UNE POÊLE LARGE ET SÈCHE (L'OUTIL DU PLAT : 5 minutes SANS matière grasse pour chasser l'eau des shirataki)
UNE PASSOIRE FINE (les nouilles rincées 1 minute à l'eau courante, frottées entre les doigts)
un wok ou une grande poêle (pour les légumes, à feu très vif et sans les entasser)
des ciseaux de cuisine (les shirataki coupés en deux dans la passoire, sinon ils sont interminables)
un économe (la carotte en lanières fines, qui cuisent en 3 minutes)
une râpe fine (le gingembre râpé, jamais coupé en morceaux)
👨🍳 L'astuce du chef
Ce que c'est. Le konjac, ou konnyaku, est le tubercule d'Amorphophallus konjac, cultivé au Japon depuis plus de mille ans. On le réduit en farine, on la mélange à de l'eau et à de l'eau de chaux, et on obtient un gel ferme qu'on vend en blocs, en petits pains ou en nouilles, les shirataki. Sa richesse en glucomannane, une fibre soluble qui absorbe jusqu'à cent fois son poids d'eau, explique à la fois sa texture et son intérêt nutritionnel.
Un aliment qui n'a aucun goût, et c'est un atout. Le konjac est fait à quatre-vingt-dix-sept pour cent d'eau et de fibres. Il n'apporte presque aucune calorie et, surtout, aucun goût. Cela signifie qu'il ne faut jamais le traiter comme une pâte italienne qu'on nappe de sauce, mais comme un support qu'on assaisonne franchement : sauce soja, gingembre, ail, sésame, bouillon corsé, piment. Sous-assaisonné, il est immangeable ; bien assaisonné, il devient très bon.
L'odeur, et comment elle disparaît. C'est le reproche numéro un fait au konjac, et il vient entièrement de son eau de conservation, une eau de chaux qui dégage une odeur marine. Elle se jette immédiatement. Puis on rince les nouilles une bonne minute sous l'eau courante en les frottant entre les doigts, et on les ébouillante deux minutes. Après ces trois gestes, il ne reste aucune odeur, et ceux qui se plaignent du konjac les ont presque toujours sautés.
Le séchage à sec, le geste qui fait tout. C'est la technique que la plupart des recettes oublient et sans laquelle le plat rate. Après l'ébouillantage, les shirataki sont gorgés d'eau. Jetés directement dans une sauce, ils la diluent et restent mous et glissants. Cinq minutes dans une poêle chaude et rigoureusement sèche, sans une goutte d'huile, font partir cette eau : les nouilles se raffermissent, se mettent à grincer contre la poêle, et deviennent capables de boire la sauce au lieu de la repousser.
Les formes qu'on trouve, et ce qu'on en fait. Les shirataki, nouilles fines et translucides, pour les sautés au wok et les soupes. Le konnyaku en bloc gris, qu'on tranche et qu'on fait mijoter dans un bouillon de soja, dans l'oden japonais. Les perles de konjac, pour les desserts et les boissons. Et la farine de konjac, utilisée comme épaississant, avec laquelle on peut faire des gelées. Toutes demandent le même rinçage préalable.
La texture, et pourquoi elle surprend. Le konjac n'est pas élastique comme une pâte ni fondant comme une nouille de riz : il est ferme, un peu rebondissant, et il ne s'attendrit pas en cuisant. C'est un gel, et il reste un gel. On ne cherche donc pas une cuisson al dente, qui n'existe pas ici, et on l'associe volontiers à des légumes croquants et à des champignons, dont les textures lui répondent mieux que celles d'un plat fondant.
Il ne remplace pas des pâtes, et il ne faut pas le prétendre. C'est la déception la plus fréquente : on achète des shirataki en espérant des spaghetti sans calories, et on obtient tout autre chose. Traité comme un aliment japonais, dans un sauté au wok, une soupe miso ou un bouillon corsé, il est à sa place et il est bon. Servi sous une bolognaise ou une carbonara, il déçoit toujours, parce que ni sa texture ni son absence de goût ne s'y prêtent.
