L'Adonis est né à New York en 1884, dans le bar du Waldorf, et il porte le nom d'une comédie musicale de Broadway qui tenait l'affiche cette année-là. Il appartient à une famille qu'on a presque oubliée : les cocktails dont la base n'est pas un spiritueux mais un vin muté.
La conséquence est arithmétique. Un xérès fino titre autour de quinze degrés, un vermouth rouge seize. Mélangés et remués sur glace, avec la dilution, on arrive à un verre autour de douze degrés. Un Martini en fait trente. À l'apéritif, avant un repas qui sera lui-même arrosé, ce n'est pas un détail.
Le goût, lui, ne fait aucune concession. Le fino apporte une salinité et une note de levure, le vermouth rouge apporte le fruit confit et les racines amères, et les deux ensemble donnent un verre sec, long et presque iodé. C'est un apéritif au sens strict du terme : il donne faim.
Reste un problème, et il est chez moi : je n'ai pas de xérès. Les seize références de la maison sont toutes à zéro. Voici donc la recette telle qu'elle doit être, et ce qu'il faut ajuster pour la faire avec ce qui est sur mon étagère.







