicé

Cocktail miel et épices d'automne au whisky

Un sirop de miel infusé à la cannelle, à la badiane et au girofle, du whisky, un zeste d'orange : trois centilitres et demi de sirop suffisent à changer un verre d'alcool en verre d'automne.

  • Préparation : 5 min (+ 25 min pour le sirop)
  • Verre : Verre bas de cristal taillé
  • Glace : Un seul gros glaçon clair, le plus gros possible
  • Remué au verre, sur sirop de miel épicé
  • 1 verre (sirop pour 12)
  • Facile

Ingrédients

1 verre (sirop pour 12)

Les bouteilles de la cave

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Ustensiles

  • petite casserole
  • passoire fine
  • économe (pour le zeste d'orange, large et sans blanc)
  • cuillère de bar
  • verre bas de cristal
  • flacon (pour conserver le sirop trois semaines au froid)

La méthode

Le sirop se fait en deux temps, et le second se fait feu coupé. On porte l'eau à frémissement avec les épices, on retire du feu, et c'est seulement là qu'on incorpore le miel. Chauffé directement, le miel perd ses composés volatils : il reste sucré mais il ne sent plus rien, et l'intérêt de la recette disparaît avec.

L'infusion dure vingt minutes, pas davantage. La badiane et le girofle sont des épices dominantes qui continuent d'extraire tant qu'elles trempent ; une heure d'infusion donne un sirop médicinal où le miel a disparu. Filtrez dès que le sirop est tiède.

Le cocktail lui-même se remue, il ne se secoue pas. Il n'y a ici ni jus d'agrume ni blanc d'œuf à émulsionner : le shaker n'apporterait que de la dilution et des éclats de glace. Vingt tours de cuillère de bar sur un gros glaçon suffisent.

Le zeste se tord au-dessus du verre avant d'être posé. Ce geste projette les huiles essentielles de l'écorce à la surface du liquide ; c'est ce qu'on sent en premier en portant le verre, et cela change complètement l'attaque.

Préparation pas à pas

  1. Infuser les épices 5 min

    Portez l'eau à frémissement avec la cannelle, la badiane et les clous de girofle. Laissez frémir deux minutes puis retirez du feu.

  2. Incorporer le miel 2 min

    Hors du feu, versez le miel et remuez jusqu'à dissolution complète. Ne remettez jamais sur le feu après cette étape.

  3. Laisser infuser et filtrer 20 min

    Laissez infuser vingt minutes hors du feu, puis filtrez à la passoire fine. Versez en flacon : le sirop se garde trois semaines au réfrigérateur.

  4. Monter le verre 1 min

    Placez le gros glaçon dans le verre. Versez le whisky, le sirop refroidi et les bitters. Remuez vingt tours à la cuillère de bar.

  5. Zester et servir 30 s

    Tordez le zeste d'orange à plat au-dessus du verre pour en projeter les huiles, puis posez-le sur la glace avec la lamelle de pomme.

Le conseil du caviste

Le miel n'est pas un ingrédient neutre et le choix se voit dans le verre. Un miel d'acacia, très doux, disparaît entièrement derrière un whisky ; un miel de forêt, de châtaignier ou de sarrasin a l'amertume et la profondeur nécessaires pour lui tenir tête. C'est le seul cas où le miel le plus cher n'est pas forcément le bon.

Sur le whisky, évitez la tourbe. Un Islay fumé et un sirop d'épices se disputent le même terrain aromatique et aucun des deux ne gagne. Un single malt non tourbé ou un whiskey de grain souple laisse la place aux épices tout en gardant sa charpente.

Dosez le sirop à 1,5 cl et résistez à la tentation d'aller à 3 cl. Le miel a un pouvoir sucrant supérieur au sucre et une texture qui nappe : au double, le verre devient sirupeux et colle au palais au lieu de se boire.

Gardez le sirop pour autre chose. Il transforme un thé noir, une infusion du soir, et il fait un excellent grog si vous en avez besoin en janvier. Trois semaines au froid, c'est une occasion par jour.

Dépannage

Le miel a figé au fond du verre

Il a été versé pur sur du froid. Le miel ne se dissout pas à froid : il faut impérativement passer par le sirop détendu à l'eau.

Le sirop sent le médicament

Infusion trop longue ou trop de girofle. Vingt minutes maximum, deux clous, et on filtre dès que c'est tiède.

On ne sent plus du tout le miel

Il a été chauffé sur le feu. Incorporez-le toujours hors du feu, une fois l'eau retirée de la source de chaleur.

Le verre est sirupeux et colle au palais

Trop de sirop. Redescendez à 1,5 cl : le miel sucre davantage que le sucre et nappe en plus.

Variantes

Sans alcool

1,5 cl de sirop de miel épicé, 10 cl de thé noir infusé froid, un zeste d'orange. Le tanin du thé remplace la charpente du whisky de façon convaincante.

Au calvados

Le calvados à la place du whisky : la pomme et le miel épicé sont un accord évident, et le verre devient plus fruité que céréalier.

Servi chaud

Mêmes proportions, allongées de 10 cl d'eau chaude non bouillante, sans glace. C'est la version de novembre, à boire au coin d'une cheminée.

Sirop au poivre long

Trois grains de poivre long à la place du girofle. Plus floral, moins de Noël : la version qui convient encore en septembre.

Questions fréquentes

Comment mettre du miel dans un cocktail ?

Jamais pur : il fige au contact du froid et tombe au fond. On le détend en sirop avec un peu d'eau chaude, dans un rapport de deux tiers de miel pour un tiers d'eau, et on l'utilise refroidi.

Quel whisky pour un cocktail au miel ?

Un single malt non tourbé ou un whiskey de grain souple. La tourbe et les épices se disputent le même terrain et le verre devient confus.

Combien de temps se garde un sirop de miel épicé ?

Trois semaines au réfrigérateur dans un flacon fermé. Il épaissit légèrement avec le temps sans s'altérer ; s'il fermente ou mousse, jetez-le.

Quelles épices pour un cocktail d'automne ?

Trois suffisent : cannelle pour la chaleur, badiane pour la longueur, girofle en très petite quantité pour la profondeur. Au-delà, on obtient un vin chaud servi froid.

Le miel dans un cocktail pose un problème que le sucre ne pose pas : il ne se dissout pas à froid. Versé pur sur un mélange glacé, il fige en filaments qui tombent au fond du verre et n'en repartent plus. C'est la raison pour laquelle tant de recettes au miel déçoivent — le miel n'a jamais rejoint le verre.

La solution est un sirop, et l'occasion d'y mettre les épices. Chauffé avec un peu d'eau puis infusé hors du feu avec de la cannelle, de la badiane et du girofle, le miel devient fluide, dosable, et porte les arômes qu'on lui a confiés. Un flacon dure trois semaines au réfrigérateur.

Le détail qui compte : on n'infuse pas sur le feu. Au-delà de quarante degrés environ, le miel perd les composés volatils qui font sa personnalité et se rapproche d'un sucre coloré. On chauffe l'eau, on coupe, et on laisse faire la température décroissante.

Sur le choix des épices, la retenue est la règle. Trois épices, pas huit : la cannelle pour la chaleur, la badiane pour la longueur, le girofle en très petite quantité pour la profondeur. Au-delà, on obtient un vin chaud froid, ce qui n'est l'ambition de personne.

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