Ce qu'il apporte vraiment. Environ dix calories pour cent grammes, contre cent trente pour des pâtes cuites, et une fibre qui gonfle dans l'estomac et ralentit la vidange gastrique, d'où un effet de satiété réel et documenté. Il est en revanche presque dépourvu de protéines, de vitamines et de minéraux : c'est un support, pas un aliment complet, et un plat de konjac a besoin d'un œuf, de tofu, de viande ou de poisson à côté.
La précaution qui vaut d'être connue. Le glucomannane gonfle très fortement au contact de l'eau. C'est sans conséquence quand on mange du konjac déjà hydraté, comme ici, mais les gélules de konjac sec doivent impérativement être avalées avec un grand verre d'eau : sèches, elles peuvent gonfler dans l'œsophage. Les mini-gelées de konjac ont d'ailleurs été retirées de la vente en Europe pour cette raison.
Les assaisonnements qui marchent. Sauce soja et mirin, la base japonaise. Bouillon dashi, miso, sauce d'huître. Gingembre, ail, ciboule, sésame. Piment et huile pimentée. Cacahuètes concassées et coriandre, à la thaïe. Curry et lait de coco. Et un jaune d'œuf cru mêlé hors du feu, qui nappe les nouilles et leur apporte le gras et les protéines qui leur manquent.
Préparation pas à pas
Sachets ouverts et vidés dans une passoire ; l'eau de conservation jetée aussitôt ⏱️ 1 min
Cette eau sent le poisson : c'est elle, et non le konjac, qui rebute.
Nouilles rincées 1 min à l'eau courante en les frottant entre les doigts, puis coupées aux ciseaux ⏱️ 2 min
On les raccourcit de moitié : elles sont très longues et ne se coupent pas à la dent.
Plongées 2 min dans l'eau bouillante, puis égouttées à fond ⏱️ 4 min
L'ébouillantage finit d'emporter l'odeur et améliore la texture.
Jetées dans une poêle chaude et SÈCHE, sans une goutte d'huile, 5 min en remuant ⏱️ 5 min
Sans matière grasse : l'eau doit partir, pas frire. Elles finissent par grincer.
Réservées ; légumes taillés en lanières fines et jetés dans le wok très chaud avec l'huile ⏱️ 5 min
Feu vif et sans entasser, sinon les légumes rendent leur eau.
Ail et gingembre ajoutés 30 s avant la fin, sur le bord de la poêle ⏱️ 1 min
30 secondes seulement : l'ail brûle et devient amer en une minute.
Shirataki remis dans le wok ; sauce soja et mirin versés ; 2 min à feu vif en remuant ⏱️ 2 min
Séchées, les nouilles boivent la sauce ; mouillées, elles la diluent.
Hors du feu : sésame grillé, vert de ciboule et poivre ; servi aussitôt ⏱️ 1 min
Le konjac refroidit très vite : on sert dans la minute.
🍷 Le conseil du caviste
Des shirataki de konjac sautés, rincés, ébouillantés puis séchés 5 minutes à la poêle sèche, avant la sauce soja et les légumes.
Château La Verrière Bordeaux Blanc Sec à 9 °C, le bordeaux blanc vif, sur le sauté au soja et au gingembre.
Villa Dria Jardin Secret Côtes de Gascogne à 9 °C, le blanc fruité, sur la version pimentée et à la cacahuète.
Moulin Caresse Le Sémillon à 10 °C, le blanc rond, sur la version au lait de coco et au curry.
