Le Bamboo a été créé vers 1890 au Grand Hotel de Yokohama, par un barman allemand nommé Louis Eppinger. C'est un des rares cocktails classiques nés au Japon, et le plus élégant de la famille des verres au xérès.
Sa construction est celle d'un Martini : deux vins aromatisés à parts égales, remués, servis dans une coupe glacée avec un zeste. Mais là où le Martini part d'un gin à quarante degrés, le Bamboo part d'un fino à quinze et d'un vermouth sec à dix-sept. Le verre fini tourne autour de douze degrés.
Ce n'est pas une version allégée pour autant. Le fino apporte une salinité franche, presque marine, et cette note de levure qui vient du voile de flor sous lequel il vieillit. Le vermouth sec apporte l'amertume végétale et l'armoise. L'ensemble est tendu, droit, salé, et il ouvre l'appétit comme peu de choses.
Je dois être clair sur un point : à l'heure où j'écris, je n'ai ni xérès fino ni vermouth sec. Les deux manquent à ma cave. Je donne donc la vraie recette, puis la meilleure approximation possible avec ce que j'ai, en disant franchement ce qu'elle change.







