L'East India est codifié par les manuels de bar américains de la fin du XIXe siècle, où il figure sous plusieurs numéros. Le premier, celui qu'on donne ici, est un verre au cognac ; le second, publié plus tard, est entièrement bâti sur le xérès et le vermouth. Les deux portent le même nom et n'ont presque rien en commun.
La version au cognac appartient à la famille des cocktails améliorés : un spiritueux, une liqueur d'orange, un sirop, des bitters. Ce qui la distingue, c'est le sirop d'ananas — un ingrédient de bar tout à fait ordinaire à l'époque, aujourd'hui quasiment disparu, et qui apporte une acidité tropicale sèche très différente d'un sucre de canne.
C'est un verre d'après-dîner ou de fin de soirée, servi sans glace, dans une coupe froide. Il tient debout tout seul et n'appelle rien à manger.
Les dosages varient d'un manuel à l'autre — certains écrivent le sirop en cuillère, d'autres en traits, et le curaçao est tantôt rouge tantôt blanc. Ceux qu'on donne sont ceux qui reviennent le plus dans la littérature de bar.