La difficulté d'un plat de konjac tient à ce qu'il n'a pas de matière : ni gras, ni sucre, ni acidité, ni protéines, seulement de l'eau, des fibres et l'assaisonnement qu'on lui a donné, si bien que c'est la sauce, et elle seule, qu'il faut écouter ; une sauce soja avec du gingembre et de l'ail est salée, iodée et fermentée, un registre qui met en difficulté la plupart des rouges et qui appelle au contraire un blanc sec et vif servi à 9 °C, dont l'acidité relance un plat léger sans l'alourdir ; si le plat part vers le piment, la cacahuète et la coriandre, un blanc plus fruité, à la même température, supporte mieux la chaleur, l'important étant de ne jamais servir chaud ni alcooleux sur du piment ; et dès que le lait de coco et le curry entrent en scène, le plat gagne en gras et un blanc plus rond servi à 10 °C prend le relais ; tout rouge est ici hors sujet, ses tanins n'ayant rien à quoi s'accrocher et le soja les rendant métalliques. C'est la règle des plats sans matière : un blanc vif, jamais un rouge. La Verrière, à 9 °C, est le verre du sauté au soja ; le Jardin Secret, à 9 °C, sur la version pimentée ; et le Sémillon, à 10 °C, sur le curry coco.
À éviter : tout rouge, que le soja rend métallique et dont les tanins n'ont rien à quoi s'accrocher.
Les bouteilles de la cave
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Dépannage
Ça sent le poisson
L'eau de conservation. On la jette, on rince les nouilles 1 minute en les frottant entre les doigts, et on les ébouillante 2 minutes : l'odeur disparaît complètement.
C'est mou et aqueux
Le séchage a été sauté. 5 minutes dans une poêle chaude et SÈCHE, sans huile, jusqu'à ce que les nouilles grincent : c'est le geste qui fait tout.
La sauce est diluée et fade
Les nouilles étaient encore gorgées d'eau et l'ont rendue dans la poêle. Même cause, même remède : le séchage à sec avant la sauce.
C'est sans goût
Le konjac n'en a aucun. Il faut assaisonner franchement : sauce soja, gingembre, ail, sésame, bouillon corsé, piment. Sous-assaisonné, il est immangeable.
C'est caoutchouteux
C'est un gel, il reste ferme et rebondissant : il n'y a pas de cuisson al dente possible. On l'associe à des légumes croquants, dont la texture lui répond.
Les nouilles sont interminables
On les coupe aux ciseaux dans la passoire, en deux ou en trois : elles ne se coupent pas à la dent comme une pâte.
Conservation & préparation anticipée
Les sachets non ouverts se gardent plusieurs mois à température ambiante, dans leur eau de conservation ; on vérifie seulement que le sachet n'est pas gonflé.
Une fois ouverts, les shirataki se gardent 3 jours au réfrigérateur, rincés et couverts d'eau claire changée chaque jour.
Le plat cuisiné se garde 2 jours et se réchauffe 2 min à la poêle ; il reste correct, le konjac ne se dégradant pas.
Il ne se congèle PAS : l'eau qu'il contient cristallise et détruit le gel, qui ressort spongieux et effondré. C'est le seul interdit absolu de ce produit.
Notre tofu sauté aux légumes, l'autre aliment neutre qu'il faut assaisonner franchement.
Le japchae aux nouilles coréennes
Notre japchae, dont les nouilles de patate douce ont cette même translucidité.
Le konnyaku en bloc, mijoté au soja
Le konjac vendu en bloc gris se rince, se taille en tranches d'1 cm qu'on entaille en croix, puis mijote 20 minutes dans un bouillon de dashi, de soja et de mirin : c'est l'oden japonais, et les entailles servent à faire entrer le bouillon dans un gel qui, sinon, ne boit rien.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le konjac ?
Le tubercule d'une plante japonaise, Amorphophallus konjac, cultivée depuis plus de mille ans. On le réduit en farine, qu'on mélange à de l'eau et à de l'eau de chaux pour obtenir un gel ferme, vendu en blocs, en petits pains ou en nouilles translucides appelées shirataki. Il est composé à quatre-vingt-dix-sept pour cent d'eau et de glucomannane, une fibre soluble.
Pourquoi le konjac sent-il mauvais ?
Ce n'est pas le konjac mais son eau de conservation, une eau de chaux qui dégage une odeur marine. On la jette immédiatement, on rince les nouilles une bonne minute sous l'eau courante en les frottant entre les doigts, puis on les ébouillante deux minutes. Après ces trois gestes, il ne reste aucune odeur : ceux qui s'en plaignent les ont sautés.
Comment éviter qu'il soit mou et aqueux ?
En le séchant. C'est le geste que la plupart des recettes oublient : après l'ébouillantage, on jette les shirataki dans une poêle chaude et rigoureusement sèche, sans une goutte d'huile, et on remue cinq minutes. L'eau part, les nouilles se raffermissent et se mettent à grincer contre la poêle. Elles deviennent alors capables de boire la sauce au lieu de la diluer.
Le konjac remplace-t-il les pâtes ?
Non, et c'est la source de toutes les déceptions. Sa texture est celle d'un gel ferme et rebondissant, pas d'une pâte élastique, et il n'a aucun goût. Servi sous une bolognaise ou une carbonara, il déçoit toujours. Traité comme l'aliment japonais qu'il est, dans un sauté au wok, une soupe miso ou un bouillon corsé, il est à sa place et il est bon.
Le konjac fait-il vraiment maigrir ?
Il apporte environ dix calories pour cent grammes contre cent trente pour des pâtes cuites, et sa fibre gonfle dans l'estomac, ce qui produit une satiété réelle. Mais il est presque dépourvu de protéines, de vitamines et de minéraux : c'est un support, pas un aliment complet. Un plat de konjac a besoin d'un œuf, de tofu, de viande ou de poisson à côté.
Quel vin servir avec ?
C'est la sauce qui décide, le konjac n'ayant ni gras, ni sucre, ni acidité. Sur un sauté au soja, au gingembre et à l'ail, registre salé et fermenté, un blanc sec et vif à 9 °C. Sur une version pimentée à la cacahuète, un blanc fruité à la même température, jamais un vin chaud ou alcooleux. Au lait de coco et au curry, un blanc rond à 10 °C. Pas de rouge, que le soja rend métallique.
On le trouve désormais dans tous les rayons asiatiques et dans beaucoup de supermarchés, en nouilles translucides sous vide dans un sachet d'eau trouble : le konjac est le tubercule d'une plante japonaise, riche en une fibre appelée glucomannane, qui absorbe jusqu'à cent fois son poids en eau. D'où un produit qui ne contient presque rien d'autre que de l'eau et des fibres, sans goût propre, sans gluten, et qui sert au Japon depuis des siècles bien avant d'être vendu ailleurs comme un aliment minceur. Bien traité, c'est un excellent support de sauce ; mal traité, c'est une bouillie fade et caoutchouteuse.
Les ingrédients, pour 2 : 400 g de shirataki de konjac, soit 2 sachets ; 2 cuillères à soupe d'huile de sésame ou d'arachide ; 1 carotte ; 1 blanc de poireau ; 100 g de champignons, noirs ou de Paris ; 2 gousses d'ail ; 1 morceau de gingembre de 2 cm ; 4 cuillères à soupe de sauce soja ; 1 cuillère à soupe de mirin ou de miel ; 1 cuillère à soupe de graines de sésame ; 2 ciboules ; poivre du moulin.
La méthode : shirataki égouttés et rincés 1 minute à l'eau courante, en les frottant entre les doigts ; ébouillantés 2 minutes puis égouttés à fond ; jetés dans une poêle chaude et SÈCHE, sans matière grasse, 5 minutes en remuant, jusqu'à ce qu'ils grincent et que toute l'eau soit partie ; réservés ; légumes taillés en fines lanières et sautés 4 minutes à feu vif dans l'huile avec l'ail et le gingembre ; shirataki remis, sauce soja et mirin versés, 2 minutes à feu vif ; sésame et ciboule à la fin.
Avant de partir
Les bouteilles que le caviste sert avec cette recette, en stock et prêtes à partir.
Dites le nombre de convives : l'assistant calcule les quantités à partir des doses de restaurant et propose des bouteilles de la cave, à panacher librement